Emploi, Recrutement et Actualité de l'économie sociale

"Donnons du sens à nos emplois !"

Ce début d’année 2008 nous place en perspective de l’échéance électorale sans doute la moins médiatisée d’une série récente, mais elle n’en est pas la moins importante pour de multiples raisons.

Citons-en au moins deux : c’est tout d’abord une échéance éminemment démocratique, fruit de plus de deux cents ans de contributions décisives de ceux que l’on appelle aujourd’hui les « acteurs de terrain  » ; c’est ensuite une échéance très « moderne », en ce qu’elle touche l’une des facettes essentielles de notre système social morcelé, tel qu’il nous est imposé aujourd’hui : cette facette est celle de la « démocratie sociale », à laquelle est associé le « dialogue  » identiquement qualifié et auquel il est tant fait référence en ce moment.

Comment aborder cette échéance, du point de vue de l’Economie Sociale Solidaire ? Surtout, pourquoi cette place d’importance que nous voulons lui voir prendre dans notre agenda de 2008 ? Trois idées au moins peuvent être proposées pour répondre à ces questions. La première est que notre secteur se doit de promouvoir, à l’heure de la mondialisation, tout ce qui fait notre identité et, en l’occurrence, celle de nos entreprises.

Il n’est pas question ici de faire référence à un quelconque « modèle », réflexe nostalgique qui semble bien inguérissable en France et qui fait référence à différentes périodes de l’Histoire où notre pays connut un rayonnement international.

Il s’agit bien de montrer qu’il existe sur notre territoire un système unique, qui réalise au quotidien (sans le vouloir ?) certains des mots d’ordre qui nous sont assénés aujourd’hui : la « territorialisation », la « gestion directe » par les acteurs, « l’autonomie » des entreprises face à l’Etat et dont nous éprouvons quotidiennement les effets.

Le conseil de Prud’hommes est une juridiction d’exception, en ce qu’elle déroge aux règles habituelles de composition de nos tribunaux. Regardez, elle est composée de citoyens, dotés des mêmes pouvoirs que les magistrats des autres tribunaux de premier ressort ! C’est ce caractère, unique en Europe (si l’on écarte le Canton de Vaud en Suisse) et sauf erreur, dans le monde, qui mérite d’être souligné, d’autant que son efficacité ne peut être contestée ; si elle est critiquée,

c’est souvent par ceux qui la méconnaissent et s’en désintéressent. Voilà précisément ce qui justifie que l’Economie Sociale Solidaire s’implique dans son existence et le renouvellement de ses membres.

Les multiples décisions qu’elle produit régissent et sanctionnent les relations des d’autant que son efficacité ne peut être contestée ; si elle est critiquée, c’est souvent par ceux qui la méconnaissent et s’en désintéressent. Voilà précisément ce qui justifie que l’Economie Sociale Solidaire s’implique dans son existence et le renouvellement de ses membres. Les multiples décisions qu’elle produit régissent et sanctionnent les relations des femmes et des hommes qui travaillent dans les entreprises de notre pays, parmi lesquelles les entreprises de l’ESS. Nous aurons peu d’occasions d’une telle ampleur.

La seconde idée est que cet espace social est celui de la citoyenneté ; c’est en effet l’un des principes fondateurs de nos régimes démocratiques que de disposer d’une Justice proche, imprégnée des situations qu’elle a à connaître, à même d’appréhender les particularités des situations que vivent celles et ceux qui y font appel. La participation à cette élection est bien un acte citoyen dont la portée est essentielle, tant comme électeur que comme candidat.

La troisième idée est qu’il s’agit d’un lieu où notre représentativité doit être renforcée pour correspondre à ce qu’est réellement notre place dans le monde économique. Les tribunaux sont des lieux de créations de règles.

Aujourd’hui nous devons appliquer celles qu’édictent en notre nom des représentants de courants économiques dogmatiques, promoteurs d’un courant économique et financier bien particulier, dont tous, entreprises comme citoyens, souffrent de plus en plus. Nous nous devons de porter au sein de cette juridiction le témoignage d’une autre forme d’entreprise, d’un autre type de relations sociales, puisque dans l’ESS, les entreprises, ce sont les femmes et les hommes. Les intérêts qui prévalent, ce sont ceux des femmes et des hommes avant ceux des capitaux.

Les attitudes qui en découlent induisent des situations, un monde du travail bien différent, dont les contraintes et les particularités doivent pouvoir être exprimées, à coté de celles des autres entreprises.

Nous pourrions ainsi poursuivre l’argumentation, pour justifier l’intérêt de notre implication dans cette élection, en disant par exemple que nos conseillers, s’ils sont plus nombreux demain, pourront redonner à cette juridiction sa fonction première, celle de la conciliation, dont les effets permettraient d’humaniser davantage le règlement des litiges, sans cautionner les projets de réforme du Droit, qui sont autant de projets destructeurs d’un équilibre social toujours en question. Nous pourrions aussi évoquer les liens de l’ESS avec la Justice, valeur constituante de notre société et dont nos initiatives se réclament souvent, explicitement ou pas.

Nous continuerons au long des publications de la CRESS de vous tenir informés de la préparation de cette élection et pourrons durant toute l’année répondre à vos questions sur ce sujet et formons le voeux que nous serons nombreux à agir, à chaque occasion que nous donnera 2008, pour promouvoir l’Economie Sociale et Solidaire.

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