Se reconvertir : tentant mais dur, jugent les salariés

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Publié le lundi 31 mars 2014

Un salarié sur deux dit envisager de changer de métier ou de secteur dans les 3 ans. Mais 94 % jugent la démarche « difficile ».

Nouvelle offre pour nouveau départ. Un an et demi après avoir frôlé la cessation de paiements, l’Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), plus gros acteur du marché, entame une étape cruciale de son redressement avec le lancement, aujourd’hui, de sa nouvelle offre, qui se veut plus modulable et adaptée à l’entrée en vigueur, prévue l’an prochain, du compte personnel de formation, comme l’explique son président, Yves Barou. A cette occasion, l’Afpa et OpinionWay ont mené une vaste enquête auprès de 500 dirigeants et de 5.000 salariés et chômeurs, dont « Les Echos » dévoilent les résultats.

Elle met tout d’abord en avant un paradoxe récurrent de l’économie française : la persistance de difficultés de recrutement malgré un chômage très élevé. Plus de 60 % des dirigeants les ressentent et un quart affirme même disposer de postes vacants faute de candidats satisfaisants, la moitié du temps par défaut de compétences.

Bonne nouvelle : alors que la réforme de la formation professionnelle vise notamment à mieux faire coïncider les formations avec les besoins réels des entreprises, 88 % des salariés se disent prêts à suivre une formation pour un métier qui recrute. Avec un gros bémol pour les métiers « physiques », comme le BTP, qui attirent beaucoup moins que les secteurs « innovants », comme l’économie verte et le numérique. Plus largement, l’enquête confirme que les salariés prennent acte des limites du modèle classique de carrière dans un seul métier et misent avant tout sur la formation pour s’adapter aux besoins mouvants de l’économie. Près d’un salarié et chômeur sur deux (48 %) affirment ainsi envisager de changer de métier ou de secteur, dont 32 % dans les 3 ans.

Démarches trop complexes

Cette appétence se heurte toutefois encore à de nombreuses appréhensions. Pour 51 % des sondés, une reconversion représenterait surtout un « risque » (a fortiori passé 40 ans) quand seulement 48 % y voient avant tout une « opportunité ». Surtout, 94 % estiment qu’il est « difficile » en France de se reconvertir, et même « très difficile » pour 46 % des sondés. Parmi les sondés s’étant déjà reconvertis au cours de leur carrière, ou ayant tenté de le faire, les principales difficultés avancées sont le manque d’information et d’aide dédiée (52 %), la complexité des démarches (42 %) et les difficultés à financer son projet et à concilier son élaboration avec ses obligations professionnelles (39 % dans les deux cas). Mais le jeu en vaut la chandelle : si les salariés s’étant reconvertis affirment globalement ne pas y avoir gagné ou perdu en termes de rémunération, de sécurité et de perspectives de carrière, ils estiment être plus épanouis et disposer d’un meilleur équilibre entre vies privée et professionnelle. La réforme de la formation aiderat-elle à franchir le pas ? Les salariés ne sont que 40 % à en avoir « entendu parler », mais ils portent un jugement largement positif dessus, comme les chefs d’entreprise. Globalement, les salariés disent aspirer à des formations plus sur mesure et à une meilleure information sur les offres disponibles.

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