L’économie sociale et solidaire, alternative, tampon ou accompagnatrice du libéralisme ?

Editorial de la lettre d’information du 08 février 2016

Editoriaux des lettres d’information hebdomadaires
> L’économie sociale et solidaire, alternative, tampon ou accompagnatrice du libéralisme ?

Publié le lundi 8 février 2016

Nous vous le disons depuis 2 éditos, nous allons lancer une campagne de financement participatif prochainement. Oui, nous aussi. Oui, nous aussi qui ne sommes pas du tout favorable à ce type de financement, symbole d’un échec de la complémentarité de coopération économique entre acteurs de l’ESS, d’un retour fort de la philanthropie et échec d’une autonomisation marchande des acteurs. Ceci étant, nous ne rougissons pas de nos 14 années de vie, surtout au travers de la crise économique. Nous sommes là et bien là. Mais pour financer un projet tel que la refonte de notre système de gestion des offres et candidatures, il faut investir. La frilosité ambiante, la perspective difficile des années à venir et une trésorerie exsangue ne permettent d’entrevoir qu’un recours à la philanthropie individuelle pour y réussir. Et le tour des plateformes nous questionnent encore plus car à part Humaid et la plateforme de la Nef, le modèle repose avant tout sur des structures hors du champ de l’ESS. Quitte à laisser une commission, autant qu’elle nourrisse une entreprise d’ESS et non une "simple" entreprise collaborative. Cela relève de notre cohérence éditoriale. Nous continuons donc notre tour.

Notre titre est un sujet vieux comme l’ESS. Est elle une alternative, un "pis aller" voire même une accompagnatrice du libéralisme, du capitalisme ? Dès lors qu’on pose la question, les esprits se mettent en marche, les rhétoriques s’affûtent, les langues débitent. La semaine dernière, un article avait fait mouche, cette semaine, c’est sous la plume de notre ami Jean Philippe Milesy que les statistiques ont chauffé : "Quelle alternative porte l’Economie sociale et solidaire ?". Relatant la rencontre européenne de la "Gauche unitaire européenne" (GUE) autour de l’ESS, la question prenait bien entendu tout son sens, tant cette question de l’alternative renvoie à l’histoire des courants et philosophies ayant construite l’ESS. Car non, l’ESS n’est ni née en 2014 de la plume du Ministre Hamon, ni née de la crise économique de 2009, et encore moins de la fin de 30 glorieuses. Depuis plus longtemps, les femmes et les hommes œuvrant pour une économie différente (nous noterons la diplomatie) et plus humaine, moins axée vers l’argent, ont créé, consolidé et développé des statuts et activités permettant de produire différemment, travailler autrement, répartir les fruits de la production de manière plus égalitaire, distribuer un pouvoir démocratique dans une logique de mieux vivre, mieux être et mieux travailler.
Si il vous reste quelques titres restaurants 2015 dans les poches, il serait bon de pratiquer le petit geste solidaire annuel pour permettre à d’autres d’en profiter. Car depuis le 1ier février, ils ne sont plus pris dans les restaurants, mais ils peuvent permettre de réaliser un geste solidaire grâce à la Croix Rouge. On aurait préféré un partenariat avec Chèque Déjeuner, mais on ne peut pas tout avoir...
Dans la guerre contre le chômage, le Gouvernement a dégainé la dégressivité. Ce qu serait cocasse si ce n’était pas dommage, c’est qu’à un autre moment, les députés devenus Ministres s’étaient érigés contre le Gouvernement Sarkozy souhaitant remettre ce principe en vigueur. "Contexte différent" me direz vous ! Peut être. Malgré tout, le pouvoir d’achat déjà mis à mal par des finances sociales difficiles permettant juste d’amortir les premiers coups de boutoir de la crise profonde, des rémunérations qui stagnent par manque de confiance des entreprises dans l’avenir et des traitements sociaux dégressifs, l’effet attendu de "remettre au travail les demandeurs d’emploi" parait difficile à percevoir dans l’absolu.

Nous parlions d’alternatives juste au dessus. Parlons en. Et parlons d’une belle alternative au monstre (et je pèse mes mots) du covoiturage, partenaire de Total et la Société Général. L’ambition du site est de faire du covoiturage en préservant votre vie privée, en prônant un modèle économique alternatif. covoiturage-libre.fr veut faire simple et gratuit plutôt que sophistiqué et payant. Jolie utopie dans le capitalisme collaboratif se structurant. Et donc forcément, une alternative que nous relayons avec plaisir, fierté et ambition.

Bonne lecture
Bonne semaine


Voir en ligne : Retrouvez la lettre d’information hebdomadaire de Ressources Solidaires...

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