Mandragon, la plus grande coopérative d’Europe

Extraits de la lettre du PCF d’Octobre 2005

Confédération Générale des SCOP
> Mandragon, la plus grande coopérative d’Europe

Publié le jeudi 15 décembre 2005

Mondragon Corporation Co-opérativa (MCC) est un groupe coopératif situé au Pays Basque espagnol. En 1956 naît la coopérative Ulgor sous l’impulsion du jeune prêtre José Maria Arizmendiarrieta, qui après les déchirements vécus par les Espagnols clame « Savoir, c’est pouvoir. Les idées nous séparent, les besoins nous unissent » Les fourneaux et cuisinières Fagor se vendent rapidement.

Dans l’Espagne franquiste la demande est très forte et la concurrence inexistante. Depuis 1943, la ville dispose d’une structure d’enseignement professionnel créée par José Maria et démocratiquement administrée.

L’ampleur de l’initiative gêne rapidement le régime de Franco et la bourgeoisie locale. En 1958 le gouvernement exclut les coopérateurs des droits de la sécurité sociale générale. Désormais José Maria et les coopérateurs savent que leur système a besoin de ses propres armes financières et organisationnelles.

La coopérative réplique. Elle créé une mutuelle qui deviendra un système mixte qui gère à la fois des prestations de sécurité sociale et de capitalisation.

Parallèlement elle crée en 1959 la Caja Laboral Popular une banque coopérative qui finance les coopératives.
En 1964 le premier groupe coopératif régional est mis en place. C’est une organisation fédérale qui met en oeuvre des synergies pour atteindre une taille critique et permettre un déploiement progressif du groupe sur toute l’Espagne.
C’est en 1990, après 35 ans que le groupe atteint sa forme actuelle.

Aujourd’hui, troisième groupe industriel espagnol, avec un chiffre d’affaires de 9 232 millions d’euros (2002) le Groupe comprend plus de 218 entités situées en Espagne et dans 14 pays étrangers. Il compte presque 70 000 salariés (25.000.en 1993).

Mondragon a toujours été un groupe très centralisé et hiérarchisé. Aujourd’hui chaque coopérative appartient à un sous-groupe sectoriel, plusieurs sous-groupes constituent une division. Les sept divisions industrielles, le groupe financier et le groupe de distribution sont coordonnés par des organes de direction centraux dont le Conseil Général et le Congrès Coopératif.

MCC est très fortement organisé en réseau. Presque toutes les dimensions d’intégration de l’économie y sont mises en œuvre.
Dans le sens horizontal c’est la mise en commun de ressources et de services tels que l’administration générale ou la technologie. C’est la mutualisation des coûts et des risques en cofinançant leurs centres de recherche, leur université ou leur propre système de sécurité sociale.

Il existe aussi des alliances technologiques pour le design par exemple.
Dans le sens vertical l’examen est aussi intéressant, car en France, bons nombre de coopératives de production ne peuvent échapper à la sous-traitance pour de grands groupes français ou internationaux. Dans la division des composants par exemple, la coopérative Consonni produits des éléments de chauffage pour les lave-vaisselle, machines à laver et sèche-linges, tandis que la coopérative Copreci fabrique les dispositifs de contrôle et les pompes électriques pour ces mêmes appareils, les thermostats et les composants électroniques pour les cuisinières. Ensuite, dans la division d’électroménager, la coopérative Fagor finit les produits en assemblant les appareils. Selon la même logique des liaisons sont établies entre la division composants et les coopératives de l’automobile ou celles de l’industrie des machines outils.
Sur le plan financier c’est aussi une véritable solidarité qui est organisée : le prêt interentreprises et les participations croisées font partie des engagements que chaque coopérative accepte au départ. Une péréquation par transfert des profits sur la base de 20% des résultats annuel est aussi organisée.

MCC présente d’autres particularités
- très « encastré » dans son territoire, MCC préserve l’emploi pour le peuple basque, qui en retour dépose massivement son épargne aux guichets de sa banque.,
- la concentration territoriale permet de partager entre coopératives services de transports et de restauration,
- la solidarité vis à vis de l’emploi c’est l’engagement que souscrivent toutes les coopératives de réaffecter à l’intérieur du groupe les salariés en surnombre lorsqu’une coopérative traverse une période difficile,
- sur le plan technique les coopératives sont reliées par un serveur Internet qui comporte aussi un portail d’achat pour renforcer le pouvoir des coopératives

Mondragon,, un groupe qui a lui seul représente le double des Scop françaises. Montre-t-il aussi des limites ?
Seulement la moitié des effectifs est aujourd’hui membre des coopératives. La moitié des entités de sont pas sous forme coopérative car l’expansion internationale se fait exclusivement par création ou rachat d’entreprises classiques. Des réfrigérateurs sont fabriqués au Maroc, des autocuiseurs en Chine et des composants électroniques en Pologne. « Notre objectif est de créer, au fil du temps, des coopératives à l’étranger, mais cela ne dépend pas que de nous » explique le porte-parole du Groupe.
MCC allie donc un noyau coopérateur à une périphérie capitaliste, et une stratégie de délocalisation.

Sources : Participer Magazine de la Coopération de production www.scop.coop - Le réseau : une solution pour les coopératives Isabelle Halary Université de Reims Ceras-Lame-Omi

Vous avez apprécié cet article ? Soutenez Ressources Solidaires :

Participer

Notez cet article et partagez-le avec votre réseau

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • Se connecter
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sylvie Mayer (PCF)

Mots clés

Ailleurs sur le site...

Proposer un contenu

Offres en cours

Postuler à une offre Diffuser une offre

Réseaux sociaux