Retards de liquidation des retraites : Le gouvernement attend-il une catastrophe généralisée pour donner à la CNAV les moyens dont elle a besoin ?

Confédération Générale du Travail
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Publié le mardi 17 mars 2015

Plusieurs Caisses régionales de retraite de la Sécurité sociale (CARSAT) sont en grande difficulté pour liquider les pensions en temps et en heure. Depuis 2013, des retards se sont accumulés dans toute la branche, au point que dans certaines caisses, Lille et Montpellier notamment, de nouveaux retraités attendent leur première pension pendant plusieurs mois.

Cette situation est profondément insupportable. L’attitude de la ministre et du gouvernement ne l’est pas moins.

Les coups de menton de Madame Touraine : convocation du directeur de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV), demande d’enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), ne changeront rien à la situation tant que le gouvernement s’obstinera à réduire, de façon drastique et purement dogmatique, les moyens dont disposent la CNAV et ses caisses régionales pour gérer les retraites.

La situation n’est pas tendue seulement dans deux CARSAT, elle l’est dans l’ensemble de la branche. A imposer des conventions d’objectifs et de gestion (COG) qui suppriment, chaque année, des emplois indispensables à des liquidations de plus en plus complexes en raison de l’accumulation de réformes de plus en plus confuses, ce sont les retraités, actuels et futurs, qui paient les pots cassés.

En 2009, pour 1 070 084 demandes de retraites dans l’année, il fallait en moyenne 15 jours pour traiter un dossier et prévoir 2 mois pour résorber le stock en cours en fin d’année.

En 2014, pour 978 125 demandes, il a fallu 24 jours pour traiter un dossier et 3,3 mois sont nécessaires pour résorber le stock (chiffres CNAV pour l’ensemble du territoire).

Quant à la solution d’urgence imaginée par la ministre, elle ressort elle aussi de l’insupportable.

Mme Touraine impose aux caisses en difficultés de verser 800 € de dépannage à tout nouveau retraité en retard de liquidation et qui le réclamera. Si le dépannage est indispensable, la méthode est profondément contestable. Ces fonds sont en effet prélevés sur le budget social de chaque caisse régionale. Il s’agit d’un don et non pas d’une avance régularisable.

Autrement dit, les financements destinés aux retraités les plus âgés et les plus modestes - ceux qui ont, par exemple, besoin d’aide au domicile et qui vont devoir s’en priver - servent à financer la compensation du retard dû à l’insuffisance des moyens et notamment des effectifs !

Cette situation ne peut pas durer. Les manifestations qui ont eu lieu dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, cette semaine, ne pourront que s’étendre. Qu’attend le gouvernement pour prendre en compte, de manière responsable, une
situation en grand risque de se généraliser si les moyens nécessaires ne sont pas donnés à la CNAV et à ses caisses régionales, comme ne cessent de le demander les administrateurs CGT ?

La CGT et son union confédérale des retraités (UCR-CGT), avec d’autres organisations syndicales, appellent l’ensemble des retraités à l’action, ce mardi 17 mars 2015, et à manifester le 9 avril prochain, à Paris, contre les politiques d’austérité et pour la mise en œuvre d’alternatives.

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