L’histoire du mouvement Emmaüs permet de lire celle des associations de solidarité en France depuis 1945. En revenant sur ses principales étapes, Axelle Brodiez-Dolino élabore une typologie des conflits qui se développent dans le monde associatif.
Qui se penche aujourd’hui sur l’organigramme d’Emmaüs, pourtant considérablement simplifié depuis le début des années 2000, ne peut qu’être déconcerté par son foisonnement. On compte ainsi pas moins de trois branches (communautaire, action sociale et logement, économie solidaire et insertion) : la première composée de sept « familles » de communautés, aujourd’hui nivelées ; la seconde de cinq très grandes associations [1] et treize petites ; la troisième de 37 « comités d’insertion », 24 « structures d’insertion », 15 structures « Le Relais » et 24 plateformes textiles. Et encore plusieurs organisations nées dans le giron de l’abbé Pierre se sont-elles émancipées : parmi les plus connues ATD-Quart-monde, Artisans du Monde, les Banques alimentaires, Peuples solidaires ou le réseau ENVIE (réinsertion sociale et professionnelle par la récupération électro-ménagère).
