Plan de sauvegarde de l’emploi : Suppression de 65 postes sur 460

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Intersyndicale Association AIDES


le 18 décembre 2013
à 15:50

Plan de sauvegarde de l’emploi : Suppression de 65 postes sur 460

Communiqué intersyndical - CFDT, CGT, FO, SUD

Grâce à la direction, la fermeture de AIDES est plus proche que la fin de l’épidémie

A la veille de Noël, le 12 décembre 2013 la direction de l’association AIDES a annoncé un plan de sauvegarde de l’emploi, visant à supprimer 65 postes sur 460. Contrairement à ce qu’elle a annoncé hier, cette situation est moins le résultat d’une baisse des financements publics que les conséquences d’une gestion calamiteuse des fonds de l’association.

Dire que l’annonce du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) a laissé pantois et désemparé la plupart des salariés est un euphémisme. Annoncée la veille de Noël, sa brutalité nous a stupéfait. L’effet psychologique a été d’autant plus désastreux que les salariés ont été durement mis sous pression des mois durant : soumis à une réorganisation permanente de leur poste et activité, fortement invités ces derniers mois à s’investir aux côtés des équipes de terrain dans les actions de dépistage, les salariés militants affectés aux fonctions support ne pensaient pas être ainsi remerciés de leurs efforts à la veille de Noël !

Le PSE nous a ensuite révoltés : un tiers des fonctions supports est supprimé, la moitié des effectifs du siège se retrouve plongée dans l’incertitude.

Enfin, l’argumentaire de la direction, paru hier, nous a scandalisé : non, l’Etat n’est pas le premier coupable ! Si les financements publics se transforment, les ressources de l’association sont en constante augmentation : de 36,8 M en 2009 à 40,6M € en 2012. En réalité, cette situation est imputable à la folie des grandeurs et au dilettantisme d’une direction fermée qui s’est enfoncée dans une spirale de dépenses sans fin : réorganisations multiples entrainant une envolée des charges, embauches sans garantie de financement, mise en œuvre de missions de services publics sur fonds propres, gestion financière déficiente... Une seule évidence en revanche : au moment de l’exercice comptable, les dindons de la farce de cette stratégie kamikaze ont été très vite désignés : les salariés !

Encore plus grave, le déficit a été en partie « organisé » par un montage financier hasardeux : son montant correspondant à la dotation attribuée à une autre association Coalition PLUS... dirigée tenez-vous bien - par le directeur général de AIDES.

Naturellement, ces graves manquements, conséquences d’une gestion opaque, sans réel pilotage et pour le moins incompétente, sont amplement détaillés dans les rapports Secafi commandé par le CCE et Mazars commandé par la direction de AIDES.

Le problème est aujourd’hui entier. Les fonction supports étant vidées par le PSE, qui a pour but d’affaiblir les instances du personnel, l’avenir de AIDES repose entièrement entre les mains d’une direction autant usée, fatiguée que profondément discréditée. Son autoritarisme, son absence total de vision stratégique nous ont conduit dans le mur. Les conflits d’intérêt qui l’enserrent ne sont plus tolérables. La confiance avec les salariés est aujourd’hui rompue.

C’est pourquoi, nous sommes aujourd’hui pleinement mobilisés. Nous ne nous résignons pas à abandonner notre outil de militance à un carré d’oligarques qui s’accrochent désespérément à leurs pouvoirs et avantages de toutes sortes. Nous n’acceptons plus que des fonds publics et privés colossaux, destinés à financer des missions d’intérêt général, continuent à être gérés avec un tel manque de discernement.

Il en va de la survie de la plus grande association de lutte contre le sida en Europe. Il en va également de la pérennité des idéaux qui la fondent : combat contre l’épidémie, principes communautaires et défense des droits des populations vulnérables.

Aussi :
- La direction actuelle doit prendre toute la mesure de ses échecs et en tirer toutes les conséquences.
- Nous demandons l’annulation et la cessation, par le CA et la direction, des montages financiers réalisés au profit de Coalition PLUS.
- Nous demandons la saisine de l’IGASS pour enquêter sur la gestion des fonds, notamment publics de l’association.
- Nous demandons à être reçus au plus vite par Mme Marisol Touraine, Ministre de la Santé.

Contact presse :
Pour CFDT Santé Sociaux : Thierry Trilles 06 64 69 69 97
Pour CGT : Mael Guillamet - 06 63 57 77 63
Pour FO-Snepat : Romuald Chaussivert - 06 85 66 99 48
Pour Sud Santé Sociaux : Renaud Delacroix - 06 10 70 27 21

Explications !

Les difficultés financières de l’association sont moins imputables à la baisse des financements publics qu’à un pilotage calamiteux de la direction et de la présidence de AIDES.

Financement du dépistage rapide, c’est-à-dire d’une activité relevant du service public de santé, en partie sur les fonds propres de l’association. Cette gestion se révèle de plus entièrement fondée sur des spéculations, c’est-à-dire d’improbables financements supplémentaires attendus de l’Etat. Comme le souligne le cabinet d’experts indépendants Secafi, cette politique n’a pas d’autre but que de mettre l’Etat devant le fait accompli en essayant d’attirer davantage de financements publics, une stratégie vouée à l’échec dans un contexte d’austérité budgétaire. Ce choix d’orientation de dépenses, fondé sur des spéculations et des promesses, est contraire à tous les principes de bonne gestion.

En plus des actions de dépistage, le conseil d’administration et la direction ont obstinément multiplié les projets financés à perte, au mépris de toute évaluation rationnelle de la situation (contexte de baisse de financements publics) et en ignorant les nombreux avertissements que le comité central d’entreprise lui a adressés. Ces manquements graves ont été pointés par le rapport Secafi, pour qui « la situation de déficits interroge lourdement sur la gestion de l’association ». Et ce d’autant plus que les produits (subventions et dons) ont augmenté de 2009 à 2012 (de 36,8 M à 40,6 M € soit 3,8M€ de hausse sur la période).

