Bonne période pour tirer un bilan de 2014 non ? Ressources Solidaires interroge quelques uns des acteurs de l’association sur 2014

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Publié le vendredi 16 janvier 2015

Ressources Solidaires : Côté développement web, l’année 2014 aura été une année complexe non ?

Landry Mercier (Webdesigner et développeur de projets web) : Côté développement, nous avons pu retravailler sur des aspects graphiques et fonctionnels de certains services de Ressources Solidaires. Par exemple, "lessentiel.de" a été profondément remanié graphiquement et nous avons modifié quelques fonctions. Le résultat est que les moteurs de recherche l’indexent encore mieux qu’avant. Un candidat utilisant "lessentiel.de" se voit apparaître régulièrement sur la première page d’une requête sur son nom dans un moteur de recherche [1]. Le résultat a donc été atteint, le service fonctionne parfaitement, la preuve !
Il y a eu des améliorations sur l’espace "candidat". Le CV généré en PDF par notre serveur a été modifié (ordre des rubriques) et quelques fonctions ont été adaptées aux demandes. Pas de grands bouleversements mais une mise en œuvre des demandes de nos utilisateurs.
Le deuxième semestre 2014 aura été surtout le développement de 2 projets structurants pour Ress Solidaires. En 2015, nous allons lancer un nouveau service autour des intervenants / consultants pour l’économie sociale et solidaire. L’idée est de trouver en un lieu (notre site), des compétences pour des missions dans l’ESS, un lieu de rencontres entre des offreurs de missions et des individus souhaitant travailler pour l’ESS. Et cela nationalement !
Et puis, nous allons mettre plus en lumière notre capacité à réaliser des sites internet ou des blogs professionnels. Nous en avons fait, pour l’ESS ou non. Là, l’idée est d’aller plus loin et de rendre industrielle cette approche. Plutôt que d’utiliser des plate-formes (pseudo) gratuites [2], mieux vaut mettre quelques euros et avoir un outil à soi et évolutif.

Ressources Solidaires : Et pour développer, il faut une architecture stable ?

Bernard Bass (Technicien administration serveur) : Ressources Solidaires m’a embauché suite à l’attaque sévère qui s’est produite en novembre 2013. Le serveur était "tombé" [3] et la réinstallation ne s’est pas bien faite, ce qui a entraîné des pertes de fonctions du côté du site. Rappelons nous que les alertes mails ne sont reparties qu’en avril 2014, soit 5 mois après le crash.
Qu’on se rassure, l’attaque de novembre 2013 n’était pas ciblée contre Ress Solidaires, mais des robots ont utilisé une faille de sécurité pour installer un robot spammeur. Qui a fait du bazar dans les baies d’hébergement !
L’année 2014 a donc été l’année du décorticage méthodique du code, de la surveillance de nos flux d’entrées et de sorties et surtout, de la vigilance sur les spams. Ress Solidaires envoie beaucoup de mails
(lettre hebdo, autres listes, candidatures, rappels, ...) et certains utilisateurs confondent "désabonnement à une liste", "suppression de mails" et "indésirables". La conséquence possible est que les grands serveurs de mails mondiaux traitent TOUS les mails de Ress Solidaires en spam au bout d’un moment et une partie n’arrive plus à destination. Le risque a été évitée par une veille minutieuse et un travail relationnel avec les services gérant les serveurs mondiaux, et en apportant plus de "garanties" lors de nos envois de mails.
Ress Solidaires a des outils stables, un important flux d’entrée/sortie en terme de données et donc le risque de toute grosse entreprise web !
Et donc est susceptible d’intéresser des "vilains" pour se faire la main. La sécurisation des données est une priorité essentielle. Je pense qu’on pourra donner maintenant des conseils aux gestionnaires de Sony !

Ressources Solidaires : Alors, Ress Solidaires est en danger ?

