Ainsi, la Commission ayant noté un ralentissement sensible de la croissance du PIB mondial entre 1990 et 2003, déclare « que cette situation dément les prévisions les plus optimistes quant à l’impact bénéfique de la mondialisation sur la croissance ». Autre constat de la Commission, cette situation a notamment comme conséquence l’augmentation du chômage à l’échelle mondiale et l’accroissement des inégalités et de la précarité.
Cela démontre au passage selon FO, l’échec des théories du « partage du travail et des salaires ». La Commission prône d’ailleurs une politique économique, tant à l’échelle mondiale qu’au niveau des nations, fondée sur la croissance et l’emploi, affirmant là encore l’échec du libéralisme : « un grand accès aux marchés n’est pas une panacée » ! La Commission appuie ainsi la nécessité de redonner la primauté « aux personnes » sur l’économie, dénonçant que le « processus actuel de mondialisation génère des déséquilibres » du fait que « richesses sont créées mais ne sont d’aucun profit pour trop de pays et trop de personnes », mettant ainsi en exergue la question essentielle de la répartition des richesses.
Force Ouvrière approuve pleinement que la Commission considère « déterminant » le rôle des Etats-Nations, tant décriés par les tenants du libéralisme économique, notamment pour « assurer une croissance économique élevée et stable, fournir des biens publics et une protection sociale, […] un accès universel à l’éducation et à d’autres services sociaux, favoriser l’égalité entre hommes et femmes ». Force Ouvrière considère que ces conclusions doivent amener à reconsidérer le bien fondé des politiques restrictives favorisant le désengagement des Etats des services publics et les remises en cause des systèmes de protection sociale (Sécurité sociale, retraite, assurance chômage) qui prévalent aujourd’hui, notamment dans les pays de l’Union Européenne.
En matière d’emploi, la Commission estime que « la plus haute priorité doit être donnée (au droit) à un travail décent », qui correspond à la revendication portée par Force Ouvrière « d’un vrai travail avec un vrai salaire ». De ce point de vue, Force Ouvrière se félicite que la Commission en appelle à « une action énergique […] pour assurer le respect des normes fondamentales du travail […] définies par l’OIT » et vues comme « un ensemble minimal de règles qui doivent s’appliquer au travail dans l’économie mondiale ».
Pour Force Ouvrière le respect des normes internationales du travail, dont les normes dites fondamentales, constitue un contrepoids essentiel à l’activité dérégulatrice des organismes internationaux tels que le FMI ou OMC.
