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Colloque " Construction du fait associatif : de l’engagement individuel à l’action collective" (Paris)

samedi 20 octobre 2007

« CONSTRUCTION DU FAIT ASSOCIATIF : DE L’ENGAGEMENT INDIVIDUEL
A L’ACTION COLLECTIVE »

FORUM DU SAMEDI 20 OCTOBRE 2007
9H30 12H30

FONDA 18 RUE DE VARENNE -75007 PARIS
SALLE PUPEY-GIRARD
PROJET DE PROBLEMATIQUE

1. RAPPEL DES ACQUIS DE LA FONDA
Un séminaire organisé par la Fonda, le 14 décembre 2006, a permis de faire le point
sur les associations dans un monde en changement et de dégager les grands traits
d’une réflexion qui se veut prospective et transversale. Il en est ressorti un diagnostic,
des éléments de problématique et des conditions d’une posture offensive.

Vu les mutations externes et internes auxquelles les associations sont confrontées, s’il
est nécessaire de poursuivre la réflexion sur la place que tient le « fait associatif »
dans l’espace public et dans l’économie, dans le même temps, il est impératif de
réfléchir à « la construction du fait associatif, de l’engagement individuel à l’action
collective » : en effet, il apparaît qu’à ce premier niveau, il se produit des évolutions
importantes qui déconcertent les associations, quand cela ne les conduit pas à se
replier sur des fonctionnements et des modalités de travail de plus en plus décalés
par rapport aux attentes des nouveaux bénévoles et des nouveaux salariés

L’objet d’un forum est de s’accorder sur les éléments de problématique pour un
nouveau positionnement de la vie associative et sur des propositions pour une
poursuite du travail de réflexion de la Fonda.

Au préalable, voici un état des travaux déjà conduits en ce domaine par la Fonda :

· Comité Dispositifs de soutien à la vie associative :
Le comité a identifié trois faisceaux de tendances et de contraintes dont celui qui
porte sur les pesanteurs associatives internes et la fragilisation des modèles d’action
collective. Il en ressort notamment l’émergence de nouvelles modalités d’être en
association et de gouvernance associative.

· Comité Engagement :
Évidence maintes fois réaffirmée, l’engagement citoyen constitue le socle de toute
action collective et de la vie associative. Il a constitué, depuis l’origine, un des
principaux investissements de la Fonda. Le comité a souhaité poursuivre sa
recherche sur l’engagement dans les associations sous l’angle de l’identité et de
l’insertion. Il a procédé à des auditions de responsables d’associations « identitaires ».

· Comité Validation des acquis de l’expérience bénévole :
Le travail sur ce thème a bénéficié d’une importante collaboration entre la Fonda,
la Fonda Rhône-Alpes et la Fonda Aquitaine, qui a permis de réussir l’organisation
d’un premier séminaire, en 2005, et de poursuivre la réflexion, en 2006, à partir des
matériaux recueillis et enrichis par les résultats des études conduites par la Fonda
Rhône-Alpes et la Cress Aquitaine. Au sortir du colloque de novembre 2006, il
apparait que la VAE bénévole est un moyen de travailler sur l’évolution de
l’engagement à partir des itinéraires de professionnalisation des bénévoles.

· Dossier sur le volontariat et le service civil
En 2006, un statut du volontaire associatif a été adopté ; le gouvernement a aussi
lancé un dispositif de service civil. L’accélération du débat politique sur le service
civil obligatoire, universel ou volontaire n’a pas permis d’ouvrir les débats nécessaires
sur l’impact que ce nouveau statut peut avoir sur les associations. La Fonda a réalisé
un dossier : par des témoignages, des prises de position et la publication d’études, il
s’agissait de donner des points de repères et d’ouvrir une réflexion qui devrait durer
plusieurs années.

· Expérimentation et recherche
- Groupes informels et modes de participation à la vie associative

L’expérimentation, conduite en Rhône-Alpes et Aquitaine a démontré que la
dynamique des groupes informels est spécifique et ne s’articule pas obligatoirement
à la vie associative institutionnalisée. Ils peuvent s’inscrire dans la durée et mobiliser
des modes et des formes d’action collective originaux, souvent plus souples que
ceux des associations En tout état de cause, il apparaît que ces groupes locaux plus
ou moins informels interpellent la vie associative dans sa manière d’envisager
l’engagement et la construction de l’action collective.