Nicolas Lacourte (Consultant en optimisation des infrastructures web) : Oui avant. Non maintenant. Enfin presque ! Le risque zéro n’existe pas en informatique, on peut juste rendre le risque plus gérable. Sur 2014, mon objectif a été de sécuriser encore un peu plus le serveur et de pouvoir optimiser l’architecture pour que les deux développeurs puissent s’occuper de l’essentiel : l’opérationnel. J’ai mis en place des outils permettant de sécuriser le travail de chacun et que chacun sache ce que faisait l’autre. C’est tout bête mais cela évite des mises en production de pages qui sont mal codées. J’ai également mis en place une sauvegarde automatisée des bases de données et sites gérés par RS. Toutes les nuits, c’est 2,5 Giga octets qui sont sauvegardés sur un autre serveur que le principal. En cas de problème, la perte de données sera minime.
Début 2015, je mettrai en service un tableau de bord permettant de suivre l’activité de Ress Solidaires. Plus à destination interne, il permettra de faciliter le rendu compte des indicateurs d’activité comme le nombre de candidats, d’offres, de CV, ... Ces éléments sont présents mais éparpillés et pas simples d’accès. L’idée est de les rendre faciles à lire.

Ressources Solidaires : Où en est Ressources Solidaires à fin 2014 ?

Guillaume Chocteau (Délégué général) : Ressources Solidaires atteint les objectifs qu’on lui a donné : devenir l’agence de presse et d’emploi de l’économie sociale et solidaire. Personne ne peut sincèrement dire que nous ne le sommes pas. Avec plus de 70000 visiteurs en moyenne par mois sur 2014 (Sans compter les lectures hors site [4], soit environ 3500 par jour, nous sommes la premier ressources sur le web concernant l’ESS. Côté "emploi", notre flux d’offres est continu et quotidien. Nous avons moins de stage, mais plus d’offres, ce qui veut dire, plus d’offres d’emploi. Toujours majoritairement des CDI et des temps plein, cela a toujours été notre caractéristique. Ce qui est rageant, c’est que si nous avions un peu plus de moyens humains, nous pourrions avoir 3 ou 4 fois plus d’offres par la mise en place d’une relation plus forte avec les recruteurs.
Sur 2014, c’est presque 850 000 personnes qui seront venues s’informer ou chercher du travail sur notre site. Et pour parler "marketing", leur coût d’acquisition est quasi nul puisque nous ne faisons aucune
communication, ni même salon. C’est le bouche à oreille, la notoriété, des sympathisants et notre référencement web.

Ressources Solidaires : A propos de référencement, je suis beaucoup sur les réseaux sociaux non ?

Guillaume Chocteau : Depuis plusieurs années, nous avons investi les réseaux sociaux. On peut en penser ce qu’on veut, mais clairement c’est un axe de communication à ne pas négliger. Tout comme notre site est une plate-forme ressources puissante, notre présence sur les réseaux sociaux est à l’image de ce que nous nous devons d’être : un "mass media" pour amplifier la diffusion des initiatives et positions des acteurs de l’économie sociale et solidaire. Selon les réseaux, notre présence est plus ou moins forte, mais clairement, nous sommes les plus grands diffuseurs d’informations sur l’ESS sur twitter, linkedin et facebook.
notre présence sur Viadeo nous questionne à l’heure actuelle et la décision de rester ou non sur ce réseau sera prise bientôt. Ceci étant, que ce soit sur twitter, facebook, linkedin et même pinterest, nous sommes présents en force et qualité.
Fin 2014 aura été le moment d’investir également Google+ et Diaspora. Ces deux réseaux sont antagonistes dans leur approche, mais ils étaient les parents pauvres de nos diffusions. La lacune est comblée !

Ressources Solidaires : Et économiquement ?

Guillaume Chocteau : Ress Solidaires subit une triple peine : la crise économique qui rapetisse petit à petit les budgets de nos clients, des secteurs d’intervention philosophiquement gratuits et un modèle économique instable.
Nous intervenons sur le web. "Le web se doit d’être gratuit pour les utilisateurs", or, pour créer du contenu, il faut bien des doigts reliés à des bras et des cerveaux. Les propos au dessus prouvent qu’il y a de l’intelligence et du travail dans Ress Solidaires, il faut le rémunérer.
L’emploi est historiquement lié au service public. Le choix de Ress Solidaires a été de ne pas reprendre les modèles économiques des sociétés intervenant dans l’emploi sur le web : pas de vente des données personnelles, pas de pubs trop agressives, pas de tracking marketing, ... Bref, le respect de nos visiteurs et utilisateurs.
2012 a été l’année catastrophe puisque l’association a licencié 2 des 3 salariés. Mes collègues ont heureusement retrouvé du travail, et nos relations restent amicales, mais cela a été un déchirement car l’association a abandonné de la compétence et de l’expérience. Paradoxalement, l’activité n’a jamais cessé de progresser... Mais pas le budget !
En 2015, à l’heure actuelle, l’association ne gardera pas Landry et Bernard. Faute de moyens suffisants. Là encore, un vrai soucis de compétences et d’expériences qui partent. "C’est le lot des petites structures" me dit on. Oui, mais c’est pénible.

