La CGT demande une Convention internationale contre la violence sexiste et sexuelle au travail

Confédération Générale du Travail
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Publié le vendredi 17 octobre 2014

La CGT appelle le gouvernement français et le MEDEF à s’engager en faveur de la mise à l’agenda par l’Organisation internationale du travail (OIT) d’une convention internationale sur les violences sexistes et sexuelles au travail.

Multiples et multiformes, au travail ou ailleurs, les atteintes à la dignité, à la liberté, à l’intégrité physique et mentale des femmes constituent un puissant obstacle à l’égalité dans tous les domaines, n notamment professionnel. Elles compromettent le droit au travail des femmes, sans parler de leur vie, de leur bien-être et celui de leur entourage, en particulier les enfants.

Une enquête de l’INSEE (2008) indique que près de 5% des viols commis sur des femmes âgées de 18 à 59 ans l’ont été sur le lieu de travail, soit 34 viols commis chaque jour dans nos entreprises. Une salariée sur quatre a souffert de gestes déplacés non désirés.

Depuis les inégalités de salaires entre les femmes et les hommes jusqu’au harcèlement sexuel sur le lieu de travail, les violences de genre, au-delà des drames humains qu’ils engendrent, font système et appellent un engagement de toute la société.

En France comme dans la majorité des pays du monde, il est indispensable de renforcer une législation très insuffisante.

Une convention de l’OIT permettrait de combler cette lacune au niveau international. Elle serait un point d’appui pour obtenir la mise en place dans l’ensemble des pays d’une législation solide pour prévenir les violences sexistes au travail et protéger les victimes.

Les représentants des travailleurs défendent l’inscription des violences sexistes et sexuelles au travail à l’ordre du jour du prochain CA du Bureau international du travail afin d’établir une nouvelle norme. Cette proposition ne fait pas l’unanimité parmi les membres du Conseil d’administration. La CGT demande expressément aux représentants français des employeurs et au gouvernement de sortir de leur silence et de s’exprimer sur le sujet.

La France a un rôle majeur à jouer pour assurer le bon fonctionnement du système d’application des normes internationales du travail et se doit de prendre toutes les mesures pour renforcer le rôle régulateur de l’OIT et le respect des conventions dont elle est la garante.

Elle se doit d’agir pour renforcer les mesures de prévention et protéger les femmes victimes de violences dans ou en-dehors de l’entreprise (allègement du temps de travail, facilités de mutations, possibilité de démission sans préavis et avec indemnités de rupture…).

La CGT lance ce mercredi, en association avec Peuples Solidaires, une pétition demandant au gouvernement et au patronat de soutenir la convention internationale sur la violence sexiste et sexuelle au travail. La CGT portera ces propositions et exigences notamment à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence faite aux femmes qui aura lieu le 25 novembre prochain.

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