Discours de cloture du congrès de l’UNSA

Union Nationale des Syndicats Autonomes
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Publié le mardi 7 avril 2015

Nous voici donc arrivés au terme de ce congrès. Trois jours, trois jours de débats et d’échanges, trois jours de travail intense, nous étions là pour ça, mais trois jours aussi de contacts, de bonne humeur, d’amitié et de convivialité car la relation humaine, c’est aussi notre conception du syndicalisme à l’UNSA, nous qui avons fait du respect de la personne humaine l’un des identifiants de notre combat.

Un congrès, c’est un moment dans la vie d’une organisation où l’on acte un passage, une évolution. Entre Pau et Montpellier, l’UNSA a grandi, l’UNSA a mûri, et cela a évidemment modifié la façon dont nous sommes désormais en capacité de poser collectivement les débats et les problématiques. Cette nouvelle UNSA, mélange de celles et de ceux qui y étaient engagés depuis des années et de celles et de ceux qui ont rejoint ce combat plus récemment, apportant de nouvelles implantations, de nouvelles expériences, un nouveau regard aussi, ce brassage, ce creuset qu’est l’UNSA, il était bien présent et visible dans ce congrès.

Mais un moment de transition, cela concerne aussi les femmes et les hommes qui, ayant eu la responsabilité de servir notre collectif, ont passé la main entre Pau et Montpellier ou viennent de le faire à l’occasion de ce congrès. Et il me paraît normal de saisir l’occasion que m’offre cette tribune pour les remercier, en notre nom collectif, de leur engagement et de la place qu’ils ont pris dans le combat pour faire émerger l’UNSA sur la scène syndicale nationale. Il y a toutes celles et tous ceux qui, dans les départements et les régions, se sont dévoués pour faire vivre notre combat interprofessionnel et je voudrais leur dire notre gratitude. Et puis il y a ceux aussi qui ont assumé des responsabilités nationales et, dans ce congrès national, je voudrais les évoquer plus personnellement.

A tout seigneur, tout honneur, excusez-moi cette expression dans cette enceinte attachée aux principes de la République, un mot en direction d’Alain Olive, Secrétaire Général de l’UNSA lors du congrès de Pau. Alain, tu as remis ton mandat lors du conseil national de mars 2011, lequel m’a alors confié la difficile tâche de te succéder à cette fonction. Tu as été celui qui a dû incarner par sa personne notre organisation à ses débuts puis dans sa phase d’enracinement. Cela a été beaucoup de satisfactions mais quand même un peu aussi un vrai sacerdoce dans lequel il t’aura fallu beaucoup de courage, de volonté et de conviction, sans rien perdre de ton humilité. Merci Alain, toi qui a su nous conduire dans cette aventure collective, et salut à toi Alain qui est venu ici depuis ta Catalogne natale.

Un Catalan, encore, Jacques Bory, celui que certains s’étaient peut-être habitués à considérer comme une espèce d’éternel trésorier de notre organisation. On peut, dans l’UNSA, librement croire à l’éternité à titre personnel mais notre organisation laïque n’en a pas fait un principe de notre fonctionnement collectif. Jacques en a fourni la preuve en remettant son mandat en septembre 2012 et Jean-Marie Truffat lui a succédé dans cet art difficile de savoir tenir la bourse, difficile partout mais singulièrement à l’UNSA où l’argent ne tombe pas du ciel ou d’ailleurs. Merci à toi, Jacques, merci de ce que tu nous as donné pendant ce long mandat, avec la part de soucis et d’angoisse que cela a pu comporter parfois, mais merci aussi d’avoir accepté, hors mandat, de continuer à travailler aux côtés de Jean-Marie pour nous faire bénéficier de ton savoir-faire dans l’organisation de ce congrès de Montpellier où tu as pris une grande part.

Christine Dupuis fermera la marche des Secrétaires Nationaux ayant remis leur mandat entre ces deux congrès que j’ai voulu évoquer. Christine, c’est une femme de conviction. Il en fallait lorsqu’elle décida, avec Jacques Mairé, de quitter Force Ouvrière, les positions et la situation matérielle assurée qui lui avaient été réservées dans cette organisation, pour rejoindre la petite UNSA en 1998, par fidélité à une conception du syndicalisme. De la conviction, il t’en a fallu ensuite, dans l’UNSA, où te seront confiés trois dossiers importants : l’emploi, le développement durable et l’égalité professionnelle. Tu auras assuré aussi avec talent la présidence du groupe de l’UNSA au Conseil Economique Social et Environnemental. Tu as pris ta retraite, ce qui te donne plus de temps à consacrer aux tiens, notamment tes petits enfants pour leur faire découvrir la Bretagne. Merci Christine de ce que tu nous as apporté.

