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Colloque "Marché(s), société(s), histoire et devenir de l’humanité" (Paris)

vendredi 14 novembre 2008

Organisateur(s)


Organisateur principal : Fondation Gabriel Péri

Autres organisateurs éventuels
Fondation Rosa Luxemburg et la revue La Pensée

sous le patronage de l’UNESCO, avec le soutien du secteur des Sciences sociales et humaines de l’UNESCO

Evènement


Date de début : 13/11/2008
Date de fin : 14/11/2008
Région et département : Région Ile de France -> Paris (75)
Ville (Si besoin) : Salle IV, Palais de l’UNESCO, Paris.

Description précise
Pour marquer l’importance et l’intérêt de ce colloque, nous vous adressons ce texte de Nasser Mansouri-Guiliani, économiste, responsable des études économiques à la CGT, membre du Conseil économique et social.

La globalisation des marchés et la formation des salaires

La hausse récente du prix des matières premières, dont certains ont atteint des sommets avant de reculer, et les arguments avancés par la Banque centrale européenne pour maintenir, malgré le retournement de la conjoncture et la menace d’une récession, une politique monétaire restrictive afin d’éviter un « effet de second tour » (sic) montrent l’intérêt qu’il y aurait à réexaminer la question de la formation des salaires dans un contexte de globalisation des marchés.

On le sait, l’effet de « second tour » renvoie à un mouvement d’augmentation des salaires visant à compenser la perte de pouvoir d’achat des travailleurs suite à l’accélération de l’inflation résultant, le plus souvent, de la hausse des prix des matières premières importés. De tels effets se sont produits en France dans les années 1970 suite à la hausse du prix du pétrole.

Ce contexte a fortement évolué. Le mécanisme institutionnel permettant un tel rattrapage des salaires, indexation, n’est plus à l’œuvre. Qui plus est, la globalisation de l’économie avec son corollaire le changement des rapports de forces entre le travail et le capital au bénéfice de ce dernier donnent une nouvelle configuration à la formation des salaires.

Les rapports entre l’offre et la demande sur le marché du travail deviennent plus complexes. Pour autant, la problématique de l’armée de réserve et son influence sur la formation des salaires préserve toute sa pertinence. Cette contribution vise à avancer quelques arguments à l’appui de cette hypothèse et à verser quelques idées en faveur d’un nécessaire changement des données au profit des travailleurs.

1. La globalisation de l’économie et le changement des rapports de forces entre le capital et le travail.

De nombreux travaux mettent en évidence un changement radical des rapports de forces en faveur du capital à l’échelle planétaire.
La libre circulation des capitaux, alors que la mobilité du facteur travail n’est pas assurée, conduit à une mise en concurrence des systèmes socio-productifs et un affaiblissement du pouvoir de négociation des travailleurs, et cela alors même que le niveau général de la qualification de la force de travail s’améliore. Il en résulte une déformation du partage de la valeur ajoutée aux bénéfices des détenteurs de capitaux.
Dans les pays avancés, cette évolution s’accompagne, entre autres, d’un développement du chômage et de la précarité, laissant une partie considérable de la force de travail, de façon permanente, en dehors ou à la marge du marché du travail. L’éloignement de cette population du marché du travail conduit certains chercheurs à considérer qu’elle ne joue plus le rôle de l’armée de réserve et que son existence n’a pas, ou peu, d’impact sur la formation des salaires, ce que ne confirment pas les données disponibles.
La déformation du parage de la valeur ajoutée nourrit un problème de débouchés, ce qui conduit à son tour à une financiarisation de l’activité économique. Les taux de rentabilité exigé nettement supérieurs au taux de croissance des richesses pèsent sur les investissements productifs et encouragent les délocalisations. Dans les pays avancés, ces évolutions affaiblissent davantage la position des travailleurs, tandis que dans les pays en développement les droits sociaux évoluent trop lentement en comparaison avec l’installation des unités productives.
Dans un pays comme la France, les choix politiques opérés au nom de la lutte contre le chômage des personnes réputées non qualifiées amplifient ces tendances. Il s’agit particulièrement de la politique de la multiplication des exonérations de cotisations sociales dites patronales, qui n’est autre chose que la prise en charge collective d’une partie de la rémunération de la force de travail.

2. La revendication globale d’un travail décent.

La financiarisation n’est pas une dérive du capitalisme ; elle résulte de la logique-même du capital. Elle se nourrit d’une amputation des capacités humaines et matérielles de production, aboutissant à une crise systémique telle que celle que nous connaissons aujourd’hui. Pour nécessaires qu’elles soient, les mesures de régulation financière sont insuffisantes. La sortie de cette crise nécessite de traiter les problèmes au niveau des mécanismes fondamentaux qui y ont conduit.

Si la financiarisation résulte et en même temps conduit à l’amputation des capacités humaines et matérielles de production, son issue se trouve bien dans la promotion de ces capacités.

S’agissant du marché du travail, la revendication d’un travail décent à l’échelle planétaire -portée notamment le 7 octobre dernier par des millions de travailleurs à travers le monde-, semble bien correspondre à cette problématique. Il s’agit de répondre, dans une démarche collective, à un ensemble de questions, parmi lesquelles les suivantes :
- Les choix stratégiques des entreprises, notamment dans le cas des firmes multinationales. Cela pose, entre autres, la question des droits d’intervention des salariés sur ces choix ;
- L’amélioration des droits sociaux. Cela pose surtout la question de la responsabilité des Etats de prendre des mesures, tant au niveau local qu’à l’échelle planétaire, et de les faire respecter ;
- L’accroissement des niveaux de qualification et leur reconnaissance dans les salaires ;
- L’instauration des mécanismes assurant une sécurité sociale professionnelle des travailleurs.

La réponse à ces questions ne se trouve pas uniquement dans le marché du travail. Elle nécessite des actions à plusieurs niveaux -de l’entreprise au monde en passant par le niveau local et régional-, et dans plusieurs domaines, particulièrement dans celui des finances.

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