Selon Dominique Méda, professeur de sociologie à Dauphine, on continue à entendre, en France comme dans d’autres pays européens, des discours appelant à la " réforme structurelle du marché du travail ", comme si la prétendue difficulté à licencier constituait l’obstacle majeur à la création d’emplois et comme si la réduction de la protection de l’emploi allait mécaniquement produire de la croissance. Dominique Méda est coauteur avec B. Gomel et E.. Serverin de L’emploi en ruptures (Dalloz, 2010).
Dominique Méda, comment maintenir la confiance et l’engagement des salariés, aujourd’hui confrontés à une crise économique généralisée ?
L’aggravation de la crise vient renforcer un malaise français déjà très profond dû à des décennies de taux de chômage élevé et à des pressions considérables sur le travail. En 2007, juste avant le début de la crise, une enquête européenne avait mis en évidence l’ampleur des inquiétudes des Français, qui étaient parmi les plus nombreux à craindre de perdre leur emploi et de ne pas en retrouver un leur permettant d’exercer les mêmes compétences. Il faut donc s’interroger sur les raisons de cette angoisse.

