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Répondre à la crise en créant plus d’emplois. Les entreprises sociales montrent que c’est possible

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jeudi 19 janvier 2012 , par Loïs Pignot-Malapert (MOUVES)

Alors que se tient demain 18 janvier le Sommet social sur la crise, l’heure n’est plus aux incantations mais à la recherche de solutions efficaces.

L’entrepreneuriat social constitue l’une d’elles. Les entreprises sociales, qui conjuguent efficacité économique et utilité sociale, créent plus d’emplois que la moyenne. Avec plus d’emplois, les recettes fiscales augmentent, le pouvoir d’achat se renforce, les déficits se résorbent. Accélérer l’essor des entreprises sociales est ainsi une manière concrète de répondre à la perte du triple A.

Démonstration par la preuve, par un exemple et une proposition. Les bonnes pratiques et propositions des entrepreneurs sociaux sont rassemblées dans UN LIVRE BLANC (sortie 8 mars 2012)

UN EXEMPLE : UNE ENTREPRISE SOCIALE INDUSTRIELLE QUI CREE DE L’EMPLOI

Juratri est une entreprise industrielle d’insertion, sous forme Scop basée en Franche-Comté. Juratri compte aujourd’hui 130 salariés (dont 60 en insertion) et son chiffre d’affaires s’élève à 6 millions d’euros.

Elle a créé plus de 50 emplois ces cinq dernières années et a triplé son chiffre d’affaires, grâce au développement de son activité autour de la collecte et du tri des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE).

Juratri est l’une des premières entreprises à être soutenue dans son développement par le Grand Emprunt (Programme Investissement d’Avenir de l’Etat et de la Caisse des Dépôts), et à être certifiée par l’AFNOR pour la qualité de ses pratiques sociales [1] www.juratri.fr

L’économie sociale et solidaire (ESS) crée 2,5 fois plus d’emplois que la moyenne du privé.

Entre 2006 et 2008, l’ESS a ainsi créé plus de 100 000 emplois. Entre 2001 et 2006, plus de 250 000 emplois. En moyenne 50 000 emplois par an.

Sous réserve d’en faire une priorité de politique publique, il est possible d’imaginer double ce rythme et créer sur le quinquennat (20012-2017) 500 000 emplois dans l’ESS, en s’appuyant fortement sur ses entrepreneurs.

Le potentiel de création d’emplois non délocalisables des entreprises sociales est important, notamment sur les marchés « éthiques » (bio, équitable, écoproduits…) et les activités d’intérêt général (santé, social, éducation, énergie…).
Source des chiffres : Observatoire national de l’ESS (Cn Cres).

UNE PROPOSITION : POUR UN « GRENELLE DES AIDES PUBLIQUES AUX ENTREPRISES »

Redéployer les 170 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises en fonction de leur efficacité économique et de leur impact social réel, notamment au regard de l’emploi.

La Cour des Comptes a pointé en 2010 l’ampleur et le mauvais usage de ces aides (exonérations, niches, TVA réduites…) : mille-feuille de dispositifs, efficacité discutable ou mal évaluée, etc.

Ce « Grenelle des aides publiques » peut se traduire par exemple par le conditionnement des exonérations de charges Fillon (bas salaires) à la création d’emplois. La réduction Fillon pourrait être augmentée et reversée en fin d’année, avec contrôle, à condition qu’à partir par exemple de 25 K€ économisés par an par l’entreprise, il y ait un emploi créé. L’Etat y gagnera automatiquement puisque les gens sortent des systèmes d’assistance, et que le surcroît d’activité économique génère des recettes fiscales supplémentaires.

Le Mouves fera des propositions complémentaires dans les prochaines semaines (sortie du Livre Blanc 8 mars) et propose de lancer dès maintenant un groupe de réflexion sur ce sujet des aides publiques aux entreprises, associant partenaires sociaux, Etat et collectivités.

***

Les entreprises sociales sont des entreprises à finalité sociale ou sociétale et à lucrativité limitée (profits largement réinvestis dans le projet, rémunération limitée du capital, échelle des salaires encadrée). Mouvement de fond international, elles sont déjà des dizaines de milliers dans le monde à entreprendre autrement, au service de l’intérêt général. En France, elles évoluent dans le champ de « l’économie sociale et solidaire » qui compte plus de 200 000 entreprises et 2 millions de salariés (source : Observatoire de l’ESS / Cn Cres).

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