On note en conséquence une envolée des dépenses dues aux choix délibérés de la direction. Comparons entre 2011 et 2012 : + 300 K€ d’achats de matériel de dépistage, +552 K€ de frais de déplacement (développement dans les Caraïbes), +200 K€ de subvention à la Coalition PLUS, +1740 K€ de frais de personnel supplémentaires (+44 postes essentiellement pour le dépistage Trod, c’est-à-dire le dépistage rapide du VIH).

Les réorganisations internes, mises en œuvre successivement ces dernières années, ont aussi entrainé une explosion incontrôlée des dépenses en tout genre (frais de déplacement, de téléphone ...).

Pour couronner le tout, la politique salariale se révèle particulièrement inhumaine en faisant « payer » lourdement aux salariés les conséquences de ces projets financés à perte et des réorganisations qu’elle a engagées. Et en y allant crescendo : suppression de la prime annuelle (- 6% des revenus annuels), suppression de l’indexation automatique des fourchettes de salaires par catégorie suivant l’augmentation du SMIC, gel des augmentations collectives ... pour finir par un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

En entendant supprimer le tiers des effectifs des fonctions support, le PSE actuellement prévu par la direction obère durablement les chances de développement et à long terme la survie de l’association. En effet, selon ce PSE, c’est la moitié des postes du siège, mobilisés sur des fonctions de pilotage, qui est supprimée ! Y-a-t’il un pilote dans l’avion ? Les craintes formulées dans le rapport Secafi se vérifient pleinement au regard du contenu de ce PSE qui taille massivement et indistinctement dans les effectifs : « réduire l’effectif support sans réflexion sur les besoins et l’organisation des fonctions support serait une erreur ».

La situation actuelle est la conséquence d’une succession d’erreurs de pilotage qui font peser un discrédit immense sur la direction et la présidence, grevant tant leur capacité à surmonter la crise actuelle qu’à assurer la survie de l’association dans le futur... A un niveau général, de nombreux manquements et défaillance de la direction ont été pointés dans les rapports des cabinets Mazars et Secafi. Le rapport Mazars dénonce par exemple des « modes de managements peu contrôlants » qui reposent sur une évaluation davantage « fondée sur la confiance que le pilotage de l’activité ». Le rapport Secafi tire les mêmes conclusions : « l’association est fortement déconcentrée ce qui implique un pilotage d’ensemble assez marqué. Or il nous est apparu, au travers de diverses manifestations, que ce n’est pas le cas ».

Un déficit en partie « organisé » donc artificiel, conséquence logique d’une gestion discrétionnaire des fonds publics et privés.

Le transfert d’une partie des fonds de AIDES, 2 millions d’euros versés en 2013, montant équivalent au déficit de l’exercice 2013, à Coalition PLUS, une organisation opaque, qui au contraire de AIDES n’est pas pourvue d’organe de représentation du personnel, et donc de contrôle réel sur les comptes. Le déficit de AIDES est donc en grande partie artificiel. Ce transfert de fonds qui était déjà de 1,5 M d’euros en 2011, met en lumière le conflit d’intérêt de Vincent Pelletier, directeur Général de AIDES et également... directeur de Coalition PLUS, double-fonction qui lui permet de cumuler les indemnités.

Question : les salariés de AIDES doivent-ils payer pour un mouvement de fonds « artificiel » réalisé au sein d’une « maison commune » ? Plutôt que de tenter de reclasser les salariés licenciés à Coalition PLUS, comme l’envisage la direction dans le PSE, n’est-il pas plus logique de rapatrier les fonds engagés à l’association AIDES ? Cette opération financière est révélatrice d’une gestion des fonds qui se manifeste par un certain nombre d’ « écarts », comme le souligne poliment le rapport du Comité de la Charte, chargé d’évaluer la bonne utilisation des fonds, et auquel AIDES a tardivement adhéré : « Des écarts significatifs apparaissent à ce stade entre ce qui a pu être relevé et ce que préconise la charte du comité, les points les plus saillants sont les suivants :
- un niveau de fonds propres encore insuffisants,
- une absence de dispositif de contrôle interne,
- l’absence de structure d’audit interne,
- une précision insuffisante des règles régissant les mandats des élus,
- l’absence de procédure sur les conflits d’intérêts.

La politique salariale de la direction, reposant sur une gestion discrétionnaire des salaires, primes et promotions est du même tonneau ! Contestée depuis longtemps par les représentants du personnel, elle masque mal une logique de prédation des fonds à son bénéfice. Dans son avis rendu les 5 et 6 juin 2013, le CCE souligne ainsi qu’en 5 ans : « le revenu annuel en équivalent temps plein des 10 salariés les mieux payés de AIDES a augmenté de 37 %, celui du Directeur général de 45 %, celui des Directeurs généraux délégués de 39 % et celui des directeurs (catégorie 1) de 43 %... Le directeur général, amené à prendre en charge en 2011 la direction de la Coalition PLUS pour 25 % de son temps de travail, a pu conserver presque l’intégralité de ses revenus AIDES : la diminution du temps de travail consacré à AIDES a été compensée par une importante augmentation de son salaire ».

Malaise général au sein de AIDES

- Une politique salariale brutale, contraire aux valeurs de l’association, qui suscite la réprobation massive des salariés
- Une direction, peu respectueuse des instances de représentation du personnel, qui préfère « passer en force » plutôt que de les consulter. Dans la même logique, la direction prend pour habitude de ne pas communiquer un certain nombre de documents au CCE, nécessaires à l’exercice de sa mission. Si elle le fait, c’est souvent trop tard. La brutalité de la direction est attestée par le rapport Secafi, cette dernière souhaitant « réduire les fonctions support sans que la consultation du CCE porte sur ce sujet ».
- Une direction qui n’hésite pas à recourir aux « pressions » à l’endroit de certains salariés qu’elle souhaite voir partir.
- Un PSE anti-social qui vise des salariés âgés et séropositifs, risquant de se retrouver en situation difficile sur le marché du travail, ce qui est contraire aux valeurs et objectifs fondateurs de l’association.

