Jean Lardin est une personnalité haute en couleur qui n’a pas sa langue dans sa poche. Depuis janvier 2010, et pour trois ans, cet Aveyronnais de 63 ans, qui a une petite entreprise d’électricité, préside l’Union professionelle artisanale (UPA), la plus petite des organisations patronales, derrière le Medef et la CGPME. Le 20 octobre, l’UPA va présenter, lors de son congrès national, un livre blanc, intitulé "penser autrement", qui contient 28 propositions à l’attention des politiques. "J’ai invité le président de la République, a raconté drôlement M. Lardin, mais il est en pleine préparation du G20 , il est excité comme une puce". Le patron des artisans est en tout cas prêt à accueillir le candidat socialiste à la présidentielle - Martine Aubry a déjà donné son accord - et il a invité Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP.
Dans l’artisanat, qui compte 250 métiers, "il y a des relents poujadistes qui sont toujours prêts à se réveiller", a affirmé M. Lardin. Le président de l’UPA s’exprimait, le 22 septembre, devant l’association Réalités du Dialogue social (RDS). Présidée par Jean-Paul Guillot, elle regroupe des responsables d’entreprises et de l’ensemble des organisations syndicales et patronales représentatives qui militent pour "un système performant de relations sociales". Créée en 1975, et reconnue représentative par la gauche en 1983, l’UPA a dû batailler avec le Medef et la CGPME pour se faire une place. "Les terrains les plus fertiles étaient entourés de piquets, se souvient M. Lardin. Nous sommes arrivés dans un désert et il fallait exploiter les friches".
