Dans son édition du 18 août, Libération met gravement en cause l’association Macaq sur deux pages et appelle de notre part les précisions suivantes :
L’article intitulé "le juteux marché des squats de Macaq" paru dans Libération le 18 août a pris le parti de diaboliser notre association et son directeur, quitte à déformer la réalité et même à se livrer selon nous à de la pure calomnie.
Certes, nos militants s’autoproclament à gauche comme il est relevé justement. C’est d’ailleurs sans doute la seule vérité contenue dans l’article et qui en explique le ton particulièrement agressif. Car, comme chacun sait, Libération est la seule autorité habilitée à proclamer qui est de gauche et qui ne l’est pas !
Le reste est pure invention.
L’article commence par planter le décor en précisant que "lorsque Macaq investit un bâtiment, il passe un bail d’occupation précaire avec le propriétaire, qui lui interdit formellement toute activité commerciale". Première affirmation, première invention. Quel propriétaire, en effet, accepterait de signer une telle convention, totalement contraire à ses intérêts ? En général, les propriétaires se défendent en justice et réclament même parfois de copieux dommages et intérêts. Une telle convention n’a été signée qu’une fois, dans le cas particulier de l’immeuble de la rue de la banque, par l’OPAC de Paris, qui reprenait un immeuble déjà occupé par Macaq.
L’immeuble de la place Rio de Janeiro appartient à malheureux "particulier", est-il prétendu. Deuxième affirmation, deuxième invention. Car comme cela a déjà été dit dans la presse, cet immeuble appartenait à une société d’assurance égyptienne, propriété de la famille Moubarak, dictateur aujourd’hui déchu. L’immeuble était à l’abandon depuis 8 ans quand nos militants en ont pris possession. Occupé pendant quatre ans par plusieurs dizaines d’habitants, dont certains nous ont été adressés par les service du 115, complètement débordés, alors que l’hébergement d’urgence des sans-abri ne fait pas partie de nos missions. Sans la moindre subvention, évidemment. Pour équilibrer nos comptes, nous avons effectivement loué les locaux à plusieurs reprises pour des séances de shooting. 15 500€ en 5 ans. Soit 258€ par mois en moyenne. On avouera qu’il y a plus "juteux", pour un bâtiment de plus de 1000 m2 situé dans le 8è arrondissement de Paris.
L’argent glané n’a pas été uniquement reversé aux « fluides » ou aux actions nobles, est-il également écrit. Troisième affirmation, troisième invention. La comptabilité de l’association fait clairement apparaître que l’intégralité des sommes collectées lors des mises à disposition d’espaces (qui d’ailleurs sont bien modestes au regard des autres sources de financement de Macaq, même à l’époque des faits), ont été investies dans des actions correspondant à l’objet de l’association. Toute mise à disposition ayant fait l’objet d’un contrat et ayant été payée en chèque, cela est aisément vérifiable. A aucun moment l’association n’a dévié de son but non lucratif.
D’autres squats Macaq dans le Val d’Oise, lit-on encore ? Quatrième affirmation, quatrième invention. Macaq n’a jamais squatté aucun bâtiment dans le Val d’Oise.
"Julien Boucher a abusé pas mal de temps de la carte bleue de l’association, au point qu’on la lui a retirée", fait dire le journal à un courageux anonyme. Cinquième affirmation, cinquième invention. La liste de retraits en attente de justificatifs lui a été adressée en fin d’année 2008 pour produire l’arrêté annuel des comptes, comme la loi l’impose. Les justificatifs ont été produits et les mouvements intégrés dans les comptes de l’association.
Des membres de l’association détiendraient des mandats électifs locaux qui pourraient favoriser l’association, est-il prétendu ? Ce n’est qu’une simple interprétation de la part du journal, qui ne repose sur aucun fait.
Il est fait dire à un autre courageux anonyme : "A Macaq, les demandes de subventions sont fréquentes. Des dossiers sont montés afin de récolter des fonds sur des activités qui, ensuite, ne sont pas vraiment développées [...], les contrôles sont quasi absents." Diffamation pure et simple, visiblement motivée par la seule volonté de nuire. Comme Libération ne peut l’ignorer, suite à un précédent article calomnieux sur Macaq publié dans le journal en date du 18 janvier 2011, une mission de l’Inspection Générale de la Ville de Paris a été menée pour faire le point sur l’usage des subventions municipales par l’association. Son rapport ne relève aucune mauvaise utilisation des fonds. Ce rapport sera officiellement rendu public au prochain Conseil de Paris. Il a, en outre, été adressé le 17 août au journaliste auteur de "l’enquête", mais celui-ci a pris le parti de ne pas en faire mention.
Ce même journaliste, Willy Le Devin, nous a même menacés de révéler d’autres "affaires", notamment une histoire de scooter d’occasion, si nous ne répondions pas immédiatement à ses questions.
Nous ne craignons pas ces menaces. Nous nous délectons par avance des révélations à venir de ce "scootergate" et, dans cette attente, nous assignons Libération pour diffamation.
Eric Debeir, Président de l’association Macaq