Au final, la politique salariale est désavouée par la moitié de l’effectif salarié de l’association, qui n’a pas hésité à signer une pétition contre la direction malgré le contexte économique national défavorable. Par cette pétition, les salariés prouvent qu’ils tiennent à leur association et expriment clairement leur opinion quant à la manière de la gérer. Ils rappellent qu’ils n’acceptent pas le climat malsain et stigmatisant dû aux écrits à l’encontre de certains services, le climat d’insécurité engendré par les démarches visant au départ de certains salariés. Les salariés ne comprennent pas que l’effort principal des mesures d’économies porte sur les emplois et salaires sans que soit réinterrogée la stratégie financière qui a mené à la situation économique actuelle de l’association. Ils et elles souhaitent que l’association applique une politique salariale en phase avec les valeurs et principes de AIDES et qu’une interpellation soit faite pour mettre l’État face à ses responsabilités sur la question des financements.

Tous les salariés de AIDES sont profondément attachés à leur association. S’ils sont venus y militer ce n’est pas par hasard mais parce qu’ils sont eux-mêmes séropositifs, parce qu’ils connaissent son histoire, vivent ses combats. NOUS sommes AIDES. C’est pourquoi, nous sommes d’autant plus scandalisés par l’écart désormais abyssal entre une gestion inhumaine et brutale, sous bien des aspects pire qu’une société du CAC 40, et les valeurs qui fondent l’association.

Une organisation qui jette ses militants comme des kleenex a-t-elle encore quelque chose à voir avec celle, foucaldienne, qui promouvait activement le « malade réformateur social » il y a 30 ans de cela ? Comment ne pas se sentir floué dans son engagement face aux scènes désormais courantes de salariés en détresse, tétanisés par la peur et l’incompréhension ?

Une association de lutte contre le VIH qui envisage de virer sans ménagement des personnes âgées et séropositives n’a-t-elle pas perdu son âme ? La question est grave, elle chahute nos nuits. Comment se reconnaître dans AIDES - sa politique salariale, sa gestion des fonds, son traitement humain - aujourd’hui ?

Les salariés sont animés d’une conviction profonde : la lutte contre le sida ne peut se concevoir sans une politique éthique, juste et respectueuse des personnes au quotidien. Pour paraphraser Daniel Defert, dans sa lettre écrite à l’occasion de la création de AIDES en 1984, « face une crise morale qui est une crise d’identité, nous proposons un lieu de réflexion, de solidarité et de transformation, voulons-nous le (re)créer ? »

ANNEXES

Pétition

Fait exceptionnel au sein de notre association, près de la moitié des salariés ont signé, dans les jours précédents l’annonce du PSE, une pétition de défiance vis-à-vis des instances dirigeantes. Cette pétition a reçu un soutien massif dans l’ensemble du réseau AIDES : 214 signatures de salarié-e-s à ce jour, sans compter les volontaires qui ont tenu à soutenir cette initiative. Dans un contexte économique général difficile, avec un taux de chômage toujours élevé, s’engager dans une contestation via une pétition relève d’une attitude courageuse, qu’il faut saluer.

Nous, salarié-e-s et militant-e-s de AIDES, tenons à alerter les élus et responsables de l’association de la dégradation du climat social et des reculs qui menacent à la fois les droits collectifs et le bien être au travail des salariés de l’association :
1° En septembre, dans sa profession de foi, le Directeur général a présenté les Services Généraux comme étant « le point noir » de AIDES et a qualifié le Service Edition « d’abcès de fixation ». Nous n’acceptons pas de tels propos qui créent un climat malsain et stigmatisent de facto les salariés de certains services.
2° En annonçant par écrit la réduction du nombre des fonctions supports de 33% à 25% des effectifs, (soit une baisse d’environ 40 postes) la direction crée un climat d’insécurité qui pèse sur l’ensemble des salariés, non seulement au siège, mais aussi dans le réseau (TA et LM). Certains salariés sont approchés par la direction de manière informelle et déstabilisante pour qu’ils demandent une rupture conventionnelle. Nous demandons que cesse cette manière individualisée et non anticipée de gérer la situation qui se fait au détriment des salariés (départs par écœurement, mises au placard…).
3° La direction projette pour 2014 des mesures « d’adaptation de la masse salariale » : gel des augmentations collectives de salaire, suppression de la prime annuelle collective et de l’indexation des minima d’embauche sur l’augmentation du SMIC. Nous nous inscrivons contre ces mesures car si elles venaient à être mises en application, elles représenteraient de fait une perte immédiate de 6% de la rémunération annuelle des salariés, alors même que le bilan social 2012 montrait déjà la paupérisation des salariés des cat. 5 et 4, mais aussi de certains cadres. Nous demandons à la direction d’abandonner ces mesures, elles sont injustes et contreproductives.
4° Plutôt que de faire porter l’essentiel des efforts sur l’emploi et les salaires, nous pensons que l’association devrait réinterroger avec transparence les stratégies et pratiques financières qui l’ont menée à la situation financière actuelle. Les difficultés financières sont dues en partie il est vrai, à des baisses de financement mais aussi et surtout à des choix d’orientation des dépenses.
5° Face aux baisses de subventions publiques, l’association ne devrait-elle pas interpeler l’opinion publique et le gouvernement, faire du plaidoyer politique, et mettre l’Etat face à ses responsabilités ?
6° Enfin, nous pensons qu’il est plus que temps que les valeurs et principes communautaires et participatifs qui guident nos actions et fondent l’identité de AIDES soient aussi appliqués dans la manière de conduire la politique salariale.

ANNEXE 2

- Rapport Secafi - synthèse rapport analyse annuelle 2012
- Rapport Secafi - rapport analyse annuelle 2012
- Rapport du Comité de la Charte - 2012
- Rapport Mazars : Demandez à la direction !