Ressources Solidaires : Et l’activité sur les consultants ?

Guillaume Chocteau : 2015 verra le lancement de ce service, qui est un prolongement de l’activité de conseils de Ressources Solidaires. L’idée est de pouvoir refaire ce qu’on a fait pour l’info et l’emploi, c’est à dire, centraliser en un lieu des compétences et des missions dans l’ESS. Et non, ce n’est pas concurrent des DLA [5], c’est complémentaire puisque les inscrits ne seront pas forcément référencés par leurs DLA respectifs, et surtout, cela dépassera le simple référencement territorial, puisque national.
Toujours être au service de l’ESS, c’est notre crédo depuis le début !

Ressources Solidaires : Côté "emploi" ?

Guillaume Chocteau : Je voudrais bien qu’en 2015, on pense aux recruteurs... Les améliorations ont été apportées aux espaces et services liés aux candidats, je voudrais que 2015 soit l’année des recruteurs. Notre service de "chasse aux candidats" est peu utilisé alors qu’il est efficace. On voudrait aussi développer le même système d’alerte mails que les candidats possèdent [6] en permettant la veille sur des postes en tension ou à ouvrir dans un futur proche. L’outil de Ress Solidaires peut permettre d’anticiper le recrutement de manière satisfaisante.
On travaille également sur la mobilité des salariés en poste. Comment faire pour que l’employeur puisse apporter son soutien à une démarche concertée de départ de l’entreprise actuelle ? Le multi employeur pose drastiquement cette question ! Notre outil "lessentiel.de" est amené à accueillir cette réflexion. Comment ? Chuuuttt...

Ressources Solidaires : Le nombre d’offres proposées est il stable ?

Guillaume Chocteau : Le nombre d’offres progressent régulièrement depuis des années. Mais nous sommes sur une niche : majoritairement provenant des associations, surtout celles de l’économie innovante et militante et assez peu des secteurs majoritaires (social, sport, culture), quasiment que des CDI et des temps pleins. Cela a toujours été notre "marché" côté offres.
Mais 2014, on aura vu une baisse des stages, compensée par des emplois. C’est bien, mais cela questionne sur ce que deviennent les offres de stage ? Nous ont elles quitté ou ont elles diminué globalement ?
Ce qui est dommage, c’est que nous voyons toujours autant de "petites" bourses d’emploi naître ici et là, recueillant 10 offres dans l’année, très peu mises à jour parce que l’acteur a reçu un peu d’argent de sa collectivité pour mettre en lumière l’emploi sur le territoire. Où est la mutualisation ? Nous sommes capables d’exporter nos offres pour en faire de vraies pages d’emploi, autonomes et mises à jour (Exemple le CNEA ou la CRESS Pays de la Loire).
Et puis, si chaque acteur nous payait la prestation, nous aurions les moyens humains d’aller chercher les offres qui nous passent sous les yeux et d’avoir une vraie relation avec les recruteurs qui ne travaillent pas encore avec nous. Nous pourrions quadrupler notre diffusion d’offres. Juste si le terrain jouait le jeu de la mutualisation !

Ressources Solidaires : Le capitaine est il content de l’année 2014 ?

