Il n’est pas habituel que l’UNSA fasse des prévisions pour la rentrée sociale.
Nous l’avons souvent dit et répété, prévoir la météo sociale dans un pays comme la France est un art difficile et risqué.
Mais il apparaît pourtant, que cette rentrée 2010, pourrait être celle de tous les dangers, pour les salariés, les retraités et... le gouvernement.
Cela fait deux ans maintenant, qu’à la suite de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, éclatait la plus grave crise financière que le monde ait connue depuis les années 1930. Cette crise financière, due à un capitalisme financier dévoyé, a entrainé une crise économique et sociale d’une ampleur terrifiante. Les victimes : les salariés, les retraités et les jeunes qui ont de plus en plus de mal à trouver du travail.
En juillet l’OCDE estimait qu’il faudrait créer 17 millions d’emplois dans les pays industrialisés pour y retrouver le niveau de chômage d’avant la crise. Nous en sommes très loin. L’emploi précaire a explosé. C’est ainsi que prés de 80 millions de personnes sont en sous emploi dans les pays de l’OCDE.
En France malgré un frémissement de la croissance, sur un an, ce sont 30.000 emplois qui ont disparu.
Le plan de redressement des finances publiques pour la période 2011-2013, qui prévoit 100 milliards d’euros d’économie, va avoir pour effet, entre autre, une forte diminution des dépenses sociales. C’est ainsi qu’est programmée une diminution du nombre des emplois aidés, dont le nombre va passer de 400.000 à 340.000 l’an prochain.
Dans le même temps la baisse de l’emploi public continue. Dans des secteurs comme l’éducation et la police le gouvernement tape désormais dans le bois dur et ce sont les missions essentielles de ces services publics qui sont remises en cause. Et cela même, alors que le virage sécuritaire de cet été s’est employé à nier une évidence : le renforcement de la sécurité passe par davantage de policiers sur le terrain et non l’inverse.
Alors que la consommation intérieure est le seul moteur qui tire la croissance française, le pouvoir d’achat stagne dans le secteur privé et va baisser fortement dans la fonction publique suite au gel annoncé des salaires des fonctionnaires.
Pour l’UNSA il est à craindre que cet assainissement budgétaire à marche forcée ne casse la faible croissance que nous connaissons et se traduise par une augmentation du chômage. Comme les médecins de Molière, le gouvernement à force de purger le malade va finir par le tuer !
Cette politique de rigueur n’est pas propre à la France. Elle est appliquée par de nombreux pays européens et risque de ce fait d’amplifier les effets dépressifs.
C’est la raison pour laquelle tous les syndicats européens qui contestent une telle politique ont décidé d’organiser, sous l’égide de la CES, une grande journée de mobilisation à Bruxelles le 29 septembre prochain. L’UNSA bien sûr en sera et fait de cette journée une date importante de la rentrée sociale.
Pour notre pays sur ce fond de tableau, plus que sombre, s’ajoute la réforme des retraites, que l’UNSA conteste, parce qu’injuste.
L’intersyndicale, qui s’est réunie le 23 août, veut imposer ses revendications. Toutes les organisations syndicales, hormis FO, sont signataires du texte.
A n’en pas douter, la journée du 7 septembre sera suivie d’autres actions. Mais ce 7 septembre nous dira le degré de mobilisation des salariés et des retraités.
Il est à parier que, contrairement aux souhaits de certains, la période estivale n’aura pas entamé leur détermination. En ce qui nous concerne, malgré une date de mobilisation difficile, nous ne devons pas rater ce rendez-vous qui sera déterminant pour la suite. Nous devons égaler, sinon dépasser, la journée du 24 juin.
Plus que jamais cette rentrée doit être placée sous le signe de la combativité. Au-delà du sujet des retraites il importe que le syndicalisme puisse peser sur les choix qui engagent la politique économique et sociale de notre pays pour les mois qui viennent.
Alain Olive, secrétaire général de l’UNSA.