- Associations, lien social et politiques publiques en Île-de-France

En 2006, la Fonda s’est engagée dans une recherche en partenariat avec des
associations et le laboratoire pour la sociologie économique (Lise) rattaché au
CNAM. Elle repose sur une coopération étroite entre acteurs et chercheurs. Elle vise
à analyser les conditions d’engagement et de mobilisation des citoyens dans les associations et leur articulation avec les politiques publiques locales et régionales. La
problématique de la recherche est inspirée des théories du « capital social ».

2. PROPOSITION DE PROBLEMATIQUE
L’ensemble des questions que soulèvent les évolutions du fait associatif et des
modalités d’action collective conduisent à avancer deux hypothèses.

LES FORMES D’ENGAGEMENT ET D’ACTION COLLECTIVE SE TRANSFORMENT, AU
SENS OU EMERGENT DE NOUVELLES MODALITES DE « FAIRE ENSEMBLE » ET D’« ETRE
EN ASSOCIATION »

Des phénomènes de société pèsent aujourd’hui sur la vie de nos concitoyens :
individuation accrue des comportements sociaux et civiques, nouvelles mobilités
territoriales et sociales, nouveaux équilibres entre vie professionnelle et vie
personnelle, complexification des parcours et des processus de promotion
individuelle et collective, pluralité des appartenances, approches plus
consuméristes…

Du coup, les liens sociaux et les enjeux collectifs ne se tissent plus de la même
manière, quand ils ne s’essoufflent pas. Fréquemment, ils se déclinent sous des
formes et des modalités d’engagement et d’action collective, plus éphémères, plus
flexibles, plus informelles et davantage « en réseau » :

Le monde associatif n’a pas encore véritablement pris la mesure de ces mutations
qui pèsent sur l’engagement associatif et la construction même du collectif ; c’est
dire qu’il peine à prendre en compte les comportements des contemporains.

LE DIFFICILE RAJEUNI SSEMENT ET RENOUVELLEMENT DES ORGANISATI ONS
ASSOCIATIVES ET DE LEUR GOUVERNANCE

• Les statuts se sont diversifiés avec l’arrivée de salariés eux-mêmes sur des
statuts et des profils différents, mais aussi avec la coexistence de
bénévoles et volontaires très divers par leurs parcours et leurs motivations,
leurs compétences et leur disponibilité ;
• des associations de service rencontrent des difficultés dans la gestion de
leur professionnalisation et dans l’articulation des responsabilités
bénévoles et salariés ;
• les modes de communication et de circulation de l’information se
renouvellent (web..) et s’installent inégalement dans les associations ;
• les contraintes de gestion et de réglementation n’ont pas diminué, tant
s’en faut ;
• la désaffection ou l’impatience des jeunes et des nouveaux bénévoles à
l’égard des associations est réelle, mais c’est une réalité que nombre
d’associations peinent à reconnaître et à prendre en compte ;
• enfin, bien des fonctionnements associatifs traditionnels se sclérosent à
l’épreuve du non-renouvellement des instances, de la raréfaction des élus
associatifs, d’une absence de vigilance sur la démocratie associative.
Le monde associatif n’a pas encore pris toute la mesure de ces évolutions qui
travaillent ses propres organisations statutaires. La nécessaire refondation de la vie
associative nécessiterait de :
• revisiter la gouvernance et le pilotage des projets associatifs ;
• interroger les modalités de fédéralisme et de travail en réseau ;
• inventer des critères et des modalités d’évaluation ;
• revoir et perfectionner les dispositifs d’accompagnement des associations.

3. PROPOSITIONS DE PRIORITES POUR UNE POURSU ITE DE LA REFLEXION
Pour ne pas disperser les énergies de la Fonda, il serait raisonnable d’arrêter deux
priorités qui se déclineraient sous différentes modalités de travail :

DES NOUVELLES FORMES D’ENGAGEMENT ET D’ASSOCIATIVITE

En lien avec la première hypothèse, il semble nécessaire de poursuivre notre
réflexion sur les nouvelles modalités d’ « associativité »et d’ « être en association »,
sous trois angles :

• approfondir ce qui se joue au niveau de l’identité dans l’appartenance aux
associations : comment construire un vivre ensemble dans la diversité ? Rôle
des associations ?
Certaines associations sont des espaces que les minorités d’origine étrangère utilisent
pour résoudre leurs problèmes d’insertion et d’intégration dans la société française,
mais aussi pour sauvegarder et faire évoluer leur identité, dans un double rapport à
la culture d’origine et à celle du pays d’accueil.

