Le poids de l’économie sociale et solidaire pour une autre Europe...(7 à 10 % du Produit Intérieur Brut)
En France : 2.200.000 salariés, 8% de la population active, 800.000 entreprises et 10% du Produit intérieur brut (PIB).
S’y ajoutent :
Le secteur coopératif et mutualiste bancaire :
200 000 salariés. Des noms que nous connaissons tous : Banques Populaires, Caisse d’Épargne, Crédit Agricole, Crédit Coopératif, Crédit Mutuel : 60% des dépôts - 15 millions de sociétaires (1 Français sur 4) - 48 millions de comptes - 1276 milliards d’euros d’actifs.
Les mutuelles de santé :
25 millions d’adhérents (4 Français sur 10)
Les mutuelles d’assurance
16,5 millions de sociétaires (1 Français sur 4)
Qu’est-il advenu de leurs principes initiaux : 1. Primauté des personnes et du travail sur le capital dans la répartition des revenus. 2. Finalité de service aux membres ou à la collectivité plutôt que de profit. 3. Processus de décision démocratique. 4. Autonomie de gestion.
N’est-il pas temps que les Coopérateurs et Mutualistes re-décident démocratiquement et en transparence du rôle de leurs banques, de leurs mutuelles de santé ou d’assurance pour un Commerce et une Économie Équitables et Solidaires en France et en Europe ?
Les coopératives de production : Une force économique pour une alternative ?
Un million de coopérateurs en Europe
Allemagne : 300 000 salariés, 1500 Scop ;
Italie : 250 000 salariés, 9 000 Scop ;
Espagne : 170 000 salariés, 14 000 Scop ;
Pologne 130 000 salariés, 2 500 Scop ;
France : 35 000 salariés, 1 600 Scop (5ième rang) ;
Hongrie, République Tchèque : 30 000 salariés ;
Royaume Uni:1300 Scop.
D’un pays à l’autre, les règles de fonctionnement sont différentes. En Allemagne ou en Irlande, une coopérative de travail ne peut pas ouvrir son capital à des investisseurs extérieurs. Aux Pays Bas, les coopératives sont considérées comme des associations. Au Luxembourg comme en France elles sont considérées comme des sociétés commerciales. Au Royaume Uni et au Danemark, les réserves des coopératives sont partageables entre les coopérateurs.
Un principe unique, et une règle fondamentale : tous les pays différencient les coopératives des autres sociétés de capitaux : « UNE PERSONNE = UNE VOIX ». C’est la base de la démocratie interne. Une deuxième règle quasi générale : pas de plus value sur les parts sociales.
Une force économique pour la durée
Un pour cent des Scop actuelles sont nées avant 1914 et appartiennent aux secteurs du Bâtiment et Travaux Publics (BTP) et de l’imprimerie. La plus ancienne Le Travail est née en 1882 (Val de Marne). Les Charpentiers de Paris (1893 - effectif 150 - Ht de Seine), SOPCZ (1905 - effectif 182 Hte Vienne), sont des exemples de survie, de pérennité dans la croissance.
Les réserves impartageables sont un gage de pérennité et de prospérité, confirme Alexandre de Stuc et Staff . « Après 100 ans d’économie nous sommes propriétaire de locaux à Paris et d’un grand atelier dans le 95. Nous avons du travail jusqu’au Québec ».
La solidarité du réseau des Scop explique aussi la longévité. Après cent dix ans d’activité le « Travail » a dû affronter de très graves difficultés. « Nous étions proches du dépôt de bilan. Les salariés ont investi des sommes très importantes et ont aussi bénéficié de la solidarité d’une Scop limousine voisine à l’initiative du rachat des bâtiments de l’entreprise, le temps qu’elle se refasse une santé financière ». La transmission d’une génération à l’autre est aussi une raison de la longévité des Scop. Dans les Scop les salariés associés élisent leur « patron ». La question de la transmission ne se pose pas. Si les entreprises traditionnelles ne retrouvent pas de repreneur au départ du dirigeant, elles ferment leurs portes. Portées par les salariés sociétaires, les Scop perdurent.
Une force économique pour transmettre La transmission d’entreprises est une voie pour le développement du mouvement coopératif et le maintien de l’emploi. En France 42 000 entreprises cherchent chaque année un repreneur (700 000 chefs d’entreprises ont plus de 56 ans). La transmission aux salariés n’est pas souvent évoquée comme un moyen efficace pour pérenniser l’activité économique.
Ne serait-ce pourtant pas un moyen à la fois plus serein et plus sécurisant pour transmettre son entreprise ?
