Economie sociale : La négociation sur la qualité de vie au travail peine à démarrer

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Publié le mardi 19 mars 2013

Six mois après son lancement, l’élaboration d’un accord sur la qualité de vie au travail et l’égalité professionnelle n’a pour l’instant abouti qu’à une déclaration de grands principes.

« C’est une négociation tentaculaire et floue, après six mois de discussions nous ne savons toujours pas où nous allons, déplore Anne Baltazar, Secrétaire confédérale FO. Le 6 mars, au lieu d’avancées concrètes en matière d’égalité, nous avons abouti à une déclaration d’intention confirmant simplement notre volonté de continuer à négocier sur le sujet. »

La négociation sur la qualité de vie au travail et l’égalité professionnelle hommes-femmes s’est ouverte en septembre dernier. Issue à la fois de la délibération sociale de juin dernier et de la grande conférence sociale du mois de juillet, la question doit faire l’objet d’un nouvel accord national interprofessionnel (ANI). Le gouvernement souhaitait une signature pour la journée internationale de la femme le 8 mars. Mais les débats ayant été suspendus quatre mois aux négociations sur la sécurisation de l’emploi, l’échéance vient d’être repoussée à juin. La prochaine rencontre aura lieu le 29 mars.

Difficile de cerner avec exactitude les limites du champ d’intervention de cette négociation. La qualité de vie au travail ne fait pas l’objet d’une définition précise. Elle peut être perçue comme un sentiment de bien-être à titre individuel et collectif. Elle allie à la fois le ressenti personnel du salarié et des éléments plus objectifs comme l’organisation de l’entreprise, l’ambiance, l’intérêt du travail, la reconnaissance... Mais elle permet aussi d’aborder les risques psychosociaux, le stress ou la souffrance au travail.

Les nombreux sujets traités par les négociateurs vont du congé parental au management, en passant par les nouvelles technologies ou l’environnement physique. FO veille particulièrement à ce que l’égalité professionnelle et salariale, rajoutée à la négociation, soit traitée comme un sujet à part entière.

Le risque du fourre-tout

L’autre complexité de la négociation est que cette thématique englobe des sujets qui font déjà l’objet d’accords, comme le stress, l’égalité salariale, la santé au travail, la pénibilité, la durée et l’organisation du travail... La subtilité consiste à proposer des avancées tout en préservant les acquis. Enfin, l’objet de la négociation semble se déliter au fil du temps, certains thèmes étant abordés directement par les ministres, comme les congés parentaux, d’autres, comme le temps partiel, étant finalement intégrés à d’autres négociations.

FO, qui ne s’est pas jointe au socle commun des autres syndicats, jugé trop en retrait, se bat pour tenter de donner un peu corps au texte de base présenté par le MEDEF. « Nous ne voulons pas d’un nouvel ANI fourre-tout avec peu de choses concrètes pour les salariés, explique Sébastien Busiris, qui fait partie de la délégation FO. Avec la crise économique, les conditions de travail se dégradent dans le public comme dans le privé. Les salariés ont beaucoup d’attentes, ils sont de plus en plus nombreux à prendre des antidépresseurs ou des drogues pour pouvoir travailler. Même si négocier sur la qualité de vie au travail semble aller à contresens, pour nous les contraintes économiques passent après la santé. »

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