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Quels rapports solidaires pour contribuer à la construction d’une alternative sociale ?

Intervention de François Soulage, Président, du 09/12/03

Mots clés :

mercredi 31 mars 2004 , par Guillaume Chocteau (Ressources Solidaires) (Date de rédaction antérieure : 9 décembre 2003).

Nous militons pour « le droit aux vacances pour tous », cela signifie que nous refusons que ce droit puisse être limité par des mécanismes de marché. Ce droit est essentiel pour les salariés, mais il l’est aussi pour tous les citoyens, c’est une marque de la citoyenneté. L’inégalité dans l’accès à ce droit se marque très fort sur le terrain. Dans ma commune, Nanterre, dont je fus Conseiller municipal durant 12 ans, 40% des personnes (en particulier jeunes et retraités) ne partent jamais. Comment peut-on accepter cette situation fondée sur le fait que le départ en vacances est aujourd’hui devenu une marchandise et non plus un droit ? Ce que nous avons fait ensemble il y a 40 ans était complètement nouveau et a permis des avancées essentielles, mais ne perdons pas l’élan. Le Chèque-Vacances a été une nouvelle avancée. Son volume d’émission montre le succès, mais trop de salariés, de précaires, d’intérimaires n’y ont pas droit. Nous avons signé une déclaration commune et déjà nous voyons les 1er résultats. Nous essayons d’aller plus loin en travaillant avec la Commission Economique et Sociale sous l’égide du BITS. A l’intérieur même du tourisme social, nous ne sommes pas toujours clairs sur les questions de personnel. Nous devons par exemple nous attaquer sérieusement à la question des saisonniers que le secteur du profit ne veut pas examiner.

Les expériences de « Maison des saisonniers » sont à développer. Enfin, nous-mêmes devons veiller à ne pas entrer en compétition, c’est ce que nous faisons en commercialisant sous une même marque « Loisirs de France ». Nous avons certes une volonté de transformation sociale mais les hommes sont ce qu’ils sont !! Si nous sommes d’accord que la marchandisation du droit aux vacances est inacceptable, alors un mouvement social fondé sur le droit aux vacances est essentiel car il oblige à sortir du cadre de référence traditionnel : « j’ai de l’argent, je pars ; je n’en ai pas, je ne pars pas ». Tout ceci a des conséquences sur le mode d’organisation des vacances, des voyages, sur les interventions des comités d’entreprises. Quelle est la place que l’on accord aux formes du tourisme social ? Quel dialogue avec lui ? Développer le tourisme solidaire Je vous propose une orientation pour construire une vraie alternative. Elle concerne le tourisme solidaire. Celui-ci ne peut se développer sans la seule dimension touristique, mais comme une alternative à la fois aux politiques de développement à coup d’investissements étrangers, aux cultures d’exportation, à l’aide classique et financière. Si les comités d’entreprises veulent participer activement, ils sont les bienvenus pour vendre « d’autres voyages ». Nous pourrions même, éventuellement, participer à la création d’un outil commun. Intervenir dans le cadre de l’économie sociale Trois axes possibles : Le commerce équitable. L’épargne solidaire. L’aide à domicile. Tous trois ont le même but, sortir de l’échange inégal. 1./ Pour le commerce équitable, la chose est évidente puisqu’il s’agit d’assurer une juste rémunération aux producteurs, c’est-à-dire de les faire sortir du système de prix du « marché mondial ». Mais la conséquence est aussi sur le prix de vente final qui supporte trois handicaps : 1. Des coûts d’approche du marché élevés (entretien des filières). 2. Des coûts de transport élevés. 3. Des coûts de commercialisation élevés. Mais ces deux derniers aspects peuvent changer si, ensemble, nous développons un vrai professionnalisme. D’une certaine manière, il faut réussir dans le commerce équitable, ce que, ensemble, nous avons réussi dans le tourisme social - construire un véritable secteur économique alternatif fondé sur ces valeurs de respect et de solidarité .. SCIC dans le commerce équitable. 2./ L’épargne solidaire pose les mêmes questions et cela n’est pas la même chose que l’épargne salariale, même s’il existe des liens, ce n’est pas non plus une épargne éthique dont on a du mal à définir les contours. Comment peut-on développer chez les salariés un réflexe en faveur de cette forme de placement ?

3./ Permettez-moi aussi de parler d’un domaine sensible dans l’économie sociale, celui de l’aide à domicile. Nous avons inventé le Titre Emploi Service, connu dans l’économie sociale sous le nom de Chèque Domicile, pour favoriser le travail salarié au détriment du gré à gré ou du travail ponctuel. Or, nous constatons l’extraordinaire difficulté à faire prendre en compte cela par les comités d’entreprises. Nous attaquons ici un domaine essentiel, celui de la libération de la femme par rapport à son double métier de mère de famille et de salariée (souvent moins payé que les hommes à compétences égales). Il convient ensemble de s’interroger pour mieux développer cet outil.

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