FRANCOIS BAROIN MINISTRE DU BUDGET, DES COMPTES PUBLICS ET DE LA RÉFORME DE L’ETAT
Aides au logement, services à domicile, emploi : l’Etat taille dans ses dépenses sociales
« Il n’est pas question une seconde de lever le secret fiscal pour qui que ce soit » Vous allez ouvrir cet après-midi à l’Assemblée le débat sur la préparation du budget 2011. Quel message souhaitez-vous faire passer aux députés ?
Il est extrêmement clair et simple : il s’agit de ramener le déficit public de 8 % du PIB cette année à 6 % l’an prochain. C’est un objectif intangible et absolu et nous nous donnerons tous les moyens nécessaires d’y parvenir. Je ne cache pas sa difficulté : la France n’a jamais accompli un effort aussi considérable, y compris pour se « qualifier » à l’euro au milieu de la décennie précédente. Toutes les économies qui ont été décidées sur les dépenses et toutes celles qui le seront en matière fiscale à la fin de l’été correspondent à cet objectif. Mais, le plus important, c’est la réforme des retraites. Sans réforme, il est totalement illusoire de penser que l’on pourra redresser nos finances publiques. Cela représente 1,2 point de déficit structurel et 10 points de dette en moins à l’horizon 2020. Un enjeu considérable.
Comment se répartissent les efforts ?
Entre 2010 et 2011, ce sont 40 milliards d’euros qu’il faut trouver. Un premier volet, à hauteur de 15 milliards, correspond à la non-reconduction des mesures du plan de relance. Le rattrapage des recettes fiscales après la crise devrait, second volet, ramener 11 milliards d’euros. Est-ce crédible ? Oui, l’an dernier, l’impôt sur les sociétés a baissé de 60 % et les droits de mutation (qui dépendent du marché immobilier) de 30 % ; il n’y a aucune raison que cela dure. Les économies dans les dépenses de tous les acteurs publics, troisième et dernier volet, représenteront 14 milliards d’euros.