Guillaume Chocteau (Ressources Solidaires)

le 19 décembre 2013
à 10:33

Dans une situation économique difficile, AIDES annonce la mise en place d’un projet de Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE)

Le 12 décembre dernier, la direction générale de l’association a présenté aux salariés et à leurs représentants la nécessité de mettre en oeuvre un plan de sauvegarde de l’emploi, touchant 65 postes (sur les 460 que compte aujourd’hui l’association). C’est un véritable coup dur pour la première association française de lutte contre le sida, et en premier lieu pour les salarié(e)s concerné(e)s.

Notre association exprime ses profonds regrets, et pointe du doigt le désengagement progressif de l’Etat dans le financement de nos actions. Actions qui relèvent pourtant des missions fondamentales de santé publique.

Des financements publics en baisse constante depuis trois ans

Dans un contexte économique particulièrement difficile pour l’ensemble du secteur associatif [2], AIDES n’a malheureusement pas été épargnée. Cette annonce par la direction d’un projet de PSE intervient après plusieurs années de baisse constante des financements publics centraux et des crédits d’intervention. Réduits d’environ 5 à 10% par an depuis trois ans, ces crédits n’ont pu être suffisamment compensés par les différents leviers de collecte de fonds privés déployés par l’association. Alors même que les récents chiffres publiés par l’InVS font état d’une épidémie encore très active parmi les publics les plus vulnérables, cette baisse de financements publics est en totale contradiction avec les objectifs de fin d’épidémie du gouvernement. C’est en effet à la demande de l’Etat que AIDES a fait le choix d’accroître son activité sur le terrain, à commencer par le développement remarquable de ses actions de dépistage rapide.

Pour mémoire, AIDES a réalisé plus de 35.000 tests rapides en 2013, avec une efficacité 2 à 4 fois supérieure aux structures de dépistage classique. Nous assumons là une part non négligeable des missions de l’Etat. Or, contrairement aux engagements initiaux des pouvoirs publics, ce surplus d’activité n’a jamais été financé à la hauteur des besoins. Pour exemple, chaque test rapide réalisé par AIDES représente un sur-coût global de l’ordre de 42 euros. Sur ces 42 euros, les pouvoirs publics n’en prennent en charge que... 25, le reste étant financé sur les fonds propres de l’association. Ce sous-financement est en partie responsable de la situation difficile dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui.

Priorité à l’action. Face à cette situation, la direction générale a dû faire des choix, forcément difficiles. Il a été décidé de maintenir au maximum les actions de terrain en réduisant les effectifs des fonctions support, pourtant nécessaires à la pleine efficacité des actions menées.

AIDES fait part de ses plus profonds regrets à toutes celles et tous ceux qui se battent à ses côtés pour faire reculer l’épidémie, face à ce qui peut leur apparaître comme une véritable injustice. Chacun(e) des salarié(e)s concerné(e)s a en effet activement contribué aux résultats historiques obtenus par l’association tout au long de ces trente dernières années.

C’est une page noire de notre histoire qui s’écrit aujourd’hui. Une décision d’autant plus difficile à prendre que AIDES s’est toujours battue pour des politiques sociales plus justes et une meilleure prise en compte des droits et des besoins des personnes. La direction proposera un certain nombre de mesures afin de soutenir le reclassement et l’accompagnement des salarié(e)s concerné(e)s dans les meilleures conditions possibles.

Contact presse : Alain Legrand - 06 75 71 46 40 / 01 41 83 46 82

http://www.aides.org/actu/dans-une-situation-economique-difficile-aides-annonce-la-mise-en-place-dun-projet-de-plan-de-sa

Intersyndicale Association AIDES

le 20 décembre 2013
à 15:57

Décidément, la direction de AIDES a un gros problème avec les chiffres !

Dans son communiqué de presse du 17 décembre, la direction de AIDES, pour justifier « la nécessité de mettre en œuvre un PSE touchant 65 postes » écrit que les « financements publics sont en baisse constante depuis trois ans ».

Mais dans la note présentant son projet de plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) au Comité Central d’Entreprise, cette même direction écrit l’exact contraire :
« On constate une augmentation de +434 K€ entre 2010 et 2013 du total de nos financements publics » (Page 15 du livre II du PSE, 12 décembre).

Tableau évolution financements

200520062007200820092010201120122013
Subventions publiques130031392317768189601874018768195311897619202
Financements privés4963817812340168411710418228194592027919803
Autres74179593298696793615561409929

Mais alors, que doit-on croire ? Le communiqué de presse ou la note remise au CCE ?

Notons que ce n’est pas la première fois que la direction n’hésite pas à se contredire. Ainsi, dans ses réponses écrites aux questions du CCE sur la situation économique de l’association, la direction écrit : « L’engagement de AIDES sur les actions internationales (…) est relativement stable autour de 3 M€ depuis plusieurs années comme le montre le tableau d’investissement de AIDES sur l’international ».

Lisons donc ce tableau et nous voyons que ces investissements passent de 2,8 M€ en 2011 à 3,8 M€ en 2013, soit une augmentation nette de 1 M€ en 2 ans (+36%). C’est ça « relativement stable » ?

Evolution investissements sur l’international

En Millions d’eurosRéalisé 2011Réalisé 2012Prévisionnel 2013Révisé 2013Prévision haute 2014Prévision basse 2014
Programmes internationaux1,31,71,81,81,21,5
Coalition plus1,51,72,02,52,52,0
Total2,83,44,33,83,73,5

Décidément, la direction de AIDES a un gros problème avec les chiffres…

Intersyndicale Association AIDES

le 14 janvier 2014
à 14:43

Débrayage à l’association AIDES

Réunis en Assemblée générale le vendredi 10 Janvier, Plus de 100 salariés de AIDES ont voté à plus de 80% une action de débrayage jeudi 16 janvier de 16h à 18h

Par cette action, les salariés entendent dénoncer le plan social à AIDES et la manière dont il est mené par une direction générale qui les considère comme une variable d’ajustement.

