Imaginé il y a 25 ans, le capital risque solidaire prend de l’ampleur et change de visage. L’intérêt des investisseurs institutionnels pour une économie vecteur de solidarité se généralise, mais les avantages fiscaux qui soutiennent ce développement risquent de faire les frais de la chasse aux niches fiscales.
25 ans après la création de Garrigue, pionnier du capital risque solidaire, le paysage s’est largement étoffé avec l’émergence d’opérateurs plus institutionnels et à la surface financière beaucoup plus importante. La coopérative financière Garrigue a été fondée en 1985 par une vingtaine d’individus. Ces sociétaires ont mutualisé leur épargne pour investir dans des entreprises en création ou en développement choisies pour la plus value sociale et environnementale qu’elles procurent. Le critère de rentabilité financière, sans disparaître, devenait secondaire. A l’époque, le commerce équitable, les énergies renouvelables, les entreprises d’insertion étaient à peine émergents et Garrigue fut l’un des premiers à apporter un soutien financier qui est aujourd’hui quasi généralisé. « Nous sommes bien dans une logique d’épargne citoyenne et pas de dons, rappelle Laurent Pinon, membre du directoire de Garrigue. L’argent investit impose une responsabilité de la part du créateur d’entreprise. » Aujourd’hui Garrigue regroupe 800 sociétaires, un capital de 3,7 millions €, en hausse de 23 % sur les six derniers mois.
