Les références écrites sont elles une nécessité ?

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Publié le vendredi 17 juillet 2015

Pour un webinaire, j’ai dû réfléchir à l’impact des situations multiculturelles dans les achats internationaux et plus particulièrement dans les achats responsables. Même si le but était de présenter la situation commune en chine, cela m’a amené à réfléchir de manière plus globale à mon métier d’auditeur.

La culture d’un pays, d’une région a bien sûr une influence sur l’ensemble des activités puisqu’on pourrait définir la culture comme la spécificité des interactions d’un groupe. La culture a donc évidemment une influence sur la pratique de l’audit, mais aussi sur la réalisation des critères et documents d’audits. Les critères et documents d’audits sont très majoritairement rédigés par des Occidentaux.

On y trouve très souvent des références comme une exigence de preuves écrites, ou la demande de la présence de signature. C’est en fait un signe culturel fort. L’écrit et la signature sont des éléments clés de l’approche occidentale. Mais elle n’est en aucun cas universelle. Pour rester sur la chine un contrat signé sera refusé. Seul le tampon est une preuve formelle.

Lors de la remise de rapport, nous avons parfois des contestations parce que nous n’avons pas trouvé de preuve écrite des écarts sur les temps de travail par exemple, car on nous a présenté de faux documents. Simultanément, nous avons des sources diverses concordantes démontrant la falsification des documents, mais bien sûr pas d’incohérences sur les documents elles-mêmes puisqu’ils ont été construits pour cela. L’absence de preuve écrite signifie-t-elle qu’il n’y a pas d’écart ? Où notre rôle se limite-t-il à une vérification documentaire ?

Plus surprenants encore, certains référentiels indiquent clairement que pour éviter le travail forcé, les usines ne doivent pas conserver les papiers d’identité des ouvriers, ou que les ouvriers doivent avoir signé un document écrit indiquant qu’ils laissent la garde de ces documents à l’usine de leur plein gré. Comment peut-on avoir confiance dans de tels documents, fussent-ils écrit et signé ? Si l’usine est capable de faire de la rétention de passeport, c’est qu’elle a un pouvoir suffisant pour cela. Elle a donc tout à fait le pouvoir de faire signer ce type de document. Dans des pays ou l’importance de l’écrit et de la signature sont faible, faire ce type de document n’est qu’un problème mineur.

Ainsi, l’une des problématiques des critères d’audits qui s’éloignent des principes pour mettre en avant des méthodes est que les méthodes sont fortement culturelles et donc souvent peu adaptées dans les autres pays.


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Guillaume Chocteau (Ressources Solidaires)

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