Entretien exclusif avec Cyril Durand, Directeur général de la Sauvegarde de l’Enfance 44 et représentant du SYNEAS

Syndicat des employeurs associatifs de l’action sociale et médico-sociale (Syneas)
> Entretien exclusif avec Cyril Durand, Directeur général de la Sauvegarde de l’Enfance 44 et représentant du SYNEAS

Publié le vendredi 27 février 2015

Ressources Solidaires : Vous êtes directeur de la Sauvegarde de l’Enfance 44, association du champ social, 300 salariés, plusieurs pôles et services avec des directeurs, des chefs de service etc... Cela casse l’idée de la petite association du social avec 3 ou 4 salariés. Comment cela se gère-t-il au quotidien ?

Cyril Durand : Je ne sais pas ce qu’est une petite, une moyenne ou une grande association. Les échelles virtuelles de grandeur auxquelles nous nous référons dépendent le plus souvent des secteurs dans lesquels nous exerçons nos missions. Il est vrai que l’association que je dirige est la plus grande association du département dans le champ de la protection de l’enfance, mais ce constat ne me semble pas nous conférer pas pour autant le statut d’une grande association dans ce secteur.

Si nous avons parfois la prétention de nous considérer comme une entreprise à part puisqu’à vocation/finalité sociale (association sans but lucratif et reconnue d’utilité publique), force est de constater que nous sommes à bien des égards des « entreprises comme les autres ». Le niveau d’exigence qui s’applique à notre association est élevé et nécessite un pilotage rigoureux des ressources mises à notre disposition (exigence sur les questions budgétaires, les questions relatives au pilotage financier, à la politique RH, exigence en matière de respect des normes toutes catégories confondues, exigence sur les questions liées au sens de notre action au bénéfice des personnes accompagnées…).

La fonction de direction générale dans une association telle que la Sauvegarde de l’Enfance 44 nécessite d’investir au quotidien la dimension stratégique de l’action, elle ne peut être déconnectée de la dimension politique inhérente au fait associatif. L’interaction entre gouvernance et dirigeance est donc permanente. La question de la compatibilité et de l’efficacité du binôme Président-Directeur général est essentielle pour ne pas dire vitale.

Je veille en ce qui me concerne à maintenir en permanence une organisation du travail efficiente, je suis garant du respect des places des uns et des autres, du respect des espaces incontournables de concertation, de consultation forcément distinctes des espaces dévolus à la prise de décision. La taille de l’association me permet encore d’adopter un management que je pourrais qualifier de proximité (avec l’équipe du siège social, avec les directeurs de pôle et, malheureusement, dans une moindre mesure avec les chefs de service). J’organise également, à périodicité régulière, des échanges avec tout ou partie des autres salariés.

Ressources Solidaires : Est-ce encore une association dans son fonctionnement ? L’exercice de gouvernance est-il complexe, plus ou moins que dans une autre association de taille différente ?

Cyril Durand : Bien-sûr, nous sommes une association. Nous ne nous satisfaisons pas d’un simple habillage statutaire et veillons constamment à entretenir la qualité et le dynamisme de la gouvernance de notre organisation.

Cela passe par des actes concrets en matière de recrutement de nouveaux administrateurs, d’implication de ces derniers dans différentes commission de travail au-delà des Conseils d’administration et des bureaux, ces commissions étant l’occasion de mêler salariés et bénévoles, parfois aussi salariés, bénévoles, usagers et autres parties prenants extérieures à l’association. Nous sommes notamment attachés à la mixité des parties prenantes dans les lieux qui permettent de préparer les grandes orientations susceptibles d’impacter le fonctionnement l’association (démarches projets, réorganisation, évaluation…).

L’exercice de la gouvernance est effectivement complexe, il s’agit même d’un art particulièrement exigent dont la responsabilité ne saurait peser sur les seules épaules du Président contrairement peut-être à ce qui peut s’imposer aux associations de taille beaucoup plus modeste où le dirigeant bénévole peut rapidement souffrir d’isolement.

Ressources Solidaires : Vous êtes représentant du syndicat SYNEAS. Est-ce important pour le directeur que vous êtes, de pouvoir être épaulé par un syndicat d’employeur ?

Cyril Durand : Je suis délégué régional du Syneas (syndicat des employeurs associatifs de l’action sociale et médico-sociale) pour les Pays de la Loire.

L’adhésion à un syndicat employeur m’apparaît incontournable pour une association telle que celle que je dirige. Cette adhésion ne se justifie pas uniquement par le fait d’avoir recours à un service juridique compétent et permettant de se prémunir d’éventuels faux pas en matière en matière RH dans un contexte de complexification constante des normes régissant le monde du travail. Elle ne saurait pas plus se justifier par les seules difficultés croissantes que nous rencontrons à appliquer des dispositions conventionnelles en décalage par rapport aux réalités de notre temps. Les services et appuis possibles vont heureusement bien au-delà de ces dimensions déjà suffisamment convaincantes.

Ce qui m’apparaît surtout important c’est d’être un adhérent actif en capacité de contribuer aux différentes missions du syndicat (négocier dans les différents espaces dévolus à cet effet afin de construire un environnement professionnel adapté aux enjeux d’un secteur en mutation, accompagner les adhérents dans une dynamique de changement, représenter la fonction employeur tant au niveau national que régional).

Ressources Solidaires : Vous êtes également trésorier de la CRESS Pays de la Loire. Investissement complémentaire évident quand on est un responsable de l’ESS ?

Cyril Durand : J’exerce le mandat de trésorier depuis la dernière Assemblée Générale qui a d’ailleurs également marqué mon entrée au bureau de la CRESS PDL. Ce mandat n’est pas de lien direct avec la Sauvegarde de l’Enfance 44 (bien que son activité s’inscrive dans le champ de l’ESS), il résulte de mon implication au Conseil d’Administration dans le collège employeurs de la CRESS PDL.

Cet investissement complémentaire ne relève pas de l’évidence mais de la volonté d’agir pour contribuer à la reconnaissance d’un champ économique qui ne doit pas se satisfaire d’un unique succès d’estime mais œuvrer à une plus grande reconnaissance aux côtés des autres champs du secteur marchand et public. Le syndicat dans lequel je suis investi est par ailleurs fortement engagé sur toutes les questions relatives à la promotion de l’ESS ce qui renforce ma légitimité dans cet engagement.

Vous avez apprécié cet article ? Soutenez Ressources Solidaires :

Participer

Notez cet article et partagez-le avec votre réseau

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • Se connecter
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Guillaume Chocteau (Ressources Solidaires)

Mots clés

Ailleurs sur le site...

Proposer un contenu

Offres en cours

Postuler à une offre Diffuser une offre

Réseaux sociaux