Selon une récente étude pour laquelle l’ACI a été mandatée par l’Organisation International du Travail (OIT) [1], les coopératives résistent mieux à la crise que les autres formes d’entreprises. Les coopératives financières sont restées financièrement solides ; les coopératives agricoles dans des nombreux pays du monde enregistrent des excédents ; les coopératives de consommation font état de chiffres d’affaires accrus ; les coopératives de travail connaissent la croissance. De plus en plus de personnes choisissent l’entreprise coopérative pour répondre aux nouvelles réalités économiques.
Pourquoi les coopératives sont-elles capables de survivre et d’aussi prospérer en cas de crise, et au-delà ?
C’est grâce à leur modèle. L’entreprise coopérative est un modèle d’entreprise alternatif qui, au lieu de se concentrer sur le profit, se concentre sur les personnes, regroupant leur puissance de marché tout en les guidant par les valeurs et les principes coopératifs.
Dans de nombreux pays et dans de nombreux secteurs autour du monde, l’entreprise coopérative s’accroit en nombre de membres, en capital et en chiffre d’affaires. Les coopératives contribuent de manière significative à maintenir et à créer des emplois et ainsi à sécuriser le revenu des familles. Elles garantissent que les prix restent justes et que les produits de consommation, l’alimentation et les services demeurent sains, fiables et de bonne qualité. Les institutions financières coopératives ont connu un afflux de capital parce que les consommateurs reconnaissent la sécurité et la fiabilité des coopératives d’épargne et de crédit, des banques coopératives et des assureurs coopératifs qui, dans bien des cas, ont aussi continué à fournir des crédits aux particuliers et aux petites entreprises. Ce faisant, elles démontrent que l’entreprise coopérative est viable et que les entreprises qui ont à coeur des valeurs éthiques peuvent réussir et contribuer à une reprise économique durable.
Les économistes, le monde académique et la communauté internationale recherchent désespérément comment stimuler une reprise globale et en le faisant, commencent à s’interroger sur le modèle économique actuel, qui a perdu la confiance aussi bien des responsables politiques que du consommateur moyen. Ils cherchent notamment à réguler les marchés et particulièrement les institutions financières, pour assurer un fonctionnement plus éthique et transparent. Toutefois, dans leur quête, ils redécouvrent aussi et reconnaissent le potentiel des coopératives à contribuer de manière significative à un nouveau système économique.
De nombreux gouvernements prennent désormais en compte l’option coopérative dans ce nouvel environnement économique, que ce soit pour stimuler la productivité agricole ou pour réorganiser les systèmes de protection sociale nationaux, comme le montrent le récent débat aux Etats-Unis sur la réforme du système de santé et la proposition de créer des coopératives de santé. Ils reconnaissent aussi la contribution que les coopératives peuvent apporter pour mener la reprise dans leurs pays et encouragent de plus en plus leurs citoyens à considérer l’entreprise coopérative pour leurs finances, pour accroitre leur productivité et pour leur bienêtre en général.
Le Mouvement Coopératif devra travailler avec les responsables politiques pour s’assurer qu’ils reconnaissent la nature particulière des coopératives. Elles ne doivent pas être trop régulées et ils doivent comprendre leur aversion pour le risque. Une réponse politique cohérente et bien articulée est cruciale pour s’assurer qu’elles ne soient pas désavantagées par les changements dans l’environnement réglementaire. C’est seulement grâce à des politiques appropriées que les coopératives continueront à être capables de mener la reprise globale.
Bien que certains analystes disent à propos de l’état de l’économie globale que le pire est derrière nous et que la reprise devrait commencer à la fin de l’année, la récession affecte et affectera toutes les entreprises. De nombreuses coopératives seront tentées de survivre à n’importe quel prix, y compris en renonçant à leur nature. Mais il apparait de plus en plus évident que mettre en pratique les valeurs et les principes coopératifs pourrait être le facteur déterminant d’une viabilité à long-terme. Il est temps désormais de mettre l’accent sur la nature des coopératives.
Le mouvement coopératif se trouve face à une opportunité sans précédent. Il doit relever le défi et être capable de démontrer que le modèle d’entreprise coopératif est le meilleur modèle d’entreprise alternatif pour le futur. Les coopératives démontrent actuellement que non seulement elles gèrent le développement économique mais aussi qu’elles pratiquent la démocratie économique et politique et qu’elles sont socialement responsables. Les coopératives offrent une manière plus juste de faire des affaires, où les valeurs sociales et environnementales ne sont pas seulement respectées quand on peut se le permettre mais sont tout simplement la manière dont les coopératives entreprennent. .
En cette Journée Internationale des Coopératives, l’ACI appelle les coopérateurs du monde entier à renforcer leur engagement pour les valeurs et principes coopératifs, à célébrer leurs succès en ces temps difficiles et à travailler ensemble pour s’assurer qu’ils mènent la reprise globale autour du monde.
