Livre "Le livre noir de l’animation socioculturelle"

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Publié le mardi 1er octobre 2013

1901-2001 : la France fête le centenaire de la loi 1901. En de nombreux endroits du territoire le monde associatif et l’Etat tiennent des manifestations festives célébrant les vertus démocratiques de leurs quotidiennes alliances. Les associations du secteur de l’animation socioculturelle, héritières pour une bonne partie d’entre elles de l’éducation populaire, ne manquent évidemment pas à l’appel. A l’aune du discours des uns et des autres, à quelques détails près, tout irait bien dans le meilleur des mondes. Les associations constitueraient la condition nécessaire du bon fonctionnement de l’Etat républicain et de sa capacité démocratique.

De surcroît, ce secteur de l’animation apparaît comme un nouvel eldorado en matière d’emploi. 2001 : voici cinq ans que l’Uspaoc-Cgt, L’union des syndicats CGT des Personnels de l’animation et des Organisations Sportives et Culturelles a confié la coordination de cet ouvrage à Marion Peyre. Cette organisation syndicale de salariés couvrant les branches de l’animation, des centres sociaux et du sport, constate une montée en charge sans précédent du nombre de cas de harcèlement moral, et une détérioration et juridicisation croissantes des rapports sociaux. Sous l’effet simultané de la décentralisation et des politiques publiques contractuelles se dessinent de plus en plus nettement de nouvelles configurations du travail social. Dans les champs conventionnels ici questionnés, celles-ci se traduisent par un double mouvement de professionnalisation et de précarisation des salariés. Situés à l’interface de la gestion de la commande publique et de la production d’un discours associatif saturé de valeurs, le salarié est de plus en plus soumis à des injonctions paradoxales et aux normes néo-tayloriennes de mobilisation de la force de travail : ici, probablement plus qu’ailleurs, le capitalisme s’appelle " développement ", la domination s’appelle " partenariat ", l’exploitation s’appelle " gestion des ressources humaines ", et l’aliénation s’appelle " projet " ! Prenant acte de ce grand écart permanent entre discours et réalités, invisible aux yeux mêmes d’une majorité d’acteurs du système, cet ouvrage collectif et syndical donne la parole aux salariés, et tente d’apporter un autre éclairage sur la réalité des rapports de domination - et leurs déterminants - à l’œuvre dans ce secteur.

Détails sur le produit

Broché : 268 pages
Editeur : Editions L’Harmattan (1 novembre 2005)
Collection : Questions Contemporaines
Langue : Français
ISBN-10 : 2747591808
ISBN-13 : 978-2747591805
Dimensions du produit : 24 x 15,8 x 2,2 cm

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Messages

  • bonjour,

    j’ai lu ce livre, j’étais alors salarié associatif dans la culture.
    "Malheureusement" pour avoir vécu au plus près de l’univers salarial associatif culturel, je peux dire que ce livre est un reflet très exact du terrain.Entre faux semblants et hypocrisies des discours des secteurs administratifs et directionnels, il faut rester très vigilant.
    On trouve des conseils d’administration "de paille" qui ne servent à rien si ce n’est de justifier l’existence légale de l’association, ces mêmes conseils d’administrations qui restent aux abonnés absents dès qu’il s’agit d’affronter le moindre problème de condition de travail, ou pire , ils font preuve du dénigrement du salarié et ces compétences intellectuelles, "si on ne peut s’attaquer aux propos, attaquons nous à l’homme" semble être leur devise.
    On trouve du copinage et du népotisme familial aux postes clès afin de garantir l’exploitation illégale de catégories entières de salariés.
    Les délégations du personnel sont très rares et quand elles existent, elles ne sont bien souvent que le porte voix d’une direction toujours prête à justifier des régimes salariaux scandaleux pour certains salariés ou la création d’emploi quasi fictif pour d’autres.
    la justice n’est pas en reste puisque par le jeu des relations à l’échelle locale, il est parfois très difficile d’obtenir gain de cause.
    Quand aux salariés courageux qui osent se battre pour le respect de leur droit, leur première récolte est mépris , licenciement et avenir professionnel fermé.Ensuite ils se trouvent face à l’isolement et l’absence de solidarité du secteur pour leur cause.

    Pendant ce temps, la société du spectacle fait son œuvre en utilisant toutes publicités possibles pour jouer le jeu des apparences un peu comme un beau restaurant dont on ne voit jamais la cuisine tant elle est sale.

    Ce constat est construit sur du vécu et non sur une quelconque forme de fabulation ou de fantasme.

    Arrangements, magouilles et fourberies se complaisent dans un milieu ou la culture est bien le dernier des enjeux et des soucis.

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Guillaume Chocteau (Ressources Solidaires)

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