Dans son communiqué du 17 décembre, la direction s’affichait pleine de bonnes intentions, annonçant qu’elle« proposera un certain nombre de mesures afin de soutenir le reclassement et l’accompagnement des salarié(e)s concerné(e)s dans les meilleures conditions possibles ». En fait, la direction a commencé par refuser la proposition des syndicats d’allonger d’un mois supplémentaire la durée des négociations qu’elle veut limiter à 2 mois... c’est à dire le minimum légal.

Quant aux « meilleures conditions » promises, elles se limitent aussi au minimum légal : aucune mesure de départ volontaire ; les indemnités de licenciement les plus faibles autorisées par la loi (1/5 de mois de salaire par année d’ancienneté) ; une enveloppe globale de formation limitée à 100 000 € pour 63 suppressions de postes (soit 1687€ en moyenne par personne)...

Fruit d’une mauvaise gestion identifiée et documentée, (voir les rapports de Secafi, Mazars et du Comité de la charte) la situation actuelle aurait pu être anticipée. En l’absence de directeur administratif et financier stable depuis plus de 3 ans, les représentants du personnel avaient déjà lancé des alertes. La direction générale a fait le choix d’y rester sourde, et aujourd’hui fait payer l’intégralité des pots cassés aux salariés.

Alors que la lutte contre le sida et les hépatites se paupérise, alors que les associations de santé sont confrontées à de graves difficultés, nous nous inquiétons de l’avenir des salariés licenciés, a fortiori en l’absence d’un soutien digne de ce nom pour leur permettre de rebondir. Nous nous inquiétons de l’avenir de notre combat militant, handicapé par une mauvaise gestion à la tête de AIDES, dont le directeur général n’exclut pas un 2ème plan social.

Le débrayage du Jeudi 16 Janvier vise donc à dénoncer :
– le mépris de la direction pour ses salariés dont elle veut se débarrasser au moindre coût
– la baisse de 6% de la rémunération annuelle de tous les salariés
– une gestion financière et humaine défaillante qui met en péril les salariés directement ciblés ou non par le plan social, les volontaires, et l’avenir de notre lutte toute entière.

C’est en ce sens que les salariés se sont adressés directement au Conseil d’administration de AIDES pour leur demander l’allongement d’un mois du temps prévu pour la négociation du plan social, un accompagnement digne et respectueux des salariés concernés par le plan social, et l’ouverture d’une réflexion et d’une concertation participatives entre les différents acteurs de AIDES, pour que AIDES reste utile à la lutte contre le sida et les hépatites en France et à l’internationale.

Jeudi 16 janvier de 16h à 18h :
faisons-nous entendre : arrêtons le travail !

ANNEXE
- Rapport Secafi - synthèse rapport analyse annuelle 2012
https://dl.dropboxusercontent.com/u/9463174/SECAFI_synthese.pdf
- Rapport Secafi - rapport analyse annuelle 2012
https://dl.dropboxusercontent.com/u/9463174/SECAFI_rapport.pdf
- Rapport du Comité de la Charte - 2012
https://dl.dropboxusercontent.com/u/9463174/Rapport_Charte.pdf
- Rapport Mazars : Demandez à la direction !

Cette action, décidée par les salarié-e-s en Assemblée générale, est soutenue par les représentants du personnel et l’intersyndicale SUD-FO-CFDT-CGT

Intersyndicale Association AIDES

le 12 février 2014
à 15:58

Saint-Valentin (14 février). Grève des salariés de AIDES : le divorce est consommé avec la direction !

Après avoir débrayé le jeudi 16 janvier, les salariés de AIDES, réunis en Assemblée Générale le 7 février, ont décidé d’une nouvelle journée de grève ce vendredi 14, jour de la Saint-Valentin.

Nous entendons protester contre le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) prévu par la direction qui au stade actuel des négociations vise à se débarrasser de ses salariés à moindre coût, sans leur garantir des conditions dignes de départ et de reclassement. Les négociations n’avancent pas.

La survie de notre association se trouve de plus gravement menacée par ce PSE, dans un contexte où la lutte contre le sida semble elle-même en voie de disparition dans le paysage associatif.

Les militants salariés de AIDES font les frais d’une triple-crise : crise de gouvernance, de démocratie interne et de financement de la lutte par les pouvoirs publics.

Crise de gouvernance

Nous sommes atterrés par la manière avec laquelle notre direction conduit le PSE, c’est-à-dire en cumulant erreurs grossières, manque d’anticipation et absence de vision stratégique. Un mois et demi après le début des négociations, le constat est accablant :
- légèreté dans le choix du cabinet de reclassement choisi unilatéralement, sans cahier des charges et ... en liquidation judiciaire
- construction du PSE de telle manière à cibler des salariés et non des postes
- refus de négocier les indemnités de licenciement : la direction s’en tient au strict minimum légal (1/5 de mois par année d’ancienneté)
- imprécision et manque de rigueur dans l’élaboration du plan de départ volontaire qui n’est pas à la hauteur des enjeux d’un tel dispositif
- absence de méthode qui s’exprime notamment par le refus d’extension du temps de négociation malgré les problèmes qui s’amoncèlent autour du PSE

La direction s’était pourtant engagée dès l’annonce du PSE à proposer "un certain nombre de mesures afin de soutenir le reclassement et l’accompagnement des salarié(e)s concerné(e)s dans les meilleures conditions possibles". Au vu du blocage des négociations, force est de constater que la démarche n’est en fait ni loyale ni de bonne foi.

Rappelons que le PSE est lui-même la conséquence d’une envolée des charges non prévue par la direction : investissement à fonds perdus dans les actions de dépistage rapide, réorganisations multiples, frais de déplacement très importants ...

Des graves erreurs de gestion pointées dans plusieurs rapports d’experts (Secafi, Cour de comptes, Comité de la charte et Mazars). A l’évidence, notre direction ne sait plus trop où elle va mais continue de s’accrocher aux manettes, tout en faisant entendre qu’un deuxième PSE pourrait suivre le premier.