Et puis, je voudrais terminer cette manifestation de notre gratitude collective en évoquant trois militants qui ont remis leur mandat de secrétaires nationaux hier, lors de ce congrès.

Michel Guerlavais, breton, assurément, mais, si je dis assurément, certains y verront une allusion exagérée a un caractère que se voudrait parfois têtu supposé être l’apanage des gens de l’Ouest, non, je n’ai pas dit cela, j’ai dit breton tout court, mais surtout Michel, militant convaincu, fidèle et dévoué de la cause européenne, de la solidarité internationale, des libertés et des droits de l’homme. Ce sont ces dossiers dont tu as eu la conduite au Secrétariat National, et que tu auras portés pour nous, notamment dans la Confédération Européenne des Syndicats, sans compter la fonction essentielle de la présidence de la commission vie syndicale où nous avions besoin de ta solidité et de ta force de travail pour mener des travaux indispensables et parfois, à tort, considérés comme ingrats. Merci Michel de ta générosité militante et de ta fidélité.

Guy Barbier, pas de calaisien, mais surtout un grand militant qui a accepté de rejoindre le Secrétariat National de l’UNSA en avril 2013 dans des conditions difficiles. Entre Guy et moi, il se trouve que c’est une assez longue histoire de compagnonnage militant, où s’est nouée une relation de fidélité et de confiance mutuelle. Il fallait que ce soit toi qui acceptes de reprendre un secteur menacé de déshérence alors même que c’était l’un des points clés de la force collective de l’UNSA, celui de la Fonction publique. Il t’a fallu tout reconstruire, de la présence politique à la comptabilité, en passant par une équipe. Aujourd’hui, la crédibilité de l’UNSA est à nouveau une réalité dans la Fonction publique et dans toutes ses sphères, et puis, les résultats aux élections Fonction publique de décembre dernier m’éviteront de longs discours sur ton bilan : c’est d’abord le fruit du travail de terrain des militants de nos syndicats et fédérations, certes, mais tu y es aussi pour quelque chose. Guy quitte le Secrétariat National mais il continue à assumer le Secrétariat Général de l’UNSA Fonction publique. Merci beaucoup à toi, Guy.

Et puis, enfin, the last but not the least, Jean Grosset, Secrétaire Général adjoint de l’UNSA. Je n’ose pas utiliser cette expression qui me ferait dire que Jean est pour moi un ami de trente ans. Son usage dans la sphère politique en a détourné le sens réel. Et puis ce serait faux car Jean n’est pas pour moi un ami de trente ans mais un ami de trente-cinq ans. Jean, tout le monde le connait, et d’ailleurs on peut même parfois se demander : mais enfin qui Jean ne connait-il pas ? Son engagement militant, son sens relationnel, sa connaissance des dossiers, ses capacités d’organisation et de mobilisation, et pas seulement en matière de service d’ordre, la vision et l’analyse stratégique dont il est capable en font, au-delà de l’UNSA, l’une des figures du syndicalisme français. Ce fut en notre nom l’un des animateurs de l’intersyndicale interprofessionnelle nationale qui au coeur de la crise puis sur le conflit des retraites a pesé sur le pays dans l’intérêt des salariés. S’il me fallait résumer le Jean public en un mot, je dirai militant. Jean est d’abord et avant tout un militant qui ne rechigne devant aucun des tâches militantes, de la plus humble et de la plus basique à la plus exposée et à la plus complexe, tout simplement parce que ce qui l’anime dans son action n’est fait que de convictions. Jean, l’éternel militant, c’est toujours ce même enthousiasme, cette même fraîcheur, ce même optimisme que rien, au fond, ne sera venu altérer. Avec ton complice Jacques Mairé, tu as été, Jean, un des leaders qui, en quittant FO pour rejoindre l’UNSA en 1998, nous ont amené un savoir-faire militant dans le secteur privé sans lequel notre développement interprofessionnel n’aurait pas été possible. Nous en avons soulevé des montagnes : celle des élections prud’homales, celles des élections TPE, et d’autres encore. Et derrière ces exploits, dont bien peu d’observateurs nous auraient pensé capables, il n’y avait pas d’argent, pas de moyens démesurés, pas de campagne de pub ou de major des agences de communications : il n’y avait que du militantisme sur le terrain et, souvent Jean à la baguette pour diriger nos efforts, donner les impulsions, séquencer les campagnes, trouver les mots, encourager, mettre la main à la pâte.

