L’économie sociale et solidaire s’inscrit dans la voie d’une économie plurielle. Plutôt que de croire à la fin imminente du capitalisme ou à son inéluctable perpétuation, l’économie plurielle signifie qu’il y a possibilité de refouler progressivement et systématiquement l’aire économique déterminée par le seul profit. Cela comporte non seulement l’extension du champ de l’économie sociale, mais aussi un ensemble d’évolutions dans tous les domaines. Cela comporte la notion capitale de solidarité qu’il s’agit de revitaliser alors que nous subissons la désintégration des solidarités traditionnelles. Car s’il y a deux sources éthiques qui sont vitales pour toutes les vies et les sociétés humaines, c’est solidarité et responsabilité.
Déjà, au coeur même de l’entreprise vouée au bénéfice, les idées d’éthique d’entreprise, d’entreprise citoyenne, de commerce équitable peuvent apporter des régulations et limitations à l’impératif du profit. Mais c’est surtout au delà, dans le domaine de la consommation et de la vie quotidienne, que s’imposent des réformes diverses toutes convergentes. Ainsi il s’agit de susciter les résistances aux intoxications consuméristes qu’alimentent les incitations publicitaires libidineuses, lesquelles introduisent dans les produits de consommation, du coca à la conduite automobile, les mythes de jeunesse, beauté, séduction.