Le Conseil économique et social, en décembre 2004 a suggéré de « promouvoir la reprise des entreprises par les salariés ». Un an déjà. 550 000 entreprises seront à reprendre dans les dix prochaines années. L’Union régionale des Scop de Rhône-Alpes estime que 1.000 entreprises pourraient, chaque année, poursuivre leur activité et assurer leur pérennité en Scop.
Une transmission c’est :
préserver l’outil de travail,
prendre en main son avenir et devenir professionnel,
maintenir l’emploi local,
redonner une motivation commune aux salariés,
conserver une « dimension humaine »,
bénéficier des outils financiers du mouvement Scop et du soutien direct d’autres Scop.
Le mouvement des Scop en a fait une de ses priorités.
Comment soutenir leur action (Information, formation, accompagnement des salariés, législation, fiscalité, soutien régional et local) ? Une force économique et financière plus solidaire Le soutien financier du mouvement Scop s’organise autour de trois types de financements : Lors de la création ou de la transformation en Scop, les futurs coopérateurs s’engagent à acquérir des parts sociales. Ces sommes sont en principe échelonnées et prélevées sur leurs salaires. Pour constituer plus rapidement le financement de l’entreprise, Socoden avec le Crédit Coopératif propose des prêts personnels aux salariés, Si les besoins en capital dépassent les possibilités des coopérateurs Scop-entreprises intervient en capital risque, sans garanties. Pour conforter le fonds de roulement Socoden intervient avec la mise en place d’un prêt participatif. Une condition : la Scop devra lever le double du prêt auprès de ses autres partenaires financiers. Ce prêt est rémunéré à taux fixe et par une participation sur les résultats.
Une force économique ou les richesses vont d’abord à celles et à ceux qui les créent. Le capital des Scop est détenu à 81% par les salariés et à 19% par des associés extérieurs. En 2003 le Capital social moyen par salarié-associé était de 6 294 €, les intérêts perçus de 529 € pour un rendement intérêt /capital social de 7,4%.
Les Scop organisent statutairement le partage des résultats
Rémunération du Capital 12%,
Réserves 40%,
Intéressement 4%,
Participation des salariés 44%,
48% du résultat est donc reversé aux salariés.
98% des Scop ont signé un accord de participation. Fin 2003 par salarié la participation s’est élevée à 1.741 € euros et la participation cumulée sur 5 ans à 6 617 €.
Une force économique plus égalitaire Bas salaires plus élevés (+40%) et hauts salaires modérés (-20%), la majorité des Scop pratique une échelle de salaires plus resserrée (1 à 3). Certaines, minoritaires, pratiquent l’égalité des rémunérations. Le salaire moyen 1 940 € (2003) (+15,2% 1999-2003) peut varier de 1822 € à 2004 € selon la taille de l’entreprise (+ 200 salariés/ moins 10 salariés) ou le secteur d’activité 1276 € à 2410 € (textile-cuirs/ communication-arts graphiques). Chez Acome www.acome.fr l’échelle de salaire est de 2,02, chez Disposelec www.disposelec.com de 1 à 3 (hors salaire du dirigeant). Le salaire minimum avec 2 ans d’ancienneté est supérieur à 22.000 euros par an, intéressement et participation inclus.
Malgré des rémunérations inférieures (hommes -12% - femmes - 7,5%) il ne semble pas que les Scop rencontrent de trop grandes difficultés dans le recrutement de leurs cadres. Ici aussi les salaires sont négociés chaque année. La transparence est plus grande. (Grille des salaires votée en Conseil d’Administration, commission salariale, publication des salaires...) La gestion des augmentations est plus collective et les augmentations individuelles plus limitées. A l’imprimerie La Contemporaine www.la-contemporaine.fr qui pratique des salaires égalitaires les augmentations se discutent par le biais de deux commissions, l’une sociale, l’autre de gestion. Une fois leurs avis rendus, ce sont tous les associés qui tranchent.
Une force économique alternative en réseau Les coopératives comme toutes les entreprises doivent faire face à l’innovation, à la globalisation et à la concurrence. Pour Isabelle Halary, la structure en réseau est un atout pour s’y confronter. L’étude des réseaux de coopératives en Europe en particulier le Groupe Mondragon en Pays Basque espagnol, les districts industriels d’Emilie-Romagne en Italie et le réseau Scop-Entreprises en France fait ressortir les atouts et les capacités du mouvement coopératif pour s’adapter aux nouvelles donnes économiques sans rien renier de ses principes de base. Les coopératives de salariés disposent déjà de la culture commune, des compétences sociales et des valeurs nécessaires à la construction de réseaux. Leur statut particulier leur donne la stabilité nécessaire pour établir des relations de long terme.
Sources : Participer Magazine de la Coopération de production www.scop.coop - Le réseau : une solution pour les coopératives Isabelle Halary Université de Reims Ceras-Lame-Omi