Je vais arrêter là, Jean, parce que je sais que, derrière le Jean public, il y a un Jean privé plein de pudeur qui n’aime pas trop qu’on parle de lui. J’arrête la torture mais j’en connais d’autres qui ont pensé que quelques images pourraient nous révéler quelques-unes de tes facettes pas toujours les plus connues. Nous allons les regarder mais, en notre nom à tous, au nom de l’UNSA qui te doit beaucoup parce que tu lui as donné beaucoup : merci, un grand, un beau merci !

Alors, de ces trois jours de travail intense, où la réflexion, le débat, l’élaboration auront régné dans une atmosphère de convivialité, rien n’aurait été possible sans l’énorme travail d’organisation qui en a permis le cadre. Que tout soit facilité au plan matériel, de l’hébergement à la restauration, du café ou d’autres produits que l’on peut boire entre deux réunions aux moyens de transport ou à la consigne, qu’il n’y ait pas de problème ou, dans les quelques cas où un problème surgirait, qu’il y ait des solutions, bref, pour que tout soit simple, il fallait beaucoup de travail derrière. Cela nous le devons à toute l’équipe de l’UR Languedoc Roussillon, coordonnée par Frédéric Vaysse et par Christelle Journet qui en fut la cheville ouvrière. Plus de 160 militants ont donné de leur temps, de leur patience et de leur dévouement, pour nous, pour l’UNSA afin que ce congrès puisse se tenir dans les meilleures conditions techniques et d’accueil. Alors avec vous, mes amis congressistes, je voudrais les remercier chaleureusement de leur bonne humeur, de leur disponibilité, de leur énergie qui nous ont permis, par ce congrès, de faire rimer pleinement Montpellier avec UNSA.

Alors, quelle est l’UNSA qui, à l’issue de ce congrès de Montpellier, se présente sur la scène syndicale nationale ? Quelle offre syndicale avons-nous décidé de proposer aux salariés de ce pays ?

C’est celle d’un syndicalisme intransigeant sur ses valeurs, une UNSA laïque, qui lutte résolument contre le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie et toutes les discriminations, une UNSA résolument favorable à la construction d’une Europe démocratique et sociale face à la mondialisation ;

C’est celle d’un syndicalisme réformiste et positif qui participe à la transformation de la société par la négociation collective, le dialogue social pour aboutir à des compromis ;

C’est celle d’un syndicalisme combatif qui a décidé d’affronter le réel pour y construire les protections nouvelles dont ont besoin les salariés d’aujourd’hui ;

C’est celle d’un syndicalisme qui inscrit son action dans le cadre de la préservation de notre planète, car, pour nous, l’économique, le social et l’environnement doivent être pensés comme complémentaires et non pas comme opposés ;

C’est celle d’un syndicalisme qui respecte l’autonomie de ses composantes pour la proximité qu’elle donne avec le terrain mais qui, en même temps, sait porter la solidarité interprofessionnelle sur les sujets communs à tous les salariés ;

C’est celle d’un syndicalisme qui, dans un paysage syndical français éclaté, prône des relations intersyndicales loyales les plus larges lorsqu’elles sont possibles tout en œuvrant aussi au rassemblement du syndicalisme réformiste car c’est l’intérêt des salariés ;

Voilà notre projet syndical, redéfini et précisé ici à ce congrès de Montpellier. Oui, nous pensons que le syndicalisme français a besoin de se ressourcer, de s’oxygéner, de se revivifier. Oui, nous pensons que l’UNSA peut y contribuer et oui, pour cela, nous voulons et nous gagnerons notre représentativité nationale interprofessionnelle !

Merci à vous de votre engagement, merci à vous de votre travail.

Tous ensemble, soyons solidaires, soyons forts pour une UNSA autonome, efficace, positive pour des salariés mieux respectés et mieux défendus !

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