Crise de démocratie interne

L’association a gagné des centaines de salariés (en moins de dix ans) sans pour autant faire évoluer d’un pouce son mode de gouvernance. Alors qu’elle compte aujourd’hui 1 salarié pour 2 volontaires (bénévoles), les premiers ne sont toujours pas représentés au conseil d’administration (CA), composé de volontaires. Dans ces conditions, la direction assoie son autoritarisme sur « l’onction » donnée par le CA qui se garde bien de prendre ses responsabilités dans l’actuelle crise sociale. Pour preuve, ce dernier refuse toutes les demandes des salariés comme l’allongement de la durée des négociations, et surtout l’audition du cabinet Secafi qui a pointé les manquements de la direction dans un rapport. En gros, l’autoritarisme des uns succède à l’irresponsabilité des autres. Pour un résultat sans appel : les négociations sur le PSE entre les représentants du personnel et la direction n’avancent pas.

Crise de financement de la lutte

Certes AIDES ne rencontre pas une crise similaire à Act-up, également en grande difficulté financière. Contrairement à notre partenaire, les ressources de AIDES sont en augmentation : de 36,8 M en 2009 à 40,6M € en 2012. Il n’en reste pas moins que l’Etat, bien content de nous déléguer ses missions de service public, comme le dépistage ou la prévention, se révèle silencieux dans cette crise. Que fera-t-il demain si notre association est contrainte d’abandonner ses actions auprès des populations vulnérables, publics que l’Etat se révèle incapable d’atteindre ? C’est pourtant l’avenir tout droit tracé par ce PSE. Enfin, qu’en est-il de ses responsabilités en tant que principal financeur de AIDES ? C’est l’avenir de la lutte contre le sida qui est aujourd’hui en suspens.

Aussi, en faisant grève ce 14 février dans toute la France, les salariés de AIDES demandent la mise en place d’un PSE prévoyant des conditions dignes de départ et de reclassement.

Les organisations syndicales demandent à être reçues par Marisol Touraine, Mme la Ministre de la Santé qui, en tant que principal financeur, doit assumer ses responsabilités dans la crise sociale et financière qui menace l’avenir de AIDES et l’ensemble de la lutte contre le sida.

Communiqué et action de grève soutenus par l’intersyndicale CGT, CFDT, FO, Sud.

Snepat-FO

le 17 février 2014
à 16:48

Plan de sauvegarde de l’emploi : Suppression de 65 postes sur 460

Ce midi, le Snepat-FO qui participe aux négociations sur le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) de l’association de lutte contre le sida AIDES, a décidé de se retirer des négociations. La mascarade a assez duré. Les salariés de AIDES sont actuellement en grève dans toute la France à l’appel de l’intersyndicale.

A la veille de Noël, la direction de l’association AIDES avait annoncé un plan de sauvegarde de l’emploi, visant à supprimer 65 postes sur 460. Depuis, les délégations syndicales CFDT, CGT, FO et SUD de AIDES se sont fortement impliquées dans les négociations du PSE. A ce jour, le constat est accablant. Les négociations n’avancent pas, à la fois sur le fond et la forme, comme si nous n’avions jamais négocié. Mais en ce début de semaine, nous gardions encore espoir.

Mardi 11 février, coup de Trafalgar. La direction annonce alors aux syndicats qu’elle ne négociera pas les indemnités de départ, restant ainsi campée sur une position minimale, à savoir celle des indemnités légales (1/5e de mois de salaire par année d’ancienneté). Ce minimum ne se voit que dans le cas d’entreprises en liquidation judiciaire, ce qui n’est pas le cas de notre association. Cette crispation n’est pas acceptable car elle se situe sur l’un des éléments les plus importants du PSE. Elle constitue un casus-belli. Les négociations ne se déroulent pas de manière loyale. Ce matin, la direction n’était toujours pas en état de faire une nouvelle proposition convenable et ferme comme base de négociations. La direction joue la montre.

En conséquence, Force Ouvrière a décidé de se retirer des négociations.

Les militants salariés de AIDES font les frais d’une triple-crise : crise de gouvernance, de démocratie interne et de financement de la lutte par les pouvoirs publics. Rappelons les points d’achoppement principaux évoqués dans notre communiqué de presse du 12 février (http://goo.gl/mnaw6g) qui ont amené les salariés à se mettre en grève aujourd’hui :
- légèreté dans le choix du cabinet de reclassement choisi unilatéralement, sans cahier des charges et ... en liquidation judiciaire
- construction du PSE de telle manière à cibler salariés et non des postes
- refus de négocier les indemnités de licenciement : la direction s’en tient au strict minimum légal (1/5 de mois par année d’ancienneté)
- imprécision et manque de rigueur dans l’élaboration du plan de départ volontaire qui n’est pas à la hauteur des enjeux d’un tel dispositif
- absence de méthode qui s’exprime notamment par le refus d’extension du temps de négociation malgré les problèmes qui s’amoncèlent autour du PSE

Intersyndicale Association AIDES

le 18 février 2014
à 11:17

PSE à AIDES : tous les syndicats quittent la table des négociations

A la veille de Noël, la direction de l’association de lutte contre le sida AIDES annonçait un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), visant à supprimer 65 postes sur 460. Depuis, les délégations syndicales CFDT, CGT, FO et SUD de AIDES se sont fortement impliquées dans les négociations du PSE. A ce jour, le constat est accablant. Les négociations n’avancent ni sur la forme, ni sur le fond, comme si nous n’avions jamais négocié. Mais nous voulions garder espoir.

La semaine dernière, mardi 11 février, coup de Trafalgar ! Plus d’un mois après l’ouverture des négociations, la direction annonce aux syndicats qu’elle reste campée sur sa position de départ concernant les indemnités de licenciement, à savoir le strict minimum que lui impose la loi (1/5 de mois de salaire par année d’ancienneté), et pas un euro de plus.

