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Le capitalisme vert, nouveau stade du capitalisme ?

Article de Mouvements du 17/02/10 par Maxime Combes

Mots clés :

mercredi 10 mars 2010 , par Guillaume Chocteau (Ressources Solidaires)

À propos de l’ouvrage de Dominique Nora, "Les pionniers de l’or vert", Grasset, 2009.

Capitalisme vert ? Emplois verts ? Technologies vertes ou propres ? Vit-on une transformation profonde de notre modèle économique ? L’hypothèse est captivante : la raréfaction des énergies fossiles – plus largement celle des ressources naturelles – et/ou bien la lutte contre le réchauffement climatique, vont renchérir le prix relatif de la production « classique » et rendre rentables de nouvelles technologies ou processus industriels supposées être « verts ». C’est l’hypothèse de base des hérauts d’un « capitalisme vert ». Pourtant, à ce jour, impossible de différencier ce qui est vert de ce qui ne l’est pas par un seuil chiffré, mesurable et accepté. Comment différencie-t-on un emploi vert d’un emploi non vert ? La ou les normes ne sont pas fixées et la bataille est engagée pour savoir quelle grandeur utiliser. Les enjeux sont décisifs. Par exemple, se limiter au CO2 émis – ou n’importe quel autre gaz à effets de serre – revient à cautionner des technologies ou processus de production faiblement producteurs de CO2 mais peut-être tout autant nocifs pour l’environnement, comme le nucléaire. C’est le carbocentrisme, largement suscité par Kyoto. Le plus souvent, les pistes technologiques ou industrielles devant nous mener au « capitalisme vert » se limitent à la réduction des émissions de GES.

Telle est la première leçon de la lecture des Pionniers de l’Or Vert, de Dominique Nora . Qu’ils s’appellent Eon Musk, Shai Agassi, Saul Griffith, Bill Gross, Matt Golden, ces « pionniers de la nouvelle frontière américaine » sont le plus souvent à la recherche du Graal alternatif aux énergies fossiles, pour faire « sortir l’humanité de son addiction au pétrole ». Se positionnant sur les nouveaux marchés de ce qu’ils pensent être une nouvelle révolution technologique, ces hommes d’affaire investissent des centaines de millions de dollars dans le solaire, l’éolien, le carburant à base d’algues, la voiture électrique, etc…persuadés de tenir là les technologies qui vont nous faire entrer dans une économie décarbonnée.

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