Après l’adoption de son rapport « Illettrisme et emploi », Marie-Claire Carrère-Gée avait demandé au Premier ministre, au nom des partenaires sociaux et de tous les acteurs du marché du travail réunis au sein du Conseil d’Orientation pour l’Emploi, de faire de la lutte contre l’illettrisme la Grande cause nationale de l’année 2012.
Alors que le Premier ministre doit prochainement décider du thème de la Grande cause nationale 2012, Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil d’Orientation pour l’Emploi, dans un courrier adressé à François Fillon, réitère cette demande.
Le Conseil d’Orientation pour l’Emploi a dressé un constat alarmant. Trois millions de personnes sont en situation d’illettrisme aujourd’hui en France. Chaque année, de nouveaux jeunes arrivent sur le marché du travail sans maîtriser les savoirs de base. Les actions de remédiation sont trop peu nombreuses. Résultat : le nombre de personnes illettrées s’accroît chaque année un peu plus.
Plus de la moitié des personnes en situation d’illettrisme ont un emploi. Elles sont particulièrement vulnérables, le contenu du travail, y compris peu qualifié, faisant une place de plus en plus grande à l’écrit. L’illettrisme constitue un obstacle de plus en plus difficilement surmontable pour accéder à l’emploi ou pour retrouver un emploi. C’est aussi un frein à la compétitivité de notre économie et à sa capacité à occuper les meilleures places dans une concurrence mondiale de plus en plus vive.
Le Conseil estime indispensable de mettre en œuvre une véritable politique nationale de lutte contre l’illettrisme mobilisant tous les acteurs, afin de détecter toutes les situations d’illettrisme et d’augmenter significativement le nombre des formations réalisées.
Le Conseil a adopté un ensemble de propositions, autour de cinq grands axes :
Faire de la lutte contre l’illettrisme une grande cause nationale, et proclamer la maîtrise des savoirs fondamentaux - lire, écrire, compter-, comme un droit de chaque citoyen ;
Mieux lutter contre les situations d’illettrisme dans la phase qui précède l’insertion professionnelle ;
Se donner les moyens d’une détection systématique des situations d’illettrisme dès l’inscription des demandeurs d’emploi à Pôle emploi et faire en sorte que cette détection débouche systématiquement sur une formation aux compétences fondamentales ;
Améliorer la lutte contre l’illettrisme dans l’entreprise, dans des conditions non stigmatisantes ;
S’assurer de la qualité des formations.