Soucieux de sortir de cette impasse, jeudi 13 février, les représentants syndicaux ont proposé à la direction de formuler une nouvelle proposition et de la leur communiquer.
Ce midi, la direction nous a transmis par courriel l’hypothèse adoptée par le conseil d’administration des 8 et 9 février pour le budget prévisionnel 2014. Il est précisé que le chiffrage du PSE repose « sur le versement d’indemnités de licenciement conformes aux dispositions légales » ! Les dirigeants de AIDES ont donc confirmé une position dure et intransigeante que l’on constate depuis les débuts des négociations. Ce montant d’indemnités pourrait être finalement accompagné, comme vient de nous l’indiquer la direction cet après-midi, de la modeste somme de 3000 euros par salariés, soit 1,5 à 2 mois de salaire ! "On peut imaginer une petite modification en fonction de l’ancienneté" a ajouté la direction, c’est-à-dire "moins pour les nouveaux, un peu plus pour les anciens". Nous sommes loin de ce qui se fait dans d’autres associations où la base de départ était de 1 mois de salaire par année d’ancienneté.

Cerises sur le gâteau, la direction conditionne ce modeste pécule d’indemnités de licenciement à un recul sur ce qui avait été concédé dans les réunions précédentes : le montant alloué aux formations de reclassement est divisé par deux, soit un retour aux minimas du livre I du PSE et une indemnité supplémentaire pour les candidats au départ volontaire qui n’est clairement pas incitative (2000 euros au lieu de 5000 précédemment). Ce qui est accordé d’un côté est donc retiré de l’autre. De qui se moque-t-on ?

A quoi bon, dans ces conditions, continuer de négocier ? Le conseil d’administration de AIDES a voté une position minimaliste qui bloque de fait toute négociation. Il a fait le choix d’offrir aux salariés des conditions de départ indignes et en complète contradiction avec les valeurs de l’association. Les négociations ne se déroulent pas de manière loyale. La mascarade a assez duré.

En conséquence, tous les syndicats se retirent de la table des négociations.

Intersyndicale Association AIDES

le 4 mars 2014
à 15:23

Pendant que coule le vaisseau-amiral de la lutte contre le Sida, Marisol Touraine goûte avec le CAC 40

Il y a deux semaines, l’intersyndicale de l’association AIDES a envoyé un courrier à Marisol Touraine lui demandant un rendez-vous au plus vite. Cette demande fait suite aux courriers envoyés fin décembre par les syndicats FO et Sud. A quelques semaines de la fin des négociations liées au Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE), nous sommes surpris de nous voir opposés pour seule réponse… un silence pesant.

Marisol Touraine serait-elle indifférente à l’avenir de la première association française de lutte contre le sida ? C’est ce que laisse suggérer son agenda de cette semaine : la ministre semble préfèrer cause plus utile et appétissante, comme un goûter avec les représentants des sociétés du CAC 40 (mardi 4 mars à 17h) !

Le PSE décidé par la direction de AIDES vise 65 postes sur 460. Un grand nombre de salariés visés, âgés, militants de longue date et séropositifs, ne peuvent être reclassés ! En tant que principal financeur de l’association, le Ministère de Santé est leur employeur indirect… et est responsable de leur sort ! Après avoir fui ses responsabilités dans les années 80, l’Etat français abandonne-t-il aujourd’hui sur le champ de bataille les premiers combattants de la lutte contre le sida ?

Il est illusoire de penser que la suppression de la moitié des fonctions supports qui ont servi à mettre en œuvre les actions de dépistage rapide, n’aura pas un retentissement sur la lutte contre le sida toute entière. En effet, l’Etat délègue à AIDES la majeure partie de ses missions de prévention et de dépistage ciblé. Mais avec les fonctions support réduites au minimum, comment faire connaître ces actions et les évaluer ? Comment innover avec de nouveaux outils (mise à disposition du traitement préventif, auto-tests…) ? Même les fonctions vitales sont touchées (personnel administratif) ! Comment assurer correctement l’accueil des personnes séropositives ? Ne nous trompons pas. En se délestant de la majorité des cadres de la lutte contre le sida, c’est bien celle-ci qu’on décide d’enterrer !

La bonne gestion de l’association est remise en cause par de nombreux rapports (Secafi, Mazars, Cour des comptes). Le manque de discernement dont fait preuve la direction de AIDES dans la gestion des deniers publics doit nécessairement interpeller le bailleur.

Au regard de tous ses éléments, comprenez Mme la Ministre que nous persistons à juger notre requête plus que légitime. Et c’est avec plaisir que nous vous offrirons nous aussi le goûter.

Retrouvez l’ensemble des communiqués de l’intersyndicale à l’adresse : http://aideslaverite.free.fr/

Contacts
Pour CFDT Santé Sociaux : Thierry Trilles 06 64 69 69 97
Pour CGT : Mael Guillamet - 06 63 57 77 63
Pour FO-Snepat : Romuald Chaussivert - 06 85 66 99 48
Pour Sud Santé Sociaux : Renaud Delacroix - 06 10 70 27 21

Intersyndicale Association AIDES

le 8 avril 2014
à 14:13

Plan de sauvegarde de l’emploi : Suppression de 65 postes sur 460

Communiqué de l’intersyndicale CFDT CGT FO SUD de AIDES

AIDES : Signature d’un accord partiel syndicats-direction sur les mesures sociales d’accompagnement du PSE

Le 12 décembre 2013, la direction générale de l’association AIDES annonçait un « plan de sauvegarde de l’emploi » (PSE), prévoyant 65 suppressions et 22 créations de postes parmi les 130 salarié-e-s des fonctions supports.

Fruit d’une mauvaise gestion humaine et financière identifiée et documentée depuis plusieurs années (Rapports de la Cour des Comptes, de SECAFI, du Comité de la Charte, de Mazars, avis du CCE), la situation actuelle aurait pu être anticipée et évitée : de 2009 à 2012 les ressources de l’association ont augmenté de 10,5%, passant de 36,8M€ à 40,6M€.

Ce plan de licenciements a d’autant plus choqué que le 22 juin 2013 le DG annonçait fièrement au congrès de AIDES « une période d’accalmie structurelle », une « consolidation de la structure » et « de simples ajustements pour peaufiner notre merveilleuse association » !

