Selon une étude exclusive Ashoka /McKinsey, les entrepreneurs sociaux contribuent largement à la réduction des déficits publics

Emploi, ressources humaines, insertion et création d’entreprises
> Selon une étude exclusive Ashoka /McKinsey, les entrepreneurs sociaux contribuent largement à la réduction des déficits publics

Publié le lundi 26 mars 2012

A l’occasion de la campagne présidentielle, Ashoka (le plus grand réseau mondial d’entrepreneurs sociaux, 3000 entrepreneurs soutenus depuis 1980) dévoile les résultats d’une étude permettant pour la première fois de chiffrer l’impact économique de l’entrepreneuriat social. Réalisée par le cabinet McKinsey et portant sur l’activité de 10 entrepreneurs sociaux suivis par Ashoka, elle calcule précisément la rentabilité de l’argent investi dans de tels projets et montre par extrapolation qu’ils peuvent fortement contribuer à résoudre un certain nombre de problèmes économiques et sociaux.

Portant sur des entreprises de champs d’action divers (Insertion par l’activité économique, emploi, logement, lutte contre la dépendance…) (liste complète en annexe), l’étude a pour objectif de calculer pour chacune d’entre elle le différentiel entre l’argent public investi et les coûts évités pour la collectivité.

Les résultats montrent :
1) que l’activité des entrepreneurs sociaux permet systématiquement à la collectivité d’économiser plus d’argent que ce que cela ne lui coûte : le retour sur investissement de l’argent public est positif.
2) que le potentiel de réplication de chaque projet est très important et que les volumes d’économies pouvant potentiellement être générées par l’ensemble des acteurs du secteur permettrait de résorber une partie des déficits publics.
3) que cet impact économique va de pair avec des bénéfices qualitatifs (âge de la dépendance repoussé, apaisement social, meilleure santé des moins favorisés) et que certains entrepreneurs sociaux ont un impact grandissant sur les politiques publics.

Quatre exemples

Actavista, insertion par l’activité économique par la réhabilitation de bâtiments historiques. 300 contrats par an. La différence entre les bénéfices (perception des charges patronales et taxes, allocation chômage évitée) et les subventions versées (contrats d’insertion) permet d’économiser en moyenne 8K€ par salarié, ce qui représente un retour sur investissement moyen de 60%. Le potentiel est de 5000 salariés en France par an, ce qui représenterait 45M€ d’économies pour la collectivité.
BGE, formation et accompagnement à la création d’entreprise. 7000 personnes soutenues en Ile de France en 2010 et 1345 entreprises créées. Le taux de survie des entreprises soutenues, plus élevé que la moyenne (75% contre 63% pour l’ensemble des créations), a généré 168 entreprises qui auraient autrement disparu, ce qui représente 2,6M€ d’économies pour la collectivité. Au niveau national, 32000 entreprises pourraient survivre, soit une économie de 182M€ pour la collectivité.
Groupe Siel Bleu, prévention de la dépendance par une activité physique adaptée. Le potentiel en généralisant les activités de Siel Bleu à l’ensemble des Français est énorme : en s’intéressant uniquement à deux pathologies – les chutes et le diabète de type II – McKinsey arrive à une économie de 15 milliards d’euros sur 3 ans.
Cresus, identification précoce et accompagnement des personnes surendettées. En 2011, Cresus a permis à 7500 personne d’éviter le surendettement. Outre l’impact social, cela permet d’économiser 15M€ aux collectivités et 121M€ aux organismes de crédit. A l’échelle nationale plus de 200 000 procédures de surendettement pourraient être évitées et plus de 200M€ pourraient être économisés par les collectivités.

Changer d’échelle

Ces chiffres montrent que si les initiatives des entrepreneurs sociaux étaient érigées en systèmes, elles pourraient contribuer à résoudre les problématiques de fond de la société en France et ailleurs. Il est important aujourd’hui de rendre possible ce changement d’échelle. Ashoka propose aux candidats à la présidentielle de se positionner sur l’entrepreneuriat social comme l’ont fait le Royaume Uni ou les Etats Unis. Il faut :
- Investir dans l’entrepreneuriat social, c’est rentable. Il y a un retour réel sur investissement, que les fonds soient d’origine privés ou publics (nécessité de nouveaux financements, BPI, fonds privés…)
- Faciliter la création et le développement des entreprises sociales. Réhabiliter la valeur et la place du créateur d’entreprise dans la société et donner envie aux jeunes de se lancer (nécessité d’une sensibilisation globale à l’entrepreneuriat et d’assouplissements administratifs)
- Connecter l’entrepreneuriat social aux grandes entreprises, aux écoles, aux administrations ; ce sont des partenariats gagnant gagnant (nécessité de plates-formes de rencontre…)
- S’inspirer des entrepreneurs sociaux, leurs idées sont prêtes à être systématisées. Elles sont une source d’inspiration pour les candidats à la présidentielle dans leur quête de réduction des déficits publics (nécessité d’une reconnaissance de l’innovation)

Liste des 10 entreprises étudiées :
ActaVista, chantier d’insertion en réhabilitation de bâtiments historiques Andes, Réseau national d’épiceries solidaires Boutiques de Gestion, aide à la création d’entreprises Chênelet, chantier d’insertion en éco-construction Cresus, aide à surmonter les problèmes de surendettement Jardins de Cocagne, chantier d’insertion en activités maraîchères biologiques Mozaïk RH, cabinet de Ressources Humaines promouvant et valorisant la diversité PIMMS, accompagnement des personnes dans les démarches administratives Groupe Siel Bleu, Prévention de la dépendance par des activités physiques adaptées Groupe SOS, Intermédiation Locative et Lits Halte Soins Santé

A propos d’Ashoka :
Lancée en 1980 par Bill Drayton qui a popularisé le terme d’Entrepreneur Social, Ashoka - organisation sans but lucratif, est le plus grand réseau d’Entrepreneurs Sociaux. Son objectif est de faire émerger un monde où chacun peut être acteur de changement. Présente sur tous les continents (70 pays), Ashoka a lancé ses activités en France en 2006. Elle soutient 150 nouveaux entrepreneurs sociaux chaque année (une dizaine en France) par un apport professionnel et financier, des partenariats novateurs et l’animation d’échange et de collaborations avec les grandes entreprises et les pouvoirs publics. france.ashoka.org

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