Cyrille Chrétien (Président) : Globalement oui, même si elle aurait pu être mieux. L’activité se développe, les indicateurs sont là. Jamais notre notoriété n’a été aussi grande, jamais le terme de "média de l’ESS" n’a pu être aussi vrai... Et pourtant, jamais nous n’avons été aussi fragile... Informatiquement, nous avons fait face à des attaques, et nous avons surmonté, et mieux verrouillé notre système. Merci à Landry, Bernard et Nicolas !
Mais économiquement, c’est toujours aussi compliqué. Nous avons, me semble t-il, essayé toutes les modélisations possibles en respect de notre éthique. La clé reste le soutien que peuvent apporter les acteurs de l’ESS. Nous sommes à leur service. Chorum fait de nouveau appel à nous pour une campagne web, CoopFr continue son soutien, nous travaillons avec l’Atelier IdF depuis sa création, des collectivités territoriales nous font confiance (La Communauté d’Agglomération Plaine Centrale du Val de Marne vient de renouveler), le CNEA nous a renouvelé sa confiance en approfondissant notre partenariat, d’autres syndicats d’employeurs sont en cours de validation de nos propositions,... Nos partenaires sont souvent fidèles, et sensibles à notre valeur ajoutée : améliorer la visibilité du marché de l’emploi, le rendre plus fluide, plus transparent au bénéfice des compétences apportées et des recruteurs. Qu’ils en soient remerciés ! Mais il en faudrait 3 fois plus !
Néanmoins, l’ESS, et notamment les ministères qui accompagnent son activité, ne s’approprient pas suffisamment ce merveilleux outil qu’est Ressources Solidaires.
Chacun s’accorde sur le déficit de visibilité du secteur, en notoriété, sur des problématiques d’emploi, sur sa capacité à diffuser l’information,… L’ESS a l’outil connu et reconnu, pour y faire face : c’est Ressources Solidaires.

La re-création d’outils censés être similaires, "from scratch" (à partir de rien, sans historique et sans lien fort avec les réseaux de terrain) a été tentée, à fort renfort de fonds publics, et s’est soldée par un échec cinglant. Ces outils touchent en un an, autant de visiteurs que Ressources Solidaires accompagnent en 3 semaines ! Et en plus, ils payent du référencement auprès des grosses entreprises capitalistes du web. Cherchez l’erreur, et bonjour le gaspillage !

Depuis 12 ans, nous prouvons au quotidien qu’un euro investi dans l’association est un euro qui rapporte à l’ESS dans son ensemble. Depuis quelques mois, l’effet "banque publique d’investissement" fonctionne et les initiatives liées à l’information sur l’ESS sortent de terre. Ne cédons pas au mirage de la cosmétique de l’innovation et choisissons la stabilité et l’évolution ! Ressources Solidaires a fait ses preuves et a encore beaucoup de potentiels...

Ressources Solidaires : Et 2015 ?

Cyrille Chrétien : Clairement, toujours la recherche de fonds pour si possible, maintenir les compétences pour développer le service à l’ESS. Et en trouver d’autres ! Sinon sur le plan démocratique, le chantier va s’ouvrir. Il faut penser au futur et notre conseil d’administration doit évoluer et accueillir d’autres regards, d’autres compétences aux côtés de l’équipe actuelle.

Meilleurs voeux à toutes et tous.

Pour rappel. Ressources Solidaires en chiffres, c’est :

- Chiffres en hausse

  • 850 000 visiteurs sur 2014 (Plus d’un million deux attendu en 2015)
  • 160 000 contacts / semaine sur les réseaux sociaux (Diffusion potentielle de l’information)
  • 70 000 visiteurs par mois sur le site (Plus de 100 000 attendus en 2015)
  • 50 000 CV en base de données
  • 12 000 followers sur @ressol (compte principal)
  • 7 500 "fans" sur notre page facebook

- Chiffres en baisse

  • 53 000 euros de budget annuel en 2014
  • 3 salariés (Jusqu’en juin, 1 ensuite si pas de changement)
  • 2 ETP
  • 0 bureau physique depuis le 1ier décembre

- Chiffres constants

  • 10 nouvelles infos quotidiennes en moyenne sur le site
  • 9 administrateurs individuels

Ressources Solidaires tient à remercier l’ensemble des communautés du logiciel libre, du développeur au participant aux forums.

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[1Pour une personne ayant une visibilité moyenne sur les réseaux sociaux, le résultat d’une requête sur son nom donne les principaux réseaux sociaux en premier, puis toujours sur la première page, sa bio via lessentiel.de

[2bourrées de pubs, sans possibilité de récupérer le contenu et sans garantie sur l’utilisation de vos données

[3Fermé par l’hébergeur car trop risqué

[4Flux rss, réseaux sociaux, ... qui ne viennent pas sur notre site, mais lisent son contenu

[5Dispositifs locaux d’accompagnement

[6ils recoivent les offres de poste correspondant à leurs critères

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