La colère s’amplifia le 9 janvier 2014, quand la direction annonça aux représentants syndicaux que les indemnités de licenciement seraient limitées au strict minimum qu’impose la loi (1/5 de mois de salaire par année d’ancienneté, +2/15 au-delà de 10 ans)… alors que le communiqué de la direction nous promettait les « meilleures conditions possibles » ! Les négociations s’annonçaient difficiles.

Il aura fallu la mobilisation active, unitaire et participative des salarié-e-s (syndiqué-e-s et non syndiqué-e-s) et de leurs organisations syndicales, deux mois de négociations, plusieurs assemblées générales, des tracts et des communiqués, des salariés impliqués et porteurs de propositions pour l’avenir de AIDES, des argumentaires construits par les salarié-e-s eux-mêmes, des rapports d’expertises fouillées, un débrayage et une journée de grève, un rassemblement sur le Pont des Arts, une intersyndicale unie et offensive, le retrait des syndicats de la table des négociations, une pétition de volontaires solidaires, et plusieurs articles dans la presse pour que la direction accepte enfin de négocier des mesures sociales d’accompagnement pour les salarié-e-s touché-e-s par les licenciements.

Ce que nous avons signé

Mardi 25 mars, nos 4 délégations syndicales ont signé avec la direction un accord partiel sur le PSE qui inclue les mesures sociales d’accompagnement que nous avons obtenues à l’issue de ces deux mois de mobilisations et de négociations :

- Indemnités supralégales de licenciements (en plus du minimum légal) : 0,4 mois de salaire par année d’ancienneté avec un plancher de 1000€/année d’ancienneté pour les salaires inférieurs à 2500€ bruts ; et un plancher minimal de 3000€ pour les salariés ayant moins de 3 ans d’ancienneté.

- Mise en place d’un plan de départ volontaire (ce qui augmente les possibilités de reclassements internes) avec une prime incitative de 4500€ à 6000€, en plus des indemnités de licenciements et des autres mesures d’accompagnement (au départ la direction ne voulait pas de PDV).

- Prime de départ volontaire à la retraite égale à 6 mois de salaires pour les salariés pouvant partir en retraite à taux plein (au départ, la direction prévoyait une prime d’un mois).

- Aide à la formation de 4000€ à 6000€ pour financer une formation (le double du montant initial prévu par la direction), + 500€ pour les RQTH et les plus de 50 ans.

- Aides à la mobilité pour un reclassement interne ou externe : 5 jours de congés supplémentaires, frais de déménagement payés, prime de 500€, double loyer pris en charge jusqu’à 1000€ par mois pendant 3 mois, ou 12 mois si enfant scolarisé.

- Dans le cadre du reclassement interne : en cas de déclassement d’une catégorie, salaire moyen de la catégorie +1% par année d’ancienneté ; +1,5% si déclassement de deux catégories.

Pour résumer, nous avons signé cet accord partiel afin d’assurer la pérennité des mesures sociales d’accompagnement que nous avons obtenues à l’issue de ces deux mois de négociation et de mobilisation unitaire. Nous avons considéré que ces mesures représentent un compromis, certes, mais un compromis signable. Ce sont ces mesures que nous signons afin de permettre aux salariés touchés par le PSE de partir dignement. Ni plus, ni moins.

Notre signature ne signifie pas que nous accordons notre confiance à la direction, ni que nous considérons qu’elle aurait « bien géré » ce PSE. Nous savons combien il aura fallu se battre pour obtenir ces mesures. C’est pourquoi nous restons mobilisés et vigilants pour que les engagements signés par la direction soient respectés.

Forts de cette expérience, parce que nous sommes attachés à notre association et à l’avenir de lutte contre le sida, nous allons continuer de nous battre au sein de AIDES pour en finir avec une gestion individualisée des salariés « à la discrétion des directeurs » ; et au-delà de AIDES contre l’austérité et l’indifférence gouvernementales qui détruisent le mouvement associatif de lutte contre le vih-sida.

Ce que nous n’avons pas signé

Nous n’avons pas signé les raisons économiques du projet de licenciement

Depuis le début du PSE, nous sommes en radical désaccord avec les raisons invoquées par la direction dans sa communication publique pour expliquer les difficultés économiques actuelles de l’association.

Les délégations syndicales n’ont donc pas signé les raisons économiques du PSE.

Nous n’avons pas signé le nombre de suppressions de postes

Le projet de la direction prévoit 65 suppressions de postes. Comme l’écrit le rapport SECAFI mandaté par le CHSCT : « L’évaluation de la charge de travail des postes supprimés est si négligée qu’on peut poser la question de la cause réelle des suppressions de postes (...). Les risques recensés sur la dégradation des conditions de travail et l’efficacité réelle de l’organisation projetée sont trop importants et tangibles pour une mise en œuvre en l’état. » Nous nous sommes battus pour obtenir une réduction du nombre de suppressions de postes. Nous n’y sommes pas parvenus.

Les délégations syndicales n’ont donc pas signé le nombre de suppressions de postes.

Nous n’avons pas signé le découpage des catégories professionnelles fait par la direction.

Début janvier, la direction a publié une première liste de 23 catégories professionnelles regroupant 97 salariés parmi lesquels 65 postes sont supprimés. Nous avons dénoncé ces catégories si restreintes et ciblées qu’elles visaient plus des personnes que des postes. Le rapport SECAFI en a souligné les nombreuses incohérences. Pendant deux mois, la direction a défendu fermement le bien fondé de ses catégories... pour finalement présenter un nouveau découpage en 17 catégories regroupant 115 salariés (et toujours 65 suppressions de postes) la dernière semaine des négociations, donc trop tard pour pouvoir les retravailler.

Les délégations syndicales n’ont donc pas signé le découpage des catégories professionnelles.

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Contacts
Pour CFDT Santé Sociaux : Thierry Trilles 06 64 69 69 97
Pour CGT : Mael Guillamet - 06 63 57 77 63
Pour FO-Snepat : Romuald Chaussivert - 06 85 66 99 48
Pour Sud Santé Sociaux : Renaud Delacroix - 06 10 70 27 21

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