Rapport d’activité 2015 de la Fonda "Résister, c’est faire ensemble"

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Publié le mercredi 22 juin 2016

La guerre des populistes contre les terroristes ravage le monde. L’affrontement est d’autant plus inéluctable que ces deux bandes jouent sur le même terrain : vision simpliste, fantasme de pureté, rhétorique de la lutte pour la survie ; l’exclusion ou l’anéantissement de l’ennemi est leur seul programme. Leur dynamique s’alimente d’une ressource inépuisable : la peur. Les fractures, les défaites et les souffrances leur donnent toujours raison.

J’ai, comme tout un chacun, volontiers sacrifié aux gestes symboliques pour conjurer l’horreur du 13 novembre ; j’ai invoqué les valeurs de la République et célébré la fraternité pour donner un nom glorieux à notre résilience. Mais au fond de moi-même, je redoute que ces mots sonnent creux s’ils ne nous permettent pas de conjuguer le verbe agir : il n’est plus question de former des bataillons mais de coopérer, de co-construire, de faire ensemble ! C’est là que le fait associatif révèle sa dimension profondément politique car c’est à travers lui que chacun d’entre nous peut trouver ou retrouver le pouvoir d’agir qui nous qualifie, plus encore que les droits que nous exerçons, comme citoyens et nous permet de reprendre pied dans l’avenir.

Pour que la vitalité associative nourrisse la vitalité démocratique, encore faut-il que chacun prenne ses responsabilités. Celle des décideurs publics, c’est de renoncer à la pensée magique de « réformes pour redresser le pays » qui créent ou suppriment des règles ou des institutions, et d’inventer un langage politique qui accompagne et soutienne les citoyens dans leur capacité et leur volonté d’agir. N’est-ce pas le sens moderne que pourrait prendre le mot servir ?
La responsabilité des hommes et des femmes engagés, qu’ils soient dirigeants, administrateurs, cadres salariés, bénévoles ou adhérents, est de porter inlassablement, pour eux-mêmes et autour d’eux, l’exigence d’une action utile : comprendre les ressorts et les mutations de la société, écouter bénéficiaires et partenaires, rechercher systématiquement des alliances, se projeter dans l’avenir, mesurer l’impact de son action… A nous de faire vivre les associations comme des lieux ouverts ou chacun peut donner et recevoir, apprendre en agissant, décider pour soi et à plusieurs. Hier, il fallait mourir pour la patrie ; aujourd’hui, il faut faire son métier de citoyen. (Extrait d’une tribune libre parue dans Juris associations n°531 du 15 janvier 2016)

L’Edito par Yannick Blanc, président


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