La perte, désormais probable, du triple A français est déjà une réalité sur les marchés financiers. Les conditions de financement de la France, dont l’écart de taux d’intérêt avec l’Allemagne excède 1 point de pourcentage, pour les emprunts à dix ans (à 3,2 %), en attestent.
De plus, si l’on fait "tourner", à la façon des économistes, le modèle de notation de l’agence américaine Standard & Poor’s, assis sur un faisceau de données économiques (déficit public, croissance potentielle, commerce extérieur, etc.), le résultat est imparable : la France obtient aujourd’hui… un double A.
Mais, au-delà du constat, sur lequel tous les économistes s’accordent, a-t-on pris la mesure des effets directs et indirects qu’aurait une telle dégradation de la note de crédit de la France sur l’économie ? Sitôt ce sésame perdu, l’une des premières conséquences serait de voir la France exclue des politiques d’investissement des grands fonds internationaux, qui sélectionnent, pour leurs clients, les dettes les plus sûres, notées triple A. C’est, par exemple, le cas de fonds gérés par des banques privées suisses, allergiques au risque.
