Natixis : le projet « Atlas » visant à délocaliser les activités informatiques au Portugal (600 emplois concernés) témoigne de l’irresponsabilité sociale de la banque à l’ADN pourtant mutualiste

Syndicats de salariés
> Natixis : le projet « Atlas » visant à délocaliser les activités informatiques au Portugal (600 emplois concernés) témoigne de l’irresponsabilité sociale de la banque à l’ADN pourtant mutualiste

Publié le lundi 19 septembre 2016

L’ensemble des organisations syndicales et le Comité Central d’Entreprise de Natixis s’interrogent sur les réelles motivations, la stratégie, la réalité économique et l’évaluation pertinente des risques liés à ce projet

L’option France n’a pas fait l’objet d’une analyse poussée alors qu’elle reste la solution la plus viable pour l’entreprise

L’ensemble des organisations syndicales et le comité Central d’Entreprise de Natixis dénoncent une attitude irresponsable de la banque en termes de solidarité nationale mais également de responsabilité sociale. Outre le fait que Natixis applique une stratégie contraire à sa politique RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale) et aux valeurs qu’elle prône, les organisations syndicales et le CCE s’étonnent qu’elle aille jusqu’à se détourner même de son ADN de banque mutualiste à fort ancrage local. Pire, les raisons économiques invoquées restent encore à démontrer. L’optimisation des coûts mais surtout les risques encourus sur la mise en œuvre de cette stratégie de délocalisation au Portugal sont à étudier de près.

Projet « Atlas » ou la suppression de 600 emplois en France au profit du Portugal. Rappel des faits.

Le projet Atlas présenté au CCE de Natixis a pour objectif de faire réaliser une économie sur les coûts informatiques du groupe de l’ordre de 4% au maximum, avec une estimation chiffrée à 27 millions d’euros par an d’économie en choisissant le site de Porto. La mise en œuvre de ce plan se traduirait par les mouvements d’effectifs suivants :
- Le remplacement d’équivalent temps plein (ETP) de 600 prestataires externes par des internes au sein d’une nouvelle entité du Groupe Natixis qui serait localisée au Portugal (soit la suppression de 600 emplois en France).
- Une diminution du recours aux prestataires externes de150 personnes.
- L’annonce de la création de 150 postes en interne au sein de la DSI France.

Au total, c’est à l’horizon 2019, la non reconduction de contrats prestataires représentant 900 emplois à plein temps.

Les raisons invoquées sont l’optimisation des coûts, la concentration des activités sur le cœur de métier et l’accroissement de la flexibilité organisationnelle afin d’augmenter la performance et la compétitivité internationale de la banque du groupe BPCE.

Un projet contraire à la politique RSE de Natixis et surtout à son ADN de banque mutualiste
- Natixis met en avant sa politique de responsabilité sociétale (« Consciente de sa responsabilité sociale et environnementale, Natixis met en œuvre une politique de développement durable qui vise à diminuer son impact sur l’environnement, participer au progrès social et s’ouvrir sur la société civile. Cette politique s’applique tant dans ses métiers que dans son fonctionnement, avec une implication toujours plus forte des collaborateurs. » source site web Natixis) mais n’en respecte pas les principes fondamentaux : les femmes et les hommes ainsi que le maintien de ses activités nécessaires au bon maillage territorial.
- Natixis est profondément ancrée dans les territoires. Oublier cet ancrage, c’est oublier son histoire, ses valeurs, son rôle et ses devoirs de banque mutualiste.

Un parti-pris flagrant dans les analyses réalisées menant à une décision stratégique surprenante

A la lecture des documents communiqués au CCE par la Direction et des éléments complémentaires fournis toujours en cours d’étude, il apparaît de façon flagrante que la localisation en région des services informatiques (Bordeaux, Nantes, Caen, Reims, Toulouse…) n’a jamais été une option. Et la raison économique, critère numéro un pour optimiser les coûts, est tout aussi discutable : les données à disposition montrent une économie de 27 millions d’euros en externalisant les emplois à Porto…l’économie serait de 15 millions d’euros en implantant l’activité en Province. Et encore, les subventions et autres aides restent à identifier. Surtout en régionalisant les activités liées aux services informatiques, on éviterait tout risque opérationnel.

Ces points suffisent à nous interroger sur la bonne conduite des décisions stratégiques prises par la direction.

Une absence de patriotisme économique à dénoncer
Enfin, alors que le pays est tous les jours durement touché par les suppressions d’emplois, il semble invraisemblable que Natixis, sauvée de la faillite par l’état et donc par les contribuables français (7,8 milliards d’euros en 2009), ne daigne pas considérer son propre pays dans sa politique d’optimisation des coûts ! Au-delà d’un manquement à la solidarité nationale, il y a là un mode de gouvernance plus que dénonçable et critiquable. Rappelons par ailleurs que Natixis a bénéficié de 7,9 millions d’euros en 2015 au titre du CICE (Crédit d’Impôt et Compétitivité Emploi).

Porte-paroles :
CCE de Natixis : Nicolas Getti
CFDT : Jean Luc Donore
CFTC : Jean Noel Tribolo
CGT : François Duchet
SNB : Laurent Jacquel
UNSA : Isabelle Viel

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