Les SCOP, un modèle qui séduit les jeunes entrepreneurs

Union Régionale des SCOP (Provence Alpes Côte d’Azur - Corse)
> Les SCOP, un modèle qui séduit les jeunes entrepreneurs

Publié le vendredi 8 janvier 2016

Les SCOP n’en finissent pas de séduire ! Parmi celles et ceux qui font le choix de ce modèle entrepreneurial démocratique, les jeunes entrepreneurs se trouvent dans le peloton de tête. Pourquoi font-ils ce choix ? Comment vivent-ils cette expérience ? Explications avec l’Union Régionale des SCOP PACA Corse et les SCOP du territoire.

L’entreprise sous forme de SCOP semble rencontrer un succès grandissant auprès des jeunes : 15 % des entreprises coopératives sont dirigées par des jeunes de 18 à 35 ans. La SCOP, qui présente nombre d’avantages pour la mobilisation des capitaux nécessaires à la création ou la reprise d’une activité, répond aussi aux aspirations des jeunes entrepreneurs qui accordent une importance grandissante à un retour sur investissement davantage humain que financier.

Souvent à la recherche d’outil collaboratif, adepte des espaces de coworking et connectée aux différents réseaux sociaux, cette génération se tourne vers des modèles d’entreprises qui permettent de penser l’organisation de manière horizontale : l’un des principes même de la SCOP. Chez les jeunes, 70 % des coopératives sont issues de projets de création ex-nihilo, les 30 % restants découlant de transformation, reprise ou transmission. Avec 9% de transmission à des jeunes, il semblerait aussi que les dirigeants-cédants font confiance à la jeunesse !

En région PACA, le bilan s’inscrit dans cette tendance. Illustrations avec 3 SCOP innovantes et dynamiques.

- PHONE ALCHEMIST – Fournisseurs de service de micro-paiement

L’alchimie des temps modernes
Phone Alchemist est la marque lancée par deux jeunes bacheliers en 2008. Guidé par l’envie d’entreprendre différemment, ces jeunes entrepreneurs cherchent dès la création de leur SARL un modèle qui leur correspond davantage. Ils franchissent le cap en 2013 en passant au modèle SCOP.
Phone Alchemist est un fournisseur de services de micro-paiement qui permet de monétiser son forfait téléphonique ou en d’autres terme de convertir en euros un forfait téléphonique. Une alchimie moderne qui permet à ceux qui ne possèdent pas de carte de crédit de se créer un porte-monnaie électronique et de faire des achats en ligne. A l’initiative de ce projet, deux jeunes bacheliers qui ont la volonté d’entreprendre différemment dans le plus grand respect de l’environnement et de l’humain.
Aujourd’hui, phonealchemist.com est utilisé par plus de 200 000 clients en France, en Belgique, en Suisse et au Luxembourg. L’entreprise, qui s’est transformée en SCOP en 2013, compte désormais sept personnes. La clé de son succès repose sur le concept innovant de ce projet, qui mené par cette équipe soudée et dynamique, ne cesse d’évoluer dans un secteur d’activité en changement perpétuel.
Comme l’explique Joaquim Bourquardez, 25 ans, gérant de l’entreprise : « Le choix de la société coopérative coulait de source. Dès notre création, nous avions envie de former une communauté productive et lorsque nous avons découvert le modèle SCOP l’évidence était là. Ce modèle nous a permis d’instaurer une véritable horizontalité dans notre équipe, primordiale à notre sens dans la libération des énergies et des idées. Aujourd’hui, la prise de décision collective facilite la gestion des diverses problématiques d’une entreprise ». Fortement engagée, l’équipe a choisi de contribuer à son échelle à rendre le monde meilleur et consacre 5% de son bénéfice annuel au financement de projets écologiques, humanitaires, sociaux ou artistiques.

- PAUSE DEJEUNER

Paniers repas
Le panier repas malin et bon pour l’économie locale
Confectionner des paniers repas sains, équilibrés, inventifs avec des produits
biologiques issus de l’agriculture locale, telle est l’idée de Sabine Ibanez et Amandine Alleaume qui lancent en 2014 la SCOP Pause Déjeuner, à Brignoles.
Un parfait exemple d’engagement pour une entreprise plus égalitaire qui participe au développement du tissu économique local.
Les deux jeunes femmes âgées de 35 et 36 ans, passionnées de cuisine, souhaitaient créer une entreprise sur leur territoire et pour le territoire.
Elles ont imaginé cette entreprise hors du modèle de développement classique : une entreprise plus démocratique et plus égalitaire. La SCOP est donc le modèle qui s’impose au duo.
Les deux jeunes femmes créent ainsi Pause Déjeuner et deviennent alors co-gérantes.
« Avec ce modèle SCOP, nous avons créé une entreprise à notre image basée sur le partage des responsabilités mais aussi des bénéfices. Nous espérons que nous pourrons prochainement recruter d’autres personnes dans cette aventure. » explique Sabine Ibanez.
Depuis sa création, Pause déjeuner rencontre un vif succès, avec la vente de ses paniers repas et un service traiteur, auprès des entreprises et collectivités de la région mais aussi des particuliers.
Le secret de cette réussite ? Des produits de saison et de qualité toujours cuisinés de manière gourmande et insolite. Ils sont mis en scène de manière originale dans des bocaux de verre et ce, afin de réduire les emballages et les déchets.
En effet, Pause Déjeuner s’inscrit dans une économie non seulement locale mais aussi circulaire et respectueuse de l’environnement.

AQU’TER
Bureau d’études en géosciences
Aqu’ter, la première pierre des projets

Implantée à Gap, la SCOP Aqu’ter est un bureau d’études en géologie (géotechnique, assainissement non collectif et hydrogéologie)qui réalise des études
de sol dans le domaine de l’ingénierie. Son fondateur, alors âgé d’une vingtaine d’années au lancement de l’activité, souhaitait créer une entreprise qui lui ressemblait. En 2009, Guillaume Raspini lance Aqu’teret place une partie des activités au sein de la SCOP Coodyssee, coopérative d’activité et d’emploi, principalement pour des raisons de sécurité de l’emploi et de gestion des assurances. C’est ainsi qu’il découvre ce modèle et adhère à son principe. Il attendra de rencontrer ses deux associés, Laurie Plisson et Julien Tessier, avec lesquels il partage les mêmes valeurs, pour transformer Aqu’ter en SCOP en 2014.
« Outre la satisfaction et le plaisir que nous trouvons dans notre travail grâce à ce mode de fonctionnement plus démocratique et donc plus juste, nous défendons à travers le modèle SCOP nos idées. Pour nous, il est important de pouvoir créer, développer et transmettre un outil de travail qui offre de l’emploi et participe à l’essor économique de notre territoire » précise le gérant de la SCOP.

Tourné vers l’accomplissement des personnes et non pas uniquement vers l’accumulation de richesses, ce modèle permet aux jeunes entrepreneurs de s’épanouir pleinement dans leur travail grâce à une prise de décision partagée et une répartition équitable des recettes. Ils ont depuis embauché un salarié.

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