C’est un des effets les plus marquants de la crise : la montée du chômage chez les seniors. D’après l’Observatoire français des conjonctures économiques, le nombre de demandeurs d’emploi de plus de 50 ans a augmenté de 70% au cours des trois dernières années, contre 35% pour l’ensemble de la population.
Christian et Simone sont tous deux dans cette situation. Ils habitent à 150 m l’un et de l’autre à Saint-Pierre-des-Corps et ne se connaissent pas. Ils ont accepté de nous raconter leur quotidien, sous couvert d’anonymat.
Dix ans de chômage coupés par un intermède d’un an de CDD ont eu raison de sa volonté. Christian a quasiment arrêté de chercher un emploi. Il a 55 ans, touche l’Allocation de solidarité spécifique (ASS) et navigue entre le montant de celle-ci (460 euros par mois) et les Chèques emploi service universel (CESU) qu’il retire d’une activité de jardinier-bricoleur exercée occasionnellement. "Je suis trop vieux, dit-il. A force de regarder des reportages à la télé sur des gars qui ont le même âge que moi et qui ne trouvent pas de boulot, je me suis mis dans la tête que c’était foutu. Franchement, je ne cherche plus auprès de Pôle Emploi. A 55 ans, vous êtes rejeté de partout. Les boîtes veulent des jeunes diplômés. Et encore : combien y a-t-il de "bac plus cinq" qui n’ont rien, eux non plus ?"