Les identités individuelles et collectives ne se construisent pas de la même façon
aujourd’hui qu’hier, elles passent par des appartenances plurielles. L’identité
nationale est souvent perçue comme remise en cause par l’émergence des
identités régionales et de l’identité européenne, autant que par l’affirmation de la pluralité d’identités culturelles et religieuses issues de l’immigration, comme si le
modèle républicain et l’identité nationale devaient s’imposer contre ces autres
références culturelles et identitaires, sans savoir comment les prendre en compte
dans un processus intégrateur.

La question de l’identité d’un quartier, d’une agglomération, d’une région ou d’un
pays et de ceux qui y habitent ne se pose plus aujourd’hui comme par le passé.
L’identité des personnes passe par des appartenances plurielles. Quelle place
tiennent les associations dans ce qu’il est convenu d’appeler la « proximité » ?

· mesurer ce qui se joue dans les groupes locaux informels
Leurs outils et méthodes de construction collective diffèrent sensiblement - même s’il
y a une parenté - de ce qui est habituellement la règle dans les associations plus
anciennes et mieux structurées. Les groupes informels présentent une flexibilité et une
opérationnalité indéniables que n’ont pas ou que n’ont plus les associations.

· approfondir ce qui se joue dans la validation de l’expérience des bénévoles
La VAE permet de revisiter, de manière concrète et vivante, le champ des processus
de reconnaissance et de professionnalisation. Les questions majeures que soulève ce
« choc culturel » demeurent nombreuses et doivent continuer à guider l’action :
- Comment faire en sorte que le professionnalisme inexploré des productions
associatives innovantes soit reconnu ?
- Comment faire en sorte que la valorisation et la reconnaissance légale de
l’activité associative des bénévoles pour l’accès à la VAE soient admises,
dans les faits ?
- Comment mettre en oeuvre, dans cette perspective, un « compagnonnage »
qui valorise la dimension collective de l’intelligence et de l’action, pour faire
en sorte qu’un engagement individuel, dans un parcours difficile, se
transforme en parcours de réussite ?
- Comment répertorier les compétences acquises dans les associations,
clarifiées et « formalisées » par chacun des bénévoles engagé dans une VAE,
pour que soit écrite une carte de ces compétences et pour que soient
interrogés ou créés les métiers les plus aptes à les employer à leur juste
valeur ?

UNE NOUVELLE GOUVERNANCE DES ASSOCIATIONS
Les responsables associatifs s’accordent pour constater un « malaise » multiforme
dans le management associatif, résultat à la fois des mutations de l’environnement
général de la société et de la culture de l’engagement, mais aussi des habitudes et
des pesanteurs internes de la vie associative.

Face à ce constat et à la concurrence de plus en plus forte des entreprises
commerciales, les associations peinent à trouver ou à refonder leur mode de
gouvernance et leur mode de fonctionnement, et par facilité ou par absence de
réflexion, les responsables associatifs adoptent parfois des techniques de
management qui pourraient « pervertir » leur projet associatif initial et leur
fonctionnement.

Il est donc important d’approfondir le questionnement de ce que signifie aujourd’hui
« être en association » et d’aider les associations à revisiter leur projet et leur
fonctionnement et à mieux affirmer leur spécificité.

Ce questionnement pourrait être la colonne vertébrale du travail à engager sur la
gouvernance associative et pourrait être complété notamment par une réflexion
sur :
- la capacité des associations à se renouveler dans leurs pratiques et leur
fonctionnement, à s’ouvrir à de nouveaux membres et collaborateurs et à
intégrer des dimensions managériales adaptées à leur spécificité ;
- la place des associations non déclarées dans la vie associative, les raisons de
ce renouveau, l’articulation entre ces réseaux et les regroupements verticaux
plus traditionnels.

Le difficile rajeunissement des associations avait été étudié par la Fonda, il y a
quelques années. Parmi les conclusions, il ressortait que l’intégration de jeunes
comme, plus largement de nouveaux bénévoles, ne pouvait pas ne pas
s’accompagner d’une évolution du projet et des modes de fonctionnement et de
gouvernance mêmes de l’association.


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