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"Donnons du sens à nos emplois !"

L’ONF et ses tutelles sont présents sur le Salon de l’Agriculture : les forestiers en colère aussi !

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jeudi 2 mars 2006 , par Guillaume Chocteau (Ressources Solidaires)

Vendredi 3 mars 2006, les personnels de l’Office National des Forêts seront au Salon de l’Agriculture pour faire entendre leur voix. A l’aube de la signature d’un nouveau contrat entre l’Etat et l’ONF, les forestiers se mobilisent également dans toute la France.

L’Office National des Forêts est un Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC) qui assure pour le compte de l’Etat la gestion et l’exploitation des forêts publiques (4,5 millions d’hectares, 1/3 de la forêt française). L’établissement, qui compte encore 10 300 personnels (dont 6700 fonctionnaires), fêtera ses 40 ans. Quarante années de réformes incessantes qui ont profondément dégradé la qualité du service public et le travail des forestiers. Ainsi, ce sont 600 emplois de forestiers de terrain (fonctionnaires) et autant d’emplois d’ouvriers forestiers qui ont été supprimés en 2002. De plus, 30% des personnels ont été redéployés vers les activités marchandes, seuls des emplois de cadres supérieurs ont été créés. Voulons-nous d’une Forêt sans forestiers ?

Non, il ne doit plus être question de nouvelles suppressions de postes et de diminution des subventions de l’Etat au service de la Forêt ! Pour que la forêt française ne devienne pas juste un placement financier destiné à équilibrer chaque année le bilan comptable de l’ONF ! Chaque année, des millions de citoyens fréquentent les forêts. Elles protégent les espèces naturelles (faune et flore), maintiennent les sols en montagne et les dunes sur le littoral, fixent le CO2, préservent de la pollution l’eau de nos captages...elle est bien plus qu’un simple réservoir à bois pour l’industrie.

Le SNUPFEN-Solidaires, syndicat majoritaire à l’ONF, appelle au réveil des consciences. Il revendique notamment :

L’arrêt inconditionnel des suppressions d’emplois de forestiers de terrain, les seuls présents dans le monde rural, et qui garantissent ainsi un service public de proximité ; La mise en concordance entre l’affichage externe de la direction de l’ONF (telles que la gestion « durable » et la préservation des milieux) et ses pratiques quotidiennes (exploitations intensives de forêts à protéger) ; La rémunération par l’Etat de toutes les charges de l’ONF liées aux bénéfices apportés par les forêts en matière d’accueil du public, de fixation du carbone atmosphérique mais aussi de protection des milieux en général ; L’arrêt de la gestion managériale par objectifs et son corollaire, la modulation des rémunérations liée aux résultats de l’entreprise ONF. Cette politique de gestion des ressources humaines a pour conséquence, au delà de la dégradation du climat social, l’accélération du pillage de nos Forêts. En effet, les directeurs de l’ONF sont aujourd’hui payés en fonction de l’atteinte de leurs objectifs. Objectifs qui comprennent en particulier, un important niveau de prélèvement de bois.

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