M. Macron : l’emploi vous dit merci... mais ce n’est pas suffisant !

Chômage
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Publié le mercredi 10 mai 2017

"Combattre les emplois précaires" : Oui ! Mais sans pénaliser les employeurs
"Former les personnes peu qualifiées" : Oui ! ... Mais sur les métiers pénuriques !

Stéphanie Delestre, fondatrice de Qapa.fr, partenaire emploi de tous les français, souhaite tous les succès possibles pour le nouveau Président des Français. Mais la question de l’emploi reste cependant auréolée de doutes et de complications.

Emmanuel Macron : pénaliser l’entreprise à cause d’une méconnaissance du marché du travail ?
Selon les propos de M. Macron : "le deuxième chantier sera celui de la socie ??te ?? du travail. Dès le début du quinquennat, je demanderai au gouvernement de simplifier le droit, de re ??former l’assurance chômage pour en faire un droit universel avec des exigences nouvelles pour chacun. Cela s’accompagnera d’un plan inédit pour la formation et la qualification de nos concitoyens les plus fragiles. Je veux par la ?? créer des emplois, protéger efficacement chacun et améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs. Nous combattrons la pre ??carite ?? en responsabilisant les employeurs. Nous créerons un bonus-malus sur l’assurance-chômage. Les employeurs qui entretiennent la pre ??carite ?? en recourant exage ??re ??ment aux contrats courts paieront plus de charges, ceux qui cre ??ent des emplois stables en paieront moins."

Ces déclarations montrent une méconnaissance de la réalité du marché du travail et de la vraie vie des entreprises. En effet, le domaine des ressources humaines (RH) fait l’objet d’une évolution rapide sous la pression des besoins et des contraintes des entreprises, des salariés et de l’Etat :
- Côté entreprises, la qualité et l’adaptabilité de la production et des services est un critère essentiel pour maintenir et augmenter ses parts de marché dans un contexte toujours plus ouvert et compétitif ;
- Du coté des pouvoirs publics, la lutte contre le chômage est déjà une priorité de l’Etat depuis plusieurs décennies ;
- Le passage à l’échelle des procédures RH usuelles fait face à trois difficultés principales :
1. le volume : e.g. augmentation du nombre de candidats au recrutement,
2. la variété : e.g. nombre de compétences, de niveaux, diversité des formations,
3. la vélocité : évolution rapide des besoins, des demandes et du contexte.

Donc l’augmentation de la difficulté à recruter encourage l’externalisation des risques RH par les entreprises.

La DARES annonce que 92% des contrats d’embauche sont des CDD et des contrats d’intérim. Si la lutte contre le chômage est vraiment une décision de votre nouvelle présidence alors pénaliser à nouveau les entreprises qui embauchent est une erreur.

La formation : oui ! Mais pour qui ?
"Nous engagerons un effort national de formation sans pre ??ce ??dent. Nous formerons 1 million de jeunes et 1 million de demandeurs d’emploi peu ou pas qualifie ??s et aujourd’hui sans perspectives".

Si le chômage est un problème majeur pour la France (plus de 10% en 2015), le segment des actifs non qualifiés est particulièrement touché. Selon l’Observatoire des Inégalités (janvier 2015), le taux de chômage des non diplômés est presque trois fois plus élevé (17%) que celui des personnes qui disposent d’un diplôme niveau bac+2 (6%). Chez les non diplômés de moins de 29 ans, le taux de chômage n’est pas loin de 40%.

La formation mobilise pourtant en France des financements considérables : 34 milliards d’euros, soit l’équivalent de 2 % du PIB. Mais « Malgré cet important effort consenti par la nation et en dépit de multiples réformes, notre système de formation professionnelle peine toutefois à répondre aux exigences nouvelles qui lui sont assignées en termes d’accès à une qualification pour tous les jeunes, de développement des connaissances, des capacités et des compétences de la population active, et d’accompagnement de la gestion prévisionnelle des emplois et de la mobilité des salariés. » (Cour des Comptes Rapport public thématique « La formation professionnelle tout au long de la vie »).

Alors, oui, l’engagement va dans le bon sens mais il est primordial de mobiliser tous les financements sur les bonnes personnes et surtout de les former sur les métiers pénuriques qui pullulent en France : chauffeurs-livreurs lourds et super lourds, caristes, gestionnaires de paie, mécaniciens poids lourds, agents de quai, préparateurs de commande, téléconseillers . Juste avec ces formations là, le chômage baisse !

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