Le purin d’ortie, produit naturel utilisé dans l’agriculture biologique pour renforcer les défenses des plantes, reste interdit de commercialisation en France. En cause, une législation qui impose aux produits phytosanitaires naturels les mêmes contraintes qu’aux pesticides de synthèse en matière d’autorisation de mise sur le marché. Des élus se mobilisent aux côtés des associations pour dénoncer une situation qui limite les alternatives aux pesticides.
« Je me déclare receleur de purin d’ortie et m’expose à une peine de deux ans de prison et 70 000 € d’amendes », a déclaré solennellement Anny Poursinoff, députée des Yvelines, le 8 décembre dernier. Deux minutes plus tard, la députée écologiste aspergeait un parterre de fleurs, devant l’hôtel de ville de Montreuil (Seine-Saint-Denis) avec ce produit connu de tous les jardiniers et agriculteurs biologiques pour ses vertus fertilisantes et protectrices des plantes. Elle est suivie dans cet « acte de désobéissance civile » par d’autres élus qui répondaient à l’invitation d’un groupe d’une dizaine d’associations1 décidées à relancer la « guerre de l’ortie » entamée en 2006.
