Anticiper, ce verbe est devenu le maître mot pour tenter d’amortir les conséquences sociales des restructurations, ce qui sous-entend : “si l’entreprise nous en donne le temps, le traumatisme social lié à la perte d’emploi peut être évité ou minimisé”. Il en va de la responsabilité sociale des entreprises de prévenir les mutations et leurs conséquences sur l’emploi afin de donner le temps aux dispositifs d’accompagnement des salariés “remerciés” de trouver leur efficacité.
Il en va logiquement de même pour la définition de l’irresponsabilité
sociale et environnementale des chefs d’entreprise. Certains
hommes politiques utilisent le terme de “patrons voyous” pour
qualifier :
une décision suivie d’une mise en oeuvre immédiate des
suppressions de postes et d’emplois ;
un refus de financer le départ des salariés licenciés par une
fuite juridiquement organisée, obligeant les pouvoirs publics
à faire face aux dépenses liées au départ du personnel et à la
remise en état des sites quand c’est nécessaire (exemple
emblématique de Metaleurop et de son actionnaire suisse,
Glencore).
Dans cette première approche, l’anticipation est alors comprise comme une manière d’accompagner la décision prise à un horizon déterminé et donnée comme certaine.

