Les travailleurs du monde sont privés d’un accès à la justice internationale !

Confédération Générale du Travail
> Les travailleurs du monde sont privés d’un accès à la justice internationale !

Publié le mercredi 19 novembre 2014

Deux semaines après la provocation de Pierre Gattaz, enjoignant le gouvernement français à « sortir de la convention 158 de l’Organisation internationale du travail », fixant obligation aux employeurs de justifier les motifs du licenciement, le patronat mondial poursuit son attaque frontale contre le système des normes internationales du travail.

Cela fait maintenant plus de deux ans que les représentants des employeurs au sein de l’Organisation Internationale du Travail, instance multilatérale tripartite du système des Nations Unies chargée de garantir l’application d’un véritable « code international du travail », prennent prétexte d’attaques contre le droit de grève pour affaiblir les régulations mondiales en matière de travail.

Cible principale de cette offensive généralisée : le droit de grève.

Le patronat dans sa grande bonté, reconnait le droit de grève lorsqu’il est inscrit dans la constitution des états (comme c’est le cas en France) mais le refuse aux autres travailleurs du monde alors que la convention 87 sur les libertés syndicales de 1949 et sa jurisprudence d’application depuis 50 ans, sont le seul bouclier de protection pour des millions de travailleurs.

Mais derrière cette offensive contre le droit de grève, l’objectif est beaucoup plus grave : sous couvert d’un conflit d’apparence juridique c’est bien le risque de voir les droits de l’homme devenir une variable d’ajustement dans le monde des affaires qui se profile.

L’offensive vise plus largement à affaiblir durablement une institution et des règles uniques et précieuses dans le système multilatéral. Elles permettent d’opposer au courant dominant dé-régulateur de la mondialisation, des principes qui permettent de protéger et d’améliorer la condition des travailleurs, principalement dans les pays dont les législations sociales ou du travail sont les moins développées.

Le Conseil d’Administration du BIT a été mis hier soir dans l’incapacité de prendre la seule décision susceptible de régler le différend juridique qui oppose les employeurs et les travailleurs sur le droit de grève : saisir la Cour Internationale de Justice de La Haye, comme le prévoit la constitution de l’OIT.
Il est regrettable qu’un grand nombre de pays, dont ceux de l’Union Européenne et d’Amérique Latine, après avoir soutenu la revendication des travailleurs de pouvoir plaider leur cause devant la Cour Internationale, aient finalement cédé devant les manœuvres dilatoires du Patronat.

Faute de majorité au conseil d’administration, les travailleurs du monde sont pour l’instant interdits d’accès à la justice internationale ! C’est insupportable !

Le sujet n’est pas clos pour autant ; il reviendra lors d’une prochaine session du Conseil d’Administration du BIT en mars 2015.
Il est indispensable que d’ici là les initiatives se multiplient pour changer la donne !

Genève, le 14 novembre 2014
Bernard Thibault, membre du groupe des travailleur au Conseil d’Administration
du Bureau International du